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Cas clinique Violette | Tabagisme à risque : pourquoi des médicaments ?

Le 29 septembre 2017

Violette a 75 ans ; elle consulte une « tabacologue psychologue clinicienne » pour une toux chronique qui progresse, de plus en plus gênante, en particulier en public. Elle vient avec son mari, André, 55 ans. L'un et l'autre ont un tabagisme remontant à l’adolescence, de 12 à 15 cigarettes par jour ; Madame fume « par habitude, pour combler les temps morts » et jamais en public. Plusieurs tentatives d'arrêt, avec gommes ou patchs, jugés inefficaces n’ont pas eu de suite. Elle veut un autre avis. Après ce premier entretien, Violette part avec une unique mission : noter quotidiennement les circonstances qui l’amènent à fumer. Quinze jours plus tard, elle revient seule, souriante, détendue, visiblement contente de parler, malgré sa voix de fumeuse. Elle raconte une enfance difficile, la mère absente, les frères et sœurs perdus de vue. Mariée à 18 ans avec un homme brutal dont elle se sépare vite, qui lui aura donné deux enfants, un garçon et une fille, qu’elle élèvera seule. Ce sont maintenant de jeunes adultes, eux-mêmes parents de quatre enfants, qui la chérissent, viennent très souvent la voir, l’informer de tout, lui demander conseil, le temps d’un repas. Son travail a été son exutoire qui lui a permis de se réaliser. D’abord simple secrétaire dans une grosse entreprise, vite remarquée par son application et son dynamisme, elle est devenue Secrétaire de Direction. Le montant de sa retraite est, dit-elle « confortable ». Depuis sa retraite, Violette a développé des activités relationnelles multiples : groupe de lecture, secrétaire d’une association de personnes âgées, visite de personnes solitaires et de malades...etc. Cette existence, si riche et tournée vers les autres, contraste avec sa relation vide et creuse envers son mari avec qui elle ne partage pas grand-chose. Cet ancien courtier d’une compagnie d’assurances a été séduit par cette femme si dynamique, qui respire la joie de vivre, et qui lui assure la sécurité financière, pendant qu’il se consacre aux tournois de pétanque ; il y fume beaucoup « pour gérer son stress ». Il n’envisage pas d’arrêter le tabac. Mais où en est Violette ? Pourquoi veut-elle arrêter ? Pour «diminuer ma toux chronique, et ne pas exposer les autres à mon tabagisme, surtout s'il y a des enfants» .Sa consommation a diminué : trois à cinq cigarettes par jour ; le Test de Fagerström est de 3/10 ; le CO expiré est à 6 : la dernière cigarette remonte à [&hellip


Le tabagisme est un fléau qui tue un fumeur sur deux

Le 29 septembre 2017

Depuis plus de 100 ans on connaît ses ravages sur la santé des fumeurs, comme pour celle des non-fumeurs. On n’ignore plus rien de la responsabilité de ceux qui produisent le tabac et qui sont capables de tout pour le vendre. Or il se passe actuellement un événement bien étrange… Cela peut-il changer la donne ? Tout commence par la volonté d’un homme, Derek Yach, de nationalité sud-africaine, formé à l’université du Cap, puis aux États-Unis ; il est l’auteur de très nombreux travaux sur différents problèmes de santé publique. Déjà engagé dans un programme global de prévention et de maintenance de la santé (Vitality Group), Il avait travaillé longtemps avec l’OMS à la rédaction de sa "Convention cadre pour la lutte antitabac". Ne se sentant plus en phase avec sa direction, trop lente, trop manipulable, fermée à toute discussion et aux idées nouvelles, il avait décidé de la quitter pour un autre projet : la "Fondation globale pour un monde sans fumée." Cette fondation ne cache pas son but : éliminer le tabac. Quatre secteurs d’activité sont actuellement privilégiés : soutenir la recherche, confiée à des centres d’excellence, en particulier universitaires ; déterminer par consensus les méthodes les plus efficaces pour arrêter de fumer (l’e-cigarette est citée) ; promouvoir tous les progrès réalisés dans la lutte contre le tabagisme ; se soucier de l’avenir des cultivateurs de tabac puisque la demande va baisser, et leur proposer des cultures alternatives. La Fondation a déjà attiré nombre d’individus ou de structures qui ont contribué à enrichir le projet ; celui-ci a été lancé officiellement le 13 septembre dernier à New York. Fondation globale pour un monde sans fumée "Le donateur est inattendu : Philip Morris International! On frémit à cette annonce…. Le loup dans la bergerie ? " La Fondation a un coût : qui paye ? La Fondation a obtenu un financement annuel initial de 80 millions de dollars US pour les 12 années à venir. Le donateur principal est inattendu, entre autres ressources : Philip Morris International (PMI) ! On frémit à cette annonce…. Le loup dans la bergerie ? Qu’on se rassure...De par son statut non lucratif, la Fondation est et restera définitivement indépendante ; sa gouvernance ne peut être influencée par quiconque, pour toutes décisions de stratégie, d’activités, ou de financement. Peut-on faire confiance à Derek Yach ? Apparemment, il connaît bien son métier ; il attire dans sa Fondation des [&hellip


L’avenir de la consommation de tabac vu par les cigarettiers

Le 28 juin 2017

Toutes les compagnies ont débuté cette réflexion depuis longtemps. Dans nombre de pays développés, la" dénormalisation " du tabac s’exprime largement ; en Europe par exemple, la dernière enquête sur le tabagisme de 2014 l’a clairement montré : On consomme moins. Certes il existe une grande disparité entre les différents pays européens, qui s’explique pour des raisons diverses ; ainsi les taux très faibles relevés en Irlande et au Royaume-Uni sont très clairement reliés à l’utilisation de la e-cigarette. La France, avec son taux de fumeurs réguliers à 28 % apparaît clairement comme le mauvais élève. Sur le continent nord-américain, au Brésil, en Australie, le pourcentage des fumeurs est remarquablement bas, autour de 5 à 10 %. La direction de Philip Morris International (PMI) estime que dans les années 2025, aucune compagnie ne pourra vivre uniquement de la vente de son tabac. Quelles sont alors les possibilités de développement ? « il s’agit d’un produit de niche concernant certains fumeurs insatisfaits de la cigarette électronique et conservant la nostalgie du goût du tabac » Investir dans la technique, dans les aides à l’arrêt. C’est ce qu’a tenté avec succès PMI en lançant son IQOS, tabac chauffé mais non brûlé. Sa promotion au Japon a été un énorme succès ; l’IQOS est disponible actuellement dans nombre de pays européens. Il s’agit d’un produit de "niche " concernant certains fumeurs insatisfaits de la cigarette électronique et conservant la nostalgie du goût du tabac ; ce système permettrait donc de conserver l’arôme sans la toxicité du tabac brûlé. Est-ce un produit sain ? D’après PMI sa toxicité est négligeable. La contestation vient d’une équipe scientifique de Lausanne montrant qu’il n’en est rien. La polémique bat son plein, retardant probablement la disponibilité de l’IQOS en France. Bien sûr, la concurrence est en cours : British American Tobacco a son modèle, Glo, qu’elle compte développer dans la même zone géographique, le Japon et l’Extrême-Orient. En Europe « de nombreux attachés parlementaires au chômage ; il est à prévoir que PMI va se rapprocher d’eux pour leur proposer un poste» PMI poursuit son lobbying intense auprès des députés européens ; l’échec des députés français aux dernières élections a mis au chômage de nombreux attachés parlementaires ; il est à prévoir que PMI va se rapprocher d’eux pour leur proposer un poste, en toute discrétion, comme cela a déjà été fait avec succès il y a quelques années au moment où [&hellip


“Le tabagisme, dans quelques années, va disparaitre“. Poisson d’Avril ?

Le 1 avril 2017

C’est pourtant la crainte des cigarettiers. Leur déplorable image de marque n’est plus à découvrir, ni leurs millions de de victimes. Les prévisions dans les années à venir sont effrayantes. “Le nombre de décès liés au tabac devrait passer d'ici 2030 à six à huit millions annuels “. Soucieux de leur survie, les bureaux d’études des cigarettiers développent depuis des années de nouveaux produits de  “diminution des risques“ .Leur chef de file, Philip Morris International(PMI) a lancé son système révolutionnaire de tabac chauffé nommé iQOS. Après des essais pilotes dans deux villes au Japon et en Italie en 2014, l’ iQOS est maintenant commercialisé en Suisse. Conçu et développé à Neuchâtel, il fait appel à une technologie innovante qui chauffe le tabac mais ne le brûle pas. Son procédé révolutionnaire permet aux fumeurs adultes d'apprécier le goût authentique du tabac, sans feu ni cendres. La nocivité de la fumée du tabac réduite de 90% Le système élimine les substances générées par la combustion. Ce nouveau produit est destiné “aux fumeurs qui cherchent une alternative à la cigarette traditionnelle sans se priver des saveurs et des arômes du tabac“. Cela le plus souvent après échec de l’e-cigarette. L’ex-fumeur et le non-fumeur ne sont pas concernés. Les avantages sont nombreux : simplicité extrême en l’absence de liquide ; prête à l’emploi ; pas de toux lors de l’inhalation. Le niveau d’efficacité sur la consommation de cigarettes est très élevé, variable d’un pays à l’autre, de 69 à 80%. En bref : un produit de  “niche“. La diffusion est déjà importante : outre le Japon, on la trouve en Italie, en Russie, en Espagne et au Portugal, en Allemagne, aux Pays Bas, au Canada... L’objectif est une commercialisation dans 35 pays d’ici la fin de l’année 2017, dont la France. Le succès financier est important, obligeant à multiplier les pays fournisseurs, dépassés par les demandes. Les bénéfices suivent et dépassent les prévisions. "Les produits à risques réduits" Cette réussite insolente a éveillé la concurrence, en particulier celle de British American Tobacco (BAT) qui a décidé d’affronter PMI sur son terrain avec son produit, Glo, qui fonctionne sur le même principe. Comment conclure ? Que penser de cet allié inattendu, qui permet peut-être au fumeur d’éviter le pire ? Peut-on oublier son lobbying à Bruxelles auprès des députés européens, fichés pour repérer ceux qu’on pouvait acheter, le recrutement des attachés parlementaires en fin de mandat, reconvertis par PMI , l’extension impudique [&hellip


Avis de tempête…

Le 8 février 2017

Dans un monde en pleine ébullition, habitué aux catastrophes, une de plus ? Ou une lueur d’espoir? Quel avenir pour le tabac dans dix ou vingt ans ? Et si le vent tournait


Faire ses valises? en s’adressant au passage quelques fleurs ?

Le 28 novembre 2016

Le discours du 4 février 2014 du président F Hollande, présentant le 3ème Plan Cancer, avait tout dit, et dans les moindres détails, dénonçant clairement la responsabilité du tabagisme dans les 150. 000 décès observés chaque année. " J’ai donc demandé à Marisol TOURAINE de présenter, avant l’été, un programme national de réduction du tabagisme". Voilà qui était clair. Que retiendra-t-on du programme ambitieux de Marisol TOURAINE? -Le paquet neutre, bannière brandie par notre ministre, entrainant derrière elle quelques pays européens. Il a remplacé le paquet traditionnel après épuisement des stocks. Sujet majeur de discorde avec les buralistes, il leur a en retour apporté récemment bien des compensations, de tous ordres, leur évitant ainsi la hausse franche du prix du paquet, pourtant initialement prévue. -Le Moi(s) sans tabac "le suivi de l’arrêt, sa réalité, et surtout sa durée, seront d’analyse délicate" Ce plan a fait ses preuves au Royaume-Uni: durant le "Stoptober", le nombre de fumeurs tentant de s'arrêter aurait augmenté de 50% par rapport à un mois habituel. Tous les fumeurs sont invités à participer à ce programme, confié à des "Ambassadeurs" choisis par les Agences Régionales de Santé. Cette action, très médiatisée, sera d’évaluation difficile, reposant sur la déclaration volontaire des fumeurs auprès de Tabac Info Service chargé de les comptabiliser; malgré les moyens mis en œuvre, le suivi de l’arrêt, sa réalité, et surtout sa durée, seront d’analyse délicate. La révolution des dix dernières années : l’e-cigarette -"La vape : données actuelles et avenir"  9 mai 2016 au Conservatoire National des Arts et Métiers Organisé à l’initiative de Jacques LE HOUEZEC, des Pr. JAYLE et DAUTZENBERG, il a réuni toutes les parties prenantes, scientifiques, politiques, associations, autorités de santé, fabricants et distributeurs, et usagers. Ce fut une parfaite réussite. D’après le compte rendu publié par Jacques LE HOUEZEC  un consensus s’est fait sur les points suivants : La moindre toxicité des émissions de la vape par rapport à celle de la fumée de tabac. Son efficacité pour arrêter ou réduire sa consommation, sous réserve d’un matériel adapté, d’arômes plaisants, d’une dose de nicotine adéquate. Des normes de qualité rassurantes. Quant à l’adolescent, l’e-cigarette est plus un concurrent du tabac qu’un produit d’initiation. Comme il l’avait promis, le Pr. Benoit Vallet, Directeur Général de la Santé, a repris contact avec les participants d’un groupe de travail émanant des associations de vapoteurs. La porte reste donc ouverte... -La Conférence des Parties (COP) 7-12 novembre à New [&hellip


La démocratie participative à la mode ?

Le 28 septembre 2016

En période pré-électorale, certes, chacun veut se faire connaitre et s’exprime à sa façon. Dans cette cacophonie, n’oubliez-pas les Associations qui se soucient de votre santé : elles luttent pour vous ! LA RÉDUCTION DES RISQUES : AUDITION PUBLIQUE Depuis plus d’une décennie dans le monde l’attitude concernant les drogues et les addictions est en pleine évolution. En France, on en reste encore à une politique répressive pour toutes les drogues illégales, et à un traitement traditionnel pour les drogues licites (tabac, alcool) avec un seul but : obtenir l’arrêt. Ce " lutter contre " a ses limites. Une autre approche, beaucoup plus pertinente et fructueuse, est possible. La réduction des risques et des dommages (RdRD). La Fédération Française d’Addictologie, qui regroupe la totalité des associations professionnelles et des sociétés savantes de l’addictologie, après une longue préparation, a organisé une Audition Publique sur la RdRD liée aux conduites addictives les 7 et 8 avril derniers. Cette Audition Publique, fort peu médiatisée en dehors des milieux professionnels, a bien montré combien une politique axée sur le respect de la personne, sa diversité, ses besoins réels, était plus réaliste et efficace que celle du tout ou rien, avec ses limites, sa stigmatisation devant des échecs répétés, sa culpabilité sous-jacente. L’Aiduce, qui présentait dans le cadre de la RdRD son rapport sur le rôle de la cigarette électronique et des associations de vapoteurs, a souligné combien la cigarette électronique représentait un outil complémentaire de la réduction des risques. La réduction des risques : déjà une entrave. On se rappelle l’espoir laissé par les conclusions du Premier Sommet de la Vape du 9 mai dernier : la e-cigarette, produit de consommation courante, est beaucoup moins toxique que le tabac ; elle bénéficie de normes permettant d’améliorer son efficacité et sa sécurité ; les sociétés savantes ne doivent pas décourager le fumeur de l’utiliser ; des réunions de travail ont été prévues avec le Pr Benoit Vallet, directeur général de la Santé, représentant Marisol Touraine. "Interdit-on aussi au buraliste qui vend les e-cigarettes des cigarettiers de conseiller le client sur le produit qu’il achète ? " Or le 20 mai on apprenait que toute information ou communication, directe ou indirecte, sur les produits du vapotage pouvait être attaquée sur la demande de tout mécontent, public ou privé... Imaginons le fumeur, conscient du danger de son tabagisme, face au vide, en haut d’une falaise : on lui propose une voilure pour freiner sa chute ; [&hellip


Amoureux de culture, d’art, d’histoire : « Visitez la France »

Le 19 juillet 2016

Amoureux de culture, d’art, d’histoire : "Visitez la France" ? Entre les foules bariolées et hurlantes, attirées vers les stades, celles des indignés qui défilent lentement, avec banderoles, pancartes et porte-voix, encadrées de gendarmes casqués, la circulation bloquée, les poubelles, comme  les trains, en attente : un vrai pays  pour touristes ? Et pourtant, certains voudraient pouvoir y vivre, et partager notre quotidien.  La solution ne se trouve pas dans un referendum. Si aucun désir de  "vivre ensemble "ne nous anime, faut-il s’y résigner, ou tenter de comprendre pourquoi certains sont si en colère ? Brexit et Directive européenne : carton jaune On sait combien les vapoteurs britanniques ont tenté d’influencer le vote de leurs concitoyens pour échapper à la nouvelle réglementation européenne. S’il est difficile d’évaluer le poids de leur participation, par contre, le nombre et la qualité de leurs experts, les positions prises par leur Service de Santé Publique (Public Health England), les résultats obtenus grâce à la vape, leur donnent une avance confortable vis-à-vis des autres pays européens ; leurs avis seront toujours sollicités et leurs actions, imitées. La création rapide de l’association ECIV / European Coalition for Independent Vape donne une idée de leur réactivité. Réunions de Commission européenne : carton rouge Le 29 janvier 2016, la Médiatrice de l'Union Européenne (UE), Emily O'Reilly s’étonne du nombre de réunions de la Commission européenne tenues avec des avocats représentant l'industrie du tabac et "qui n'ont pas été rendues publiques ". Il apparait alors que les États membres de l'UE et la Commission ont conclu des accords avec les cigarettiers, d’abord avec Philip Morris International (PMI), puis avec Japan Tobacco, British American Tobacco (BAT) et Imperial Tobacco. Abandon des procédures Pour qu’on abandonne les procédures judiciaires qui les visent et pour récupérer les droits de douane perdus à cause de leurs trafics, ces firmes devront verser à l'UE 2,15 milliards de $, et s’engager à empêcher que leurs produits ne tombent aux mains de trafiquants. Elles limiteront leur production à celle qui peut être absorbée par le marché légal ; elles devront mettre en place un système de traçabilité pour aider les autorités à contrôler le trafic. Les Cigarettiers partenaires de l’UE ? Ces accords, en violation totale des règles de l'OMS, ont été habilement utilisés par les cigarettiers pour se présenter comme des véritables  partenaires de l'UE. Le contrat signé avec PMI pour une durée de 12 ans est arrivé à échéance ce 9 juillet 2016. [&hellip


Dans la lutte contre le tabagisme, la France ne manque pas d’atouts.

Le 23 avril 2016

Son passé plaide pour elle. Elle fut considérée comme un pays leader en Europe. Aurait-elle perdu son rang ? La France est un des tous premiers pays avec le Royaume Uni à avoir adhéré dès 2003 à la Convention Cadre de Contrôle du Tabac (CCLAT), premier traité international de santé publique, et à se déclarer en 2005 pays opérationnel et actif. Elle fut une des premières à légiférer contre le tabac : Loi Veil en 1976, loi Évin en1991, mesures de 2005, décret d’application en 2006... La France a indiscutablement pris du retard en partie par ses incohérences : intérêts financiers dans la vente du tabac ("Société d'exploitation industrielle des tabacs et allumettes" SEITA, monopole d’Etat). Elle a attendu jusqu’en 2000 pour se séparer de son capital et en partie par l’emprise précoce et assidue des lobbies du tabac, présents dans les plus hautes sphères de l’Etat. Le plus redoutable étant Philip Morris International (PMI). Ainsi le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, déclarait-il en 2010 devant les représentants de PMI "La France a également conclu des accords bilatéraux avec les principaux cigarettiers, afin de lutter de concert contre la contrebande et contre la contrefaçon". Rajoutons le rôle de Bercy dont les règles très particulières qui président à la fixation des prix ménagent les avantages de tous, cigarettiers, buralistes, et les siens propres, puisqu’il n’a aucun intérêt à voir la consommation de tabac diminuer... Tous ces faits sont connus de longue date,  et déjà largement dénoncés. Actuellement notre pays crée des initiatives originales, dont beaucoup sont orientées vers la défense et la protection de la cigarette électronique.  De plus en plus nombreux sont ceux qui pensent que grâce à elle le tabac pourrait disparaitre un jour. Notre pays affiche le plus grand nombre de vapoteurs d’Europe ; il s’honore d’associations puissantes, dynamiques, appuyées par des professionnels du tabagisme. Il  est à la source des normes AFNOR certifiant la qualité du matériel des e-cigarettes et des e-liquides, normes destinées à devenir européennes. Il  soutient l‘initiative de Jacques le Houezec : réunir à Paris le 9 mai prochain tous ceux qui sont intéressés par la cigarette électronique, à la manière des grands sommets annuels organisés au Royaume Uni par la Royal Society depuis 2013 sur ce thème (the e-cigarette summit). Le 1er Sommet de la Vape Depuis quelques jours vient d’être dévoilé le portail internet d'informations et de conseils Addict'Aide. Il s’agit d’un village virtuel, créé à l’initiative [&hellip


Un printemps trop précoce, ou un coup de froid sibérien ?

Le 29 février 2016

Les résultats de la lutte contre le tabagisme qui ne bougent pas: pas de progrès, comme si toutes les ressources étaient épuisées. Que nous manque-t-il donc, là où d’autres pays réussissent ? Où sont nos erreurs ? Les derniers commentaires de la Cour des Comptes ont souligné des objectifs très ambitieux, qualifiés de " politique fiction"  par l’épidémiologiste Catherine Hill. Voyons leurs conseils. Augmenter le prix du tabac, de façon franche, et régulière, recommandation très ancienne de l’OMS C’est mettre le nez dans un fonctionnement particulièrement obscur, où chacun trouve son avantage : le fisc, les cigarettiers, les buralistes ; la dernière augmentation, programmée en janvier 2016, a été abandonnée, possiblement en échange du paquet neutre, mesure phare de notre Ministre. Un bon point : il est demandé que dorénavant la Santé soit présente lors des décisions de modifications des prix. Suivre l’exemple des pays qui ont réussi Le 19 août 2015 le Service de Santé Publique britannique le reconnaissait officiellement : les cigarettes électroniques sont très efficaces et nettement moins dangereuses que les cigarettes de tabac. Le taux d’arrêt des vapoteurs sans reprise du tabac est, après celui de l’Irlande (24%), le plus élevé d’Europe (21%).Aussi, prescrire l’e-cigarette à tout fumeur est recommandé. Deux enquêtes confirment l’efficacité de l’e-cigarette pour l’arrêt du tabac L’une, française (INPES), estime que l’e-cigarette a aidé 400.000 fumeurs à arrêter. L’autre, européenne montre qu’après élimination des simples expérimentateurs, six millions de citoyens européens ont arrêté grâce à la vape. Mais la toxicité ? Les normes AFNOR rendues publiques en mars 2015 Elles ont été élaborées en concertation avec l'ensemble des parties prenantes du secteur : différentes associations de vapoteurs (Fivape, Aiduce), des représentants des cigarettiers, sous la présidence du Pr B Dautzenberg. Deux normes, XP D90-300-1 (pour le matériel) et XP D90-300-2 (consacrée aux e-liquides), ont vocation à servir d’exemple aux normes européennes. Elles sont à la disposition des fabricants, fournisseurs, distributeurs. A eux de prendre la responsabilité de s’y conformer avant que la Directive Européenne sur les produits du tabac ne les y oblige en mai 2016. Que pense notre Ministre de l’e-cigarette ? "N’a-t-elle pas dans son entourage un vapoteur pour lui expliquer l’objet, son utilisation, et ce qu’on peut en attendre ? " Après avoir déclaré à plusieurs reprises que la gravité du tabagisme justifiait de " faire flèche de tout bois"  elle a multiplié les interdits, suggérant que la vue d’un vapoteur incitait à fumer, et que le vapotage lui-même ouvrait la porte au tabac [&hellip


2016 : une année difficile en perspective?

Le 17 janvier 2016

En mai prochain la Directive sur les produits du tabac (DPT) doit préciser les décisions qui s’imposeront à chaque pays Européen. Echéance redoutable, tant on connait les péripéties des premières réunions. Rappel Tous les dix ans, l’OMS fait le point sur l’état des lieux de tout ce qui touche au tabagisme. Ce que nous en disions il y a un an Une mise au point sur l’avenir de la cigarette électronique Des réponses peu rassurantes à quelques questions sur l’avenir de la cigarette électronique Pourra-t-on encore acheter des cigarettes électroniques? Oui. Mais de nouvelles règles viendront encadrer celles contenant de la nicotine, substance toxique qui crée une dépendance. Les autres ne sont pas concernées. Les États membres garderont la main pour certaines décisions comme la réglementation de leurs arômes, la publicité dans un cadre strictement national, et les limites d’âge. Les obligations des fabricants de cigarette électronique ? Ils seront tenus de notifier leurs produits avant de les commercialiser. La notification comportera des informations sur le fabricant, les ingrédients utilisés, les émissions, le dosage et l’absorption de nicotine, le produit et le procédé de fabrication…Ils devront faire rapport chaque année aux États membres sur les volumes de vente des produits et le profil, les préférences et les tendances des utilisateurs…etc. La réglementation des cigarettes électroniques pourra-t-elle être revue par la suite? En fonction de ces résultats la Commission reconsidérera au besoin sa position. Notre credo : "la nicotine, produit toxique et responsable de la dépendance au tabac" Nicotine : " hautement toxique "? Que peut penser le fumeur qui n’a pu arrêter malgré des doses importantes de produits de substitution nicotinique, associant patchs et gommes, utilisées pendant des mois, et qu’on persuade qu’en inhalation, à des doses très inférieures, il s’intoxique ? Il devra de plus éviter tout contact cutané lors de toute manipulation d’e-liquide. Aucune référence scientifique chez l’homme pour rapporter un quelconque incident justifiant de telles précautions. Nicotine : "responsable de la dépendance au tabac" ? Certes, en partie ; mais ce n’est qu’un élément, parmi beaucoup d’autres, d’un phénomène complexe. Les produits de substitution nicotinique sont les médicaments les plus utilisés dans l’éventail pharmacologique destinés à arrêter le tabac, et en vente libre, dès l’âge de 15 ans…Par voie inhalée, le même produit, de qualité pharmacologique, rendrait dépendant? Un cahier des charges inquiétant "On notera toutes les dérives qui permettent de mettre les fabricants et les distributeurs en difficulté" On y notera toutes [&hellip


Toulouse capitale de la vape

Le 24 novembre 2015

Juste avant les évènements tragiques que nous venons de vivre, se sont exprimées sans contraintes des opinions concernant un sujet majeur de Santé Publique : Quelle place pour la cigarette électronique? Est-t-elle une révolution dans la prise en charge du tabagisme ? En mai prochain l’application de la Directive Tabac Européenne (TPD) va encadrer la vape de façon totalement disproportionnée. La résistance s’organise. Qu’on en juge :  Toulouse est devenue pendant quelques jours la "Capitale de la vape". Ainsi, le 9e Congrès national de la Société Francophone de Tabacologiea eu lieu les 5 et 6 novembre (thème général : Tabac et qualité de vie). Il a été suivi le 7 novembre de la Journée Européenne de la Cigarette Electronique, marquée par deux évènements : "Troquez votre paquet de cigarettes contre un kit de vape" une opération originale "Troquez votre paquet de cigarettes contre un kit de vape" réalisée par les professionnels de la vape et des bénévoles de l’association Tabac et Liberté. Chacun pouvait s’informer et après essai, être équipé gratuitement d’un dispositif de vapotage, avec les e-liquides de son choix et parallèlement une réunion libre d’accès, animée par le Dr Pierre Rouzaud Elle associait des professionnels de santé spécialistes de la vape (Jacques Le Houezec, le Dr Gérard Mathern, le Pr.Bartsch, Belgique) et les représentants de l’AIDUCE et de la FIVAPE. A côté de quelques médecins, le public était fait essentiellement de vapoteurs. On prenait conscience de leur rôle, lié à leur riche variété professionnelle, sur les nombreuses innovations de matériel, ainsi que celui de leurs associations dans toutes les discussions concernant les normes qui encadrent maintenant la e-cigarette (normes AFNOR). Durant cette période de "grand oral"  de la Loi de Santé pour notre Ministre, plusieurs messages lui ont été adressés, à partager avec ses supérieurs. Parmi eux : Le 1er novembre, à la suite du rapport du gouvernement britannique très favorable à la cigarette électronique, les principales associations de lutte contre les addictions et les usagers de la e-cigarette ont interpellé le Gouvernement, le sommant de : " revoir et compléter le programme de lutte contre le tabac". Fédération Addiction –RESPADD – SOS Addictions) et Aiduce. Le 4 novembre 2015 : L’APPEL DES VICTIMES DU TABAC 40 organisations interpellent les Parlementaires "Ce sont des millions de personnes habituellement silencieuses qui rappellent aux Parlementaires que leur vote peut sauver des milliers de vies". Dans ces heures tragiques que nous traversons, ne rajoutons pas au drame actuel et [&hellip


Quel avenir pour la cigarette électronique?

Le 20 octobre 2015

C’est un évènement mondial. Avec ses partisans, ses détracteurs, ses opposants institutionnels, ses carcans administratifs… Une jungle où il est difficile de distinguer le vrai du faux. Marque-t-elle un tournant? Entre " Vous verrez, c’est une mode ! "  et  " Nous allons vers un avenir sans tabac", où en sommes-nous? Les enjeux Le tabagisme est la 2ème cause de mort dans le monde et la première cause de mort évitable. Six millions de victimes chaque année. Si aucune mesure d'urgence n'est prise, ce chiffre pourrait dépasser les 8 millions en 2030. Tout cela pour le bénéfice de cigarettiers qui manipulent un produit au très puissant pouvoir addictif. Face à ce péril, qu’a-t-on fait ? On a grignoté quelques positions vis-à-vis cette mafia, sans conséquences bien notables. On a bâti la " dénormalisation " : "Fumer tue" et développé la prévention pour les jeunes. Mais en réalité seuls sont concernés les pays développés. Dans tous les autres, rien n’est fait. La cigarette électronique ouvre-t-elle une ère nouvelle ? Des vapoteurs enthousiastes, soutenus par des associations dynamiques, et bien sûr par leurs fournisseurs ; une innovation permanente, tant du matériel que des e-liquides. Des médecins de plus en plus convaincus par ce qu’ils observent. Le soutien sans failles de SOS-addictions… Faut-il y croire ? Pour les opposants, deux angles d’attaque "L’e-cigarette est beaucoup moins dangereuse que le tabac: l’accord est quasi général sur ce point" La toxicité ? "L’e-cigarette est beaucoup moins dangereuse que le tabac " : l’accord est quasi général sur ce point. Attention ! La complexité de la fabrication des produits, les différentes techniques de mesure, sont un domaine en pleine progression, où manquent des normes ; certes la qualification française AFNOR est une réponse de qualité ; mais sera-t-elle suffisante pour satisfaire les experts qui ont ficelé la Directive relative aux produits du tabac (DPT) applicable en mai prochain? L’efficacité ? Elle est de moins en moins discutable, avec l’expérience du Royaume-Uni qui affiche un nombre de fumeurs parmi les plus bas d’Europe, celle de l’INPES annonçant 400.000 arrêts liés à la vape et celle de l'Eurobaromètre 2014 dont la nouvelle évaluation montre que l’arrêt concerne en fait 6 millions de vapoteurs ! Certes, nombreux sont ceux qui continuent à fumer tout en vapotant ; ils s’inscrivent dans la démarche réaliste de la REDUCTION DES RISQUES, recommandée pour toutes les addictions. On note que ceux-là  sont ceux qui ont les meilleures chances de réussir leur arrêt. Dans ce débat, que fait l'Etat ? [&hellip


Le bon vent viendra-t-il jusqu’à nous ?

Le 2 septembre 2015

Le Service de Santé Publique (Public Health England ) de sa Majesté l’a constaté : "Les cigarettes électroniques sont sans discussion très nettement moins dangereuses que les cigarettes de tabac". "Le taux d’arrêt des vapoteurs sans reprise du tabac est, après celui de l’Irlande (24%), le plus élevé d’Europe (21%)". La e-cigarette est adoptée ! Leur gouvernement regarde l’Europe et ses règlements avec un flegme "so British", discrètement amusé. Pendant ce temps, ici, on s’inquiète... " Ces contraintes devraient, pour des raisons de survie, orienter vers des produits de base moins coûteux et moins efficaces" Un Communiqué de presse, signé par quatre associations "appelle le gouvernement, les députés et les sénateurs à suivre l’exemple anglais, le plus performant contre le tabagisme depuis des décennies, et à revoir les projets de textes sur la cigarette électronique dont trop de mesures sont venues brider l’usage". "Soyez sûr qu’on s’occupe de vous ! " Ces opposants, qui sont-ils ? 1- L’OMS est le premier d’entre eux à donner le ton : un rapport extrêmement réservé en octobre dernier admet du bout des lèvres qu’on ne peut interdire la e-cigarette chez des fumeurs adultes qui voudraient arrêter leur tabagisme. 2-La Directive tabac européenne n’est pas tendre pour la cigarette électronique " Certains eurodéputés et les fonctionnaires de la Commission ont fait passer en secret toute une série de mesures administratives alambiquées dans les coulisses des négociations, sans même avoir abordé la question avec les usagers des cigarettes électroniques ou avec d'autres eurodéputés" déclare le rapporteur britannique Linda McAvan. Qui donc était derrière eux ? Philip Morris ? 3-Comment s’opposer à la cigarette électronique sans en avoir l’air ? Trois moyens pour y parvenir Compliquer au maximum la règlementation en s’attachant à faire préciser toutes les caractéristiques les plus détaillées de l’e-cigarette, matériel  et e-liquides; certaines précisions peuvent d’ailleurs être impossibles à fournir par manque de dispositifs adaptés, peu répandus. Réclamer l’ensemble des demandes au moins six mois avant la date prévue pour la réunion de la DPT, soit avant mai 2016. Rendre la phase d’expertise, par l’ensemble des moyens à mobiliser, si compliquée et si coûteuse, que seuls les très grands groupes pourront postuler ; ainsi se trouvent éliminés de la compétition nombre de petits chercheurs très inventifs qui contribuent à l’amélioration permanente des modèles disponibles. En conséquence, l’ensemble de ces contraintes devrait, pour des raisons de survie, orienter la production vers des produits de base, moins coûteux et moins efficaces... 4-Les lobbies du tabac, Philip [&hellip


La France, mauvais élève de l’Europe ?

Le 23 août 2015

On le savait depuis l’enquête " Eurobaromètre sur l'attitude des Européens à l'égard du tabac" dont nous avons déjà rapporté les résultats sur ce site : la France occupe un rang médiocre, avec ses 24% de fumeurs de plus de 15 ans, bien loin de la Suède (11 %) et de la Finlande (19 %). Notre politique de lutte contre le tabac, si ambitieuse sur le papier, inscrite au sein d’un plan Cancer (Objectif 10), comporte des objectifs très ambitieux, publiquement annoncés et aussitôt dénoncés comme de la "politique fiction "; un programme déjà pointé du doigt par la Cour des Comptes en 2012, et qui traîne. Tout indique que nous sommes à la fin d’un cycle : On ne fera pas beaucoup plus, avec nos outils actuels, déjà bien rouillés ; la "dénormalisation " du tabac est acquise, l’interdiction de fumer dans les lieux ouverts au public est globalement à peu près respectée, bien que jamais contrôlée ; les fumeurs fument dehors : leurs mégots en font foi. Beaucoup, qui sont conscients des dangers du tabagisme passif, l’épargnent à leurs proches. Peut-on vraiment faire mieux ? Traversons le Channel et regardons ce que font nos voisins. Les Anglais, il y a une décennie, fumaient autant que nous. Avec leur pragmatisme réputé, leur Service de Santé Publique (Public Health England ) s’est attaché à voir la réalité en face. Il a noté qu’en dépit des controverses sur la e-cigarette, le taux d’arrêt des vapoteurs sans reprise du tabac était tout simplement, après celui de l’Irlande (24%), le plus élevé d’Europe (21%). Il vient donc de reconnaitre officiellement (le 19 août dernier) que les cigarettes électroniques sont sans discussion très nettement moins dangereuses que les cigarettes de tabac. En conséquence, une fois les produits nécessaires agréés et disponibles, il faut autoriser sans tarder leur prescription par tout médecin généraliste. Ce n’est donc plus qu’une question de temps, car le Service de Santé Publique coordonne tout. L’orchestre est en place ; il n’y a plus qu’à accorder les violons. Il est probable que ces informations vont être relayées dans le monde entier, et peut-être faire rebattre les cartes là où on commençait à désespérer... Rentrons en France dans notre diversité républicaine. Développée dans notre pays depuis 2008, la e-cigarette a bouleversé le paysage ; bien utilisée, avec un bon matériel, elle marche ; les vapoteurs le disent ; les professionnels le constatent, l’utilisent avec succès s’ils sont fumeurs et la conseillent de plus [&hellip


Que penser des interdictions ?

Le 20 juillet 2015

Parmi les très nombreuses déclarations publiques de notre Ministre à propos du tabac, il est frappant de voir avec quelle fréquence on entend le mot " interdiction " ; dans le bouquet de toutes celles qui nous attendent on en choisira deux qui vraiment nous interrogent : l’interdiction de vapoter dans les espaces publics et l’interdiction de la cigarette électronique au travail. L’interdiction de vapoter dans les espaces publics D’où vient donc cette idée ? On parle depuis longtemps de la  "dé normalisation du tabac" ; à ce titre, tout ce qui le rappelle doit être interdit ; or la cigarette électronique fait penser au tabac ; elle doit donc être proscrite. Le sophisme est parfait : "raisonnement faux, malgré une apparence de vérité". Plusieurs questions à notre ministre : A-t-elle déjà vu, pris en mains, une cigarette électronique ? En dehors des tous premiers modèles, les "cigalikes", jetables, essentiellement vendus par les buralistes, les modèles actuels sont extrêmement différents, tant par leur design que par la façon dont on s’en sert; l’identification est immédiate ; la confusion avec une cigarette de tabac est aussi peu vraisemblable que le serait celle de confondre un vélo et un scooter! Autant on peut comprendre qu’un fumeur ait envie d’une vraie cigarette en présence d’un autre fumeur en train d’en griller une, autant on le voit mal s’approcher d’un vapoteur utilisant son matériel bizarre, pour quémander une cigarette de tabac…La question sera plutôt : "Qu’en pensez-vous ? Est-ce que ça marche ? " Les vapoteurs sont essentiellement des fumeurs ou des anciens fumeurs, y compris parmi les jeunes. Les vapoteurs sans passé de tabagisme sont l’exception. Notre Ministre le sait-t-elle ? Veut-t-elle les priver de ce qui leur a permis de se débarrasser du tabac ? N’y a-t-il pas une monstrueuse contradiction entre le fait de tolérer de fumer la cigarette de tabac et celui d’interdire de vapoter? On autorise la  "tueuse "; mais on interdit ce qui peut l’en protéger? Confondre une cigarette électronique et une vrai cigarette équivaut à confondre un vélo et un scooter... Interdiction de la cigarette électronique au travail La toute première raison qui motive le vapoteur est l’envie de diminuer ou d’arrêter sa consommation de tabac ; un fumeur d’un paquet ou plus est toute la journée sollicité de façon de plus en plus impérieuse par son besoin de fumer ; se concentrer devient impossible ; pouvoir vapoter à son rythme, en fonction de ses besoins, c’est reculer en toute sérénité le moment où on pourra, éventuellement, faire une "pause-café " : en [&hellip


l’Europe du tabagisme : similitudes et différences

Le 29 juin 2015

Au moment où nous discutons tant sur l’Europe, sa monnaie, ses frontières,  ceux qui y sont et y vivent, ceux qui voudraient y rentrer, ceux qui menacent d’en sortir,  parait une enquête sur l’Europe du tabagisme. Cette enquête a couvert les 28 pays Européens  entre le 29 novembre et le 8 décembre 2014. Ont été interrogées en face à face 27.801 personnes. La lecture de ce document nous en dit beaucoup  sur l’Europe… En voici quelques extraits. Un premier constat : plus on est "éduqué", moins on fume ; toutes les personnes en situation de précarité fument davantage. Où fume-t-on ? D’un pays à l’autre, on fume partout, au travail en particulier, ou seulement en privé ; quant à la publicité, elle s’affiche partout, ou à l’opposé est strictement interdite. Que fume-t-on ? Avant tout, des cigarettes manufacturées, choisies en fonction de leur moindre toxicité, qu’on évalue par les taux de goudrons, de nicotine…, toutes informations trompeuses,  inscrites sur le paquet. L’emballage influe parfois beaucoup sur le choix, ou peu. Les essais d’arrêter le tabac ? Cet item est celui qui reflète le mieux l’histoire et la culture générale du tabagisme de chaque pays ou région européenne ; ainsi les pays du nord ont des taux qui avoisinent ou dépassent les 80% de personnes ayant tenté l’arrêt, avec des taux de fumeurs de 10 à 15% : à l’opposé les fumeurs de divers pays sont peu motivés (Portugal, Grèce, Bulgarie) et ont des taux de fumeurs élevés. Comment arrêter ? Les produits de substitution nicotinique, l’aide d’un professionnel de santé n’ont plus la cote ; par contre l’e-cigarette fait sa percée. Certains pays l’utilisent beaucoup  avec des taux d’arrêt élevés (Irlande et Royaume-Uni) ; d’autres, où on fume très peu (pays du nord) ne l’utilisent guère. L’usage de l’e-cigarette est lié avant tout au désir d’arrêter de fumer ; mais l’âge joue beaucoup ; à ce titre, les jeunes sont des clients particuliers, plus intéressés par l’objet lui-même que par sa fonction thérapeutique ; pour les autres utilisateurs, la prévalence progresse de façon naturelle avec l’âge et les soucis de santé. La cigarette électronique : pour arrêter, est-ce que ça marche ? "La France a un profil très proche de celui de la moyenne  Européenne" Le tableau qui répond le mieux à cette question comporte cinq colonnes de réponses possibles : La France a, on le voit, un profil très proche de celui de la moyenne Européenne. Les champions de l’arrêt complet (plus de 20%) et [&hellip


La France livrée aux lobbies du tabac

Le 29 mai 2015

La France fut un des premiers pays à signer en 2004 une convention-cadre avec l'OMS interdisant de se laisser influencer par les ingérences de l'industrie du tabac; un des premiers Européens à mettre en œuvre un cadre législatif pour limiter le tabagisme, actif comme passif. Pourquoi dix ans après se trouve-t-elle dans une situation burlesque, distancée de dix points par le Royaume-Uni dans son pourcentage de fumeurs ? Marc LOMAZZI, journaliste et rédacteur en chef adjoint du Parisien-Aujourd'hui en France nous l’explique dans son enquête "Comment la mafia du tabac nous manipule". Il faut lire ce travail. On se contentera ici de piocher dans un document prolifique quelques points éclairant le jugement sévère de Catherine Hill. Le lobby du tabac Trois comparses se partagent des intérêts communs : le Cartel des cigarettiers (Philip Morris, British American Tobbacco, Imperial Tobbacco, Japan Tobbaco), les buralistes chargés par l'Etat de la vente du tabac, et enfin Bercy qui en retire chaque année 15 milliards d’euros. Tout ce qui risque de toucher à la consommation du tabac nuit donc aux différents partenaires ; chacun joue sa partition devant l’opinion publique et devant les élus, Européens ou nationaux, comme si on ne s’entendait pas. Une personne clé : l’assistant parlementaire. Attaché à son député, il est à la fois bureau de renseignements et passeur d’informations ; il est instruit, compétent, bien introduit par son élu dont il partage le sort ; un badge l’autorise à circuler librement dans l’Assemblée… et il est fort mal payé; il est donc la cible rêvée des lobbyistes du Cartel, qui savent lui proposer des informations susceptibles d’intéresser son député : synthèses de rapports, documentations diverses, fausses enquêtes et études d’opinion … bref un complet enfumage, incontrôlable, alimentant les inquiétudes de fin de mandat électoral. Devenir lobbyiste L’assistant parlementaire, instruit, compétent et fort mal payé, la cible rêvée des lobbyistes A l’échéance du mandat, l’assistant qui a pu apprécier l’intérêt que certains lui portent, clairement traduite par la rémunération qu’on lui propose, franchit le pas et accepte le poste ; toute une carrière est devant lui s’il a " l’esprit maison", doublé d’un équilibre psychologique à toute épreuve pour refouler toute pensée d’ordre éthique. Une autre condition absolue : respecter la loi du silence. Devenu lobbyiste, notre personnage possède l’arme de destruction massive : l’argent, capable d’acheter les plus hauts fonctionnaires, des chercheurs réputés, des membres de l’appareil judiciaire…et capable d’offrir au quotidien des prestations dites "d’hospitalité" : une place dans une [&hellip


Fin avril : déjà quelques fleurs fanées !

Le 30 avril 2015

L’OMS : un rapport sur la cigarette électronique affligeant, admettant du bout des lèvres que celle-ci pourrait aider quelques fumeurs à arrêter, après échecs répétés des traitements traditionnels; par contre, le vapotage passif devait être évité du fait de sa toxicité potentielle pour la femme enceinte, le fœtus et l’enfant, car possiblement responsable d’un retard mental ; tout cela au conditionnel… Madame Chang, présidente de l’OMS défendait elle-même devant la Presse, hors conférence mondiale, ses vues sur la cigarette électronique. On peut rappeler combien l’OMS se voit actuellement reprocher sa politique internationale à propos d’Ebola… Et l’Europe de la e-cigarette? Certains pays l’interdisent (Pologne, par exemple) ; d’autres la tolèrent, mais sans nicotine (Suisse) ; peu osent la conseiller, tel le Royaume-Uni, toujours efficace et pragmatique, " puisqu’elle est certainement moins dangereuse que le tabac ". La France " La France rejoint le peloton de tête des États développant une politique visionnaire en matière de lutte contre le tabac " " La France rejoint le peloton de tête des États développant une politique visionnaire en matière de lutte contre le tabac " a retenu notre Ministre, heureuse de ce compliment décerné par Madame Chang, elle aussi experte en matière lutte contre le tabac …. Marisol Touraine ne parait pas trop affectée par ce paradoxe gouvernemental majeur : l’État met en vente libre un produit sur lequel il est écrit qu'il tue ; par contre il freine l’utilisation de la cigarette électronique, ennemie du tabac, dont il interdit l’usage dans l’espace public, ce qui pourtant n’importune personne ; mais on peut y fumer sans y être inquiété... Autre paradoxe : le report de plusieurs hausses prévues du prix du tabac ; or c’est un des outils reconnus pour son efficacité ; ce report est salué par les buralistes, qui se consolent de l’aventure du paquet neutre, l’arme de destruction massive que brandit notre Ministre. Qui commande? Bercy ? La Santé Publique? Ou personne ? La liste, brouillonne, des interdictions s’allonge, tenant lieu de politique ; tout cela au bénéfice des cigarettiers, qui développent leurs nouveaux produits sans craindre la concurrence, puisque la cigarette électronique est interdite de publicité. Chaque jour apporte aux rédactions son lot d’histoires insolites concernant la cigarette électronique sans attendre le démenti des experts qui mettront quelques heures ou plusieurs jours pour contrôler soigneusement les rumeurs et se manifester ; mais le mal est fait : le fumeur retient le doute… On attend, sans hâte la validation sénatoriale d’une Assemblée qui compte dans [&hellip


ECLIPSE SOLAIRE : protégez vos yeux !

Le 23 mars 2015

L’ouverture donnée par l’Académie Nationale de Médecine (ANM) reconnaissant que la cigarette électronique peut aider à l’arrêt du tabac est certes un pas en avant. Mais quelques points restent à préciser. L’un des trois signataires du rapport est pharmacien. Il connait le métier. Quel va être le rôle du pharmacien ? " des recharges exemptes de tout adjuvant influençant la saveur, l’odeur ou le parfum aux fins d’accroitre l’appétence " C’est à lui qu’il revient de recevoir la demande du fumeur qui voudrait utiliser une cigarette électronique pour s’arrêter. On est donc dans le domaine du médicament, et non plus dans celui d’un produit de consommation courante, pourtant statut actuel reconnu à la cigarette électronique par la Directive Européenne. Les pharmaciens sont-t-ils volontaires pour assurer cette prise en charge ? Apparemment oui. L’Académie Nationale de Pharmacie a déclaré le 6 février dernier que la cigarette électronique devait être « exclusivement réservée aux personnes en cours de sevrage nicotinique, afin d’éviter qu’elle ne soit une porte d’entrée vers le tabagisme classique». On voit qu’elle se tient bien informée des vrais problèmes… Statut d’un médicament ? Connaissant la complexité des règles et la longueur des démarches nécessaires à l’obtention d’une autorisation de mise sur le marché, l’ANM propose qu’une procédure simplifiée soit utilisée : « il s’agit en effet d’une variante du spray de nicotine déjà sur le marché ».Cette remarque pleine de bon sens doit rassurer le vapoteur : il manipule donc déjà sans le savoir un outil qui a la qualité d’un médicament! Le matériel mis à disposition ? En dehors d’un accès à des dosages de nicotine pouvant dépasser les 20 mg/ml, privilège du pharmacien, de quelle gamme de produits ce dernier peut-il disposer ? L’ANM lui précise que les recharges doivent être « exemptes de tout adjuvant influençant la saveur, l’odeur ou le parfum aux fins d’accroitre l’appétence… ». En clair : on n’est pas là pour vous faire plaisir… On sait l’importance que les vapoteurs attachent à cette possibilité de varier à leur guise la composition de leurs mélanges…Ils apprécieront ! Par ailleurs aura-t-il à sa disposition des dosages de nicotine élevés, correspondant aux besoins des fumeurs les plus dépendants ? 50 mg/ml par exemple ? Ce serait un des rares points positifs de ce projet… Le temps nécessaire ? Un pharmacien a-t-il le temps de vous expliquer tout ce que vous voudriez savoir avant de vous lancer ? Mieux vaut probablement s’adresser à une boutique professionnelle, dont c’est le métier de vous renseigner et de vous aider dans votre [&hellip


Tabagisme: les enjeux actuels

Le 27 février 2015

On le sent bien, la lutte contre le tabagisme manque de souffle; il y faut du sang neuf. La cigarette électronique peut-elle être ce moyen de passer l'obstacle? Certains y croient. Pourquoi? La cigarette électronique: toxique? Quelque soit maintenant l'autorité qui s'exprime, la réponse est la même : "moins toxique que le tabac"; avec des nuances, bien sûr …  La cigarette électronique: efficace pour arrêter? Même si on a à faire à un vapoteur enthousiaste, cela reste à prouver; les preuves scientifiques manquent encore de vigueur. "le clan des opposants , comme un iceberg à la dérive…va-t-il fondre avec la brise printanière?" Une initiative intéressante est relayée en France par Jacques Le Houezec dont on verra les détails ici; elle implique le vendeur et bien sûr le fumeur. http://jlhamzer.over-blog.com/ L'analyse des résultats est facile quand ils sont positifs; en cas d'échec, partiel ou total , il faut pouvoir l'expliquer, et y remédier. Cela demande une double compétence, celle d'un professionnel de santé qui connait la tabacologie et celle du vendeur qui conseille sur le matériel. Jacques Le Houezec propose sur son site de former les deux. Les progrès du matériel La cigarette électronique marche; encore faut-il pouvoir s'en servir! Certains vapoteurs sont rebutés par la complexité du matériel, et abandonnent. Or les progrès sont permanents : des e-cigarettes plus légères, plus simples à utiliser, plus fiables. La cigarette électronique : l'intérêt de tous Pour le fumeur : troquer un produit mortel une fois sur deux pour un autre "infiniment moins toxique" avec beaucoup plus de plaisir, et sans la culpabilité rampante qui accompagne le consommateur de tabac. Puis faire des économies Pour le vendeur: avoir un client satisfait; même s'il abandonne la cigarette électronique dont il n'a plus besoin, c'est un vecteur de publicité extrêmement efficace s'il est entouré de fumeurs Pour les finances publiques: la Sécurité Sociale y trouve son compte; quant à Bercy, il sait combien lui coûte le tabagisme, bien au-delà de ce que lui rapportent les taxes: la Cour des Comptes est ici pour le rappeler! Pour l'employeur enfin: un salarié disponible, satisfait, une fois mis au point par le règlement intérieur le problème du vapotage dans l'entreprise. Pour conclure: nous sommes dans une période "charnière": dans le clan des opposants les mentalités évoluent, lentement, moins sûrs d'eux-mêmes comme un iceberg à la dérive…va-t-il fondre avec la brise printanière


Les Etats-Unis face à la cigarette électronique

Le 30 janvier 2015

Aux Etats-Unis le marché des cigarettes traditionnelles pèse 80 milliards de dollars. En comparaison, celui des cigarettes électroniques vaut deux milliards; un marché très convoité par les cigarettiers qui rachètent les brevets et entendent bien retrouver là une partie des gains perdus sur la vente du tabac. Car on fume de moins en moins: 17,8 % d'adultes américains fumeurs en 2013, taux le plus bas enregistré depuis qu'on tient des statistiques (1965).   Des résultats cependant très imparfaits Le tabagisme, très présent chez les plus pauvres, fait des ravages dans les minorités ethniques noires et hispaniques; ces communautés ont leur préférence, bien analysées par les cigarettiers qui leur fournissent des produits ciblés (par exemple riches en menthol pour les populations noires). "Plus longtemps il faudra attendre cette règlementation provisoire, plus longtemps les fumeurs continueront à inhaler une fumée mortelle" Comment faire mieux? Pour le ministre de la santé des Etats-Unis, il existe une feuille de route claire qui permettrait d’éradiquer l’épidémie de tabagisme: "Nous savons quoi faire pour mettre un terme à cette épidémie" : augmenter considérablement les taxes sur les produits du tabac, appliquer des politiques d’interdiction totale de fumer couvrant 100 % de la population : non seulement au travail, mais aussi dans tous les espaces publics, en voiture; les élus de Westminster, Massachusetts voudraient y voter l'interdiction totale de vente du tabac… conduire des campagnes percutantes dans les médias Mais pas un seul mot sur la cigarette électronique! Le rôle des médias: Plus qu'ailleurs toute information inédite, dérangeante, approximative, est aussitôt claironnée et relayée avant toute analyse de sa validité. Deux exemples récents: la déclaration à la radio d'un auteur japonais sur la toxicité d'un modèle d'E-cigarette, et celle du pouvoir cancérogène de la vape "10 à 15 fois supérieur à celui de la cigarette de tabac", heureusement aussitôt dénoncée comme expérience extrême, fantaisiste, sans valeur scientifique. Mais cela laisse des traces dans l'opinion publique. Pas de surprise donc si les fumeurs nord-américains qui étaient 85% en 2010 à estimer la cigarette électronique "plus saine que la cigarette conventionnelle", ne sont plus que 65% trois ans plus tard... Le statut de la cigarette électronique varie d'un État à l'autre Si on ne peut pas vapoter dans les lieux publics comme les restaurants, les bars, les parcs ou les plages, la vente aux mineurs n'est pas interdite partout; la publicité reste possible. On conçoit le besoin d'une loi [&hellip


Peut-on améliorer la cigarette électronique ?

Le 22 décembre 2014

 " la satisfaction du consommateur relève d'un équilibre subtil entre deux composantes: le sensoriel et la qualité du matériel" Riccardo Polosa dirige le centre de recherche de l'université de Catane, Italie; responsable scientifique de la Ligue Italienne anti tabac, il est l'un des experts européens les plus réputés en matière de cigarette électronique, développant une recherche à la fois théorique et pratique originale. La place de la nicotine dans l'aide à l’arrêt du tabac: Étude ECLAT Cette étude propose à des fumeurs n'ayant pas l'intention d'arrêter trois cigarettes électroniques d'aspect identique, mais avec des dosages de nicotine différents, attribuées par tirage au sort: A=24 mg/ml de nicotine; B=18 mg/ml de nicotine et C= sans nicotine. A un an, les vapoteurs du dosage le plus fort sont 12% à avoir arrêté; ils sont 3% en l'absence de nicotine; le groupe  B est intermédiaire. Jusqu'ici, la logique est sauve. Écouter les consommateurs! Interrogés sur leur degré de satisfaction pour leur e-cigarette, ils sont vingt à trente pour cent à trouver le matériel compliqué, encombrant et trop lourd; alors que 70% du groupe C se plaignent d'un manque de goût. Dans le groupe A cette remarque ne concerne qu'un vapoteur sur quatre! On est loin du problème du dosage de nicotine… Voilà l'étude, résumée à l'essentiel. Quels enseignements peut-on tirer de cette expérience? Le premier est certainement le niveau modeste d'arrêt. Mais pour des fumeurs apparemment non motivés, il est dans la moyenne de ce qu'on observe avec un traitement par substitution nicotinique seule. Plus important : on voit que la satisfaction du consommateur relève d'un équilibre subtil entre deux composantes: -d'une part celles qui font préférer la e-cigarette à celle de tabac (le goût, donc les arômes, et la nicotine): on est dans le "sensoriel" pur -et d'autre part le sérieux du matériel: sa fiabilité et l'aisance de sa manipulation; on est dans le domaine du rationnel. La e-cigarette du futur? Une grande marge d'amélioration Faire la synthèse de ces éléments mène à imaginer un produit plus léger, moins encombrant, de manipulation et d'entretien plus faciles, possédant des réglages multiples pour s'adapter plus étroitement aux désirs du moment. On voit l'importance portée aux arômes, que veulent limiter les Directives Européennes… Ces matériels de future génération, plus performants, devraient séduire de plus nombreux candidats, rebutés par la technique, ou par le manque de saveur; les progrès envisagés par R Palosa laissent espérer un nombre croissant de [&hellip


Commentaires: La Société Française de Tabacologie face à la cigarette électronique

Le 25 novembre 2014

Avant le congrès annuel de la Société Française de Tabacologie les 6 et 7 novembre derniers à Paris le Pr B.Dautzenberg avait envoyé aux inscrits une enquête sur la cigarette électronique, dont les réponses font débat. On voit s'opposer là deux positions, dont chacune a sa légitimité : "Le plus souvent, le choix est fait par le fumeur lui-même" 1 l'addiction au tabac est une des plus puissantes, la plus répandue et la plus meurtrière de toutes les addictions avec substance ; la consommation d'alcool et de cannabis y est souvent associée; les méthodes de traitement validées n'ont pas des taux de réussite éblouissants; l'arrêt durable est un processus lent, souvent pénible et épuisant. Les professionnels de santé le savent bien. 2 l'apparition et la diffusion explosive de la cigarette électronique ont changé la donne. Le plus souvent, le choix est fait par le fumeur lui-même, inquiet des conséquences de son tabagisme sur sa santé et sur son porte-monnaie, lassé des échecs antérieurs, aussi coûteux que culpabilisants. Les témoignages directs, faciles à obtenir, ventant la substitution d'une pratique meurtrière, la cigarette de tabac, par une autre, plus facile, plus agréable, dont il a personnellement la maitrise, et unanimement déclarée, même par ses détracteurs, comme beaucoup moins dangereuse à court terme, correspondent exactement à ses besoins immédiats: arrêter de fumer! Le rôle du professionnel est donc de l'aider dans cette démarche, en particulier en lui rappelant que diminuer ne suffit pas, et que l'arrêt complet, total, définitif est l'objectif. Abandonner par la suite la cigarette électronique, sauf dans les "périodes à risques" est souhaitable. Malgré les efforts de tous, la régression du tabagisme en France est, par comparaison avec de nombreux autres pays, en panne. Les objectifs du dernier Plan Cancer de diminuer le tabagisme en France de 10 points en dix ans sont ambitieux ; en période d'austérité, il est possible que quelques restrictions budgétaires viennent encore freiner son développement. La cigarette électronique peut, peut-être, aider… et à coût nul pour les finances publiques, voire avec bien des bénéfices pour la Sécurité Sociale ; profitons-en!


Quelques paradoxes

Le 25 novembre 2014

La Société Française de Tabacologie face à la cigarette électronique: Avant le congrès annuel de la Société Française de Tabacologie les 6 et 7 novembre derniers à Paris le Pr B.Dautzenberg avait envoyé aux inscrits une enquête sur la cigarette électronique. "Deux réponses qui posent problème" Les réponses faisaient état d'un accord tant sur le faible niveau de risque, que sur sa capacité à aider à l’arrêt du tabac. Est-ce si clair? Parmi toutes les questions proposées dans cette enquête, voici deux réponses qui posent problème… A la question "Etes-vous favorable à la vente des e-cigarettes en boutiques spécialisées?", la réponse est sans ambigüité: le score maximum est obtenu; on apprécie donc là, en principe, la compétence, la qualité de l'accueil, voire même l'objectivité du vendeur. Cependant, à la question suivante, "Etes- vous favorable à ce qu'une e-cigarette avec AMM (autorisation de vente d'un nouveau médicament) soit développée et vendue en pharmacie?", on découvre que 87% l'attendent! Quel est le sens de cette réponse? On a le choix: le témoin d'une grande méfiance, persistante, de la nocivité éventuelle de la cigarette électronique en général, matériel et e-liquides confondus; et cela, en dépit des efforts faits pour en assurer la sécurité, au fil du temps et des critiques. Ces améliorations successives étant bien sûr de l'intérêt même des fournisseurs! le souhait de confier l'exclusivité de la vente aux pharmaciens : l'e-cigarette perdrait alors son statut si difficilement obtenu de "produit de consommation courante"  en lui donnant celui, officiel, d'un médicament. Ce serait alors un frein considérable à la diffusion de la cigarette électronique; cela impliquerait l'obligation pour le fabriquant de se lancer dans des procédures très longues, complexes et aux résultats aléatoires, à chaque amélioration d'un composant quelconque du produit, même minime, étouffant toute velléité d'innovation. un besoin de certains professionnels, qui voudraient pouvoir disposer d'e-liquides plus dosés en nicotine, actuellement réservés aux seuls pharmaciens. Cependant une question sur les conseils fournis aux patients lors de l'achat de leur première e-cigarette montre qu'au moins 30% des professionnels n'ont guère  de connaissance du produit. Une autre question montre d'ailleurs qu'ils n'hésitent pas à prescrire à des vapoteurs exclusifs des produits de substitution nicotinique, si le dosage en nicotine de leur e-cigarette parait trop faible. En bref, on ne sait pas…Méfions-nous des certitudes! Dans ce domaine mouvant, un effort d'information objective, argumentée et actualisée reste à faire. Article à lire "commentaires : La [&hellip


Histoire de fumeur : cas clinique n°3

Le 31 octobre 2014

Ici vous trouverez des histoires courtes vécues par des professionnels ayant accompagné des fumeurs dans leur démarche. Elles invitent à la réflexion... Avoir des enfants ferait-il fumer ? Noémie, secrétaire à mi-temps dans une entreprise, est mère de deux petites filles de 5 et 7 ans. Fumeuse de longue date, elle consomme 30 cigarettes par jour. Sous la pression de son mari, ex- fumeur récent, et en prévision d'une intervention chirurgicale, elle souhaite arrêter sa fume. Elle décide de se faire aider. Une histoire de tabagisme atypique Lors de l'entretien avec un tabacologue psychothérapeute, elle précise avoir commencé au lycée, comme ses amies, puis poursuivi à la Faculté de Droit: 10 à 15 cigarettes / jour. Elle y a connu son mari, fumeur comme elle. Elle a diminué sans pouvoir arrêter durant ses deux grossesses. Tandis que son mari s'arrêtait "à cause des enfants", paradoxalement sa propre consommation s'est majorée. Elle fume au domicile en l'absence de ses filles, mais toujours sur le balcon quand elles sont là "pour ne pas les intoxiquer". Elle fume tôt le matin avant de les accompagner à l'école et de se rendre au travail. Elle y fait deux "pauses-cigarette" dans un espace prévu à cet effet par l'entreprise; puis elle reprend la cigarette dans sa voiture et va continuer à un rythme soutenu à domicile ; elle dit ralentir dès que ses filles rentrent de l'école; puis elle retrouve son rythme habituel le soir, quand ses filles sont couchées. Le tabacologue lui demande de faire, pour leur prochain rendez-vous, la liste de toutes les cigarettes fumées, en en précisant l'heure et les circonstances. Lors de cette deuxième consultation, en étudiant la liste, il apparait que Noémie fume d'avantage quand ses filles sont présentes. Etonnée, elle explique qu'en fait elle prend "une bouffée d'oxygène" en allant fumer sur le balcon. Réflexions sur ce tabagisme Noémie n'a pas une totale conscience de sa consommation de tabac, de ses conséquences, surtout familiales. Le couple est menacé. L'éducation des enfants est assurée par le père seul qui sait dire non quand cela est nécessaire et juste. Noémie prend conscience alors qu'elle se réfugie sur le balcon pour se soustraire aux multiples sollicitations de ses filles; les cigarettes sont pour l'essentiel des cigarettes "prétexte", au motif de ne pas les intoxiquer. La discussion qui s'en suit lui permet d'évoquer ses difficultés dans l'éducation de ses filles, et son incapacité [&hellip


Réactions après la conférence de Moscou

Le 31 octobre 2014

Le premier à se manifester, dès la fin de la conférence, fut le Professeur Gerry  Stimson, Professeur Honoraire de Sociologie, département de Santé Publique de Londres. Il fut l’un des signataires de la lettre de protestation adressée à Margaret Chang, directrice générale de l’OMS en mai 2014, la pressant de ne pas réglementer la cigarette électronique de la même façon que le tabac traditionnel. Voici une traduction (très libre) de son argumentation. Les directives données par la Conférence des Parties sont, sans aucune équivoque, mauvaises pour la Santé Publique ; elles sont déplorables aussi pour tous ceux qui auront à prendre des décisions et qui devront les justifier sur des arguments sérieux. La question qui se pose est bien la suivante : l’OMS est-il capable de faire ce travail ? Au cours d’une réunion déjà viciée par l’exclusion du public et en l’absence de tout représentant des médias, la conférence parait être restée très méprisante pour ce que représente à l’évidence la cigarette électronique, et fort peu soucieuse, voire inconsciente des conséquences désastreuses de ses conclusions. Car la conséquence la plus évidente est la protection dont bénéficie ainsi la cigarette conventionnelle, débarrassée de ses concurrents, en particulier de la cigarette électronique, pourtant infiniment moins dangereuse. Le rapport insiste essentiellement sur des risques mineurs, ou hypothétiques, voire imaginaires. Il ne met pas en lumière cette opportunité majeure pour toute une population de fumeurs : remplacer leur tabagisme par une méthode comportant un risque inférieur de 95 à 100% à celui de la cigarette conventionnelle. Il marginalise tous les efforts d’innovation de ces produits. Il encourage toutes sortes de règles incluant des interdictions d’utilisation et de promotion, avec leurs conséquences économiques. Si ces règles sont mises en œuvre, elles auront pour effet probable de réduire le nombre de fumeurs passant à la cigarette électronique. Ils conserveront ainsi les risques liés à leur tabagisme. L’espoir de voir diminuer la consommation de tabac de 30% en 2025 (souhait des Nations Unies concernant les maladies non transmissibles) n’est pas envisageable sans le développement rapide de la cigarette électronique. Elle ne représente donc pas, comme semble le penser l’OMS une partie du problème, mais bien au contraire une partie de la solution ! La question qui se pose est bien la suivante : l’OMS est-il capable de faire ce travail ? Après Gerry  Stimson, les vapoteurs désabusés se sont largement exprimés sur leurs forums : indignation, déception, inquiétude pour l’avenir, en particulier [&hellip


Histoire de fumeur : cas clinique n°2

Le 31 octobre 2014

Ici vous trouverez des histoires courtes vécues par des professionnels ayant accompagné des fumeurs dans leur démarche. Elles invitent à la réflexion... Cas clinique N°2 UN PAQUET DANS LA POCHE: est-ce bien raisonnable? Juliette, 36 ans, célibataire, mais ayant un ami fumeur, est infirmière hospitalière. Très compétente et efficace, c'est une "meneuse". Un statut de leader que personne n'ose lui contester. Elle fume depuis 20 ans; 30 cigarettes par jour, dont plus de la moitié pendant ses heures de travail. Mais fumer coûte cher et n'a pas trop la cote à l'hôpital: Juliette y est sensible. Après plusieurs tentatives infructueuses sans soutien, médicamenteux ou autres, elle veut à nouveau arrêter. La consultation de tabacologie Un rendez-vous discret est pris avec un tabacologue hospitalier, qui apprécie le niveau élevé de dépendance, la motivation sérieuse, et résume ainsi le désir de Juliette "Vous voulez arrêter seule, sans gadgets. Mais vous avez peur de l'échec et plus encore peur du regard des autres, s'ils l'apprennent. Pourquoi alors les informer?" Pour ce faire, Juliette va garder un paquet de cigarettes bien visible qui lui permettra à la fois de gérer sa peur du manque et de camoufler son travail de sevrage. Elle évitera ainsi les éventuelles propositions malicieuses: "Tu en veux une?". C'est donc un défi, risqué, qu'elle se lance. Les suites Trois semaines plus tard, Juliette déclare que le "pari" est gagné; le paquet est intact; plus forte que l'addiction! Elle attribue tout naturellement ce succès à sa "volonté"; avis qui sera probablement partagé par un entourage admiratif. Réflexions Passer de 30 cigarettes quotidiennes à zéro, sans aide: la marche est bien haute… Juliette a des atouts : son haut degré de motivation; sa maturation, qui ne date pas d'hier: dans sa tête, elle était déjà prête. L'échec possible a été dédramatisé par le professionnel :"C'est un contrat avec vous-même. Ouvrir le paquet ne signifiera pas que vous n'avez pas progressé!" Attention cependant : Juliette, très fière d'elle, risque d'expliquer à d'autres en tentative d'arrêt l'importance de conserver un paquet de cigarettes pour apaiser les craintes liées au sevrage. Or on conseille évidemment toujours au fumeur de mettre toute cigarette hors d'atteinte, la sienne comme celle des autres, tant est obsédante en cas de dépendance forte l'envie d'en griller une. Méfiance, donc : le cerveau des addictions a d'autres outils… et les fumeurs "volontaires" ne réussissent pas mieux que les autres! Seul l'avenir dira [&hellip


Réflexions et conseils sur le vapotage

Le 14 septembre 2014

Réflexions Le monde change et chaque jour nous apporte ses nouveautés; il n'y a pas de limites aux idées nouvelles, dont le développement et les applications sont pour une bonne part encore inconnues. La question centrale reste: ces nouveautés, que nous apportent-t-elles vraiment? Du bon ou du mauvais? En matière de tabac fumé, dont la toxicité et le pouvoir addictif sont redoutables, que souhaite-t-on? Effacer l'addiction? Vaste programme, tant l'addiction est par nature complexe, et ne relève pas que du produit… Par contre, remplacer ce produit hautement toxique par un autre qui l'est beaucoup moins et qui permet de se passer, même incomplètement, du tabac fumé, voilà déjà une victoire! Cette réduction des risques peut être pour beaucoup l'étape intermédiaire menant au succès; elle est valorisante en soi. Certains vont d'ailleurs avoir une expérience différente: à leur grande surprise, ce qui leur semblait impossible va se faire en quelques semaines ou mois, sans effort… Le but est atteint: la Santé Publique doit s'en féliciter; de nombreuses maladies seront évitées et de nombreuses vies seront sauvées. Quelques conseils aux vapoteurs si vous vapotez, que ce soit dans le but affiché de vous débarrasser du tabac si cela marche (critère: aucune consommation de tabac pendant un an), ou si ça ne marche pas, faites-le savoir : tous les témoignages sont importants; ils permettent d'avoir l'avis des utilisateurs, même s'ils n'autorisent pas de conclusions de valeur scientifique après avoir arrêté, et même si vous avez apprécié l'e-cigarette, pensez à l'arrêter aussi! Quitte à la reprendre transitoirement durant les "périodes à risques" ! si vous avez arrêté, et même si vous vous sentez sûr de vous, ne refumez pas "juste pour voir"; c'est tenter le diable; la "mémoire" de notre cerveau dispose d'outils redoutables! sauf si c'est votre métier, n'essayez pas tous les nouveaux produits de tabac non fumé que développent actuellement les cigarettiers ne conseillez pas la cigarette électronique à un non fumeur et si vous ne pouvez vous en passer, n'ayez pas trop de remords sur les risques: dans plusieurs décennies, on n'en saura pas beaucoup plus; c'est bien un des rares points d'accord qu'on puisse avoir avec le rapport de l'OMS… Nos poumons sont des organes fragiles; alors, protégeons-les: "le souffle, c'est la vie"


Pour les jeunes qui vapent, c’est une porte d’entrée vers le tabac ?

Le 10 septembre 2014

FAUX De toute évidence, la cigarette classique fait partie de leur bagage culturel traditionnel, facilité bien sûr quand leur environnement, familial et/ou relationnel, est porteur; ils sont donc la première cible des cigarettiers, chargés par eux d'assurer la relève des disparus. Mais le jeune, à un âge où on est épris de liberté, opposé à toute interdiction, désireux de transgresser et de s'affirmer, expérimentateur de tout, en particulier de ce qui fait "mode", est tenté aussi par la cigarette électronique. Or le tabac fait de plus en plus "ringard". Ainsi la très grande majorité (90 à 98%°) des jeunes vapoteurs sont-ils déjà fumeurs; cette alternative à la cigarette de tabac se montre, comme chez l'adulte, efficace sur leur consommation jusqu'à l’arrêt, et source importante d'économies; c'est donc une porte de sortie du tabagisme. A signaler que si on refuse l'e-cigarette aux ados, ils peuvent utiliser un inhaleur à la nicotine, autorisé à partir de 15 ans, qui existe depuis 2003…Cela aussi fait désordre! Et les jeunes non fumeurs? Très minoritaires, ils vapotent par curiosité une e-cigarette empruntée "pour voir", sans y trouver guère d'autre bénéfice que le partage de parfums agréables avec les copains; puis ils arrêtent, peu motivés par cette pratique coûteuse, et un peu compliquée; ou alors, une fois l'effet "mode" ou "provoc" émoussé, ils vapoterons de préférence sans nicotine; car pour eux, elle n'apporte rien, sinon un "hit" qu'ils ne recherchent pas puisqu'il fait tousser. Dans ces conditions, passer à la cigarette de tabac, irritante et coûteuse, ne va pas de soi. Rien ne permet actuellement de dire qu'il s'agit d'une porte d'entrée dans le tabagisme


Vapoter en public inciterait à fumer?

Le 10 septembre 2014

FAUX! "Alors qu'on désire voir disparaître la cigarette du paysage public… Cette déclaration de nos autorités de santé appelle deux remarques -pour la première fois la consommation de tabac sous toutes ses formes diminue en France. Malgré les déclarations des buralistes, accusant les taxes, les circuits illégaux et transfrontaliers, l'explosion des ventes de cigarettes électroniques est une explication bien plus sérieuse puisque, pour le reste, la politique de lutte contre le tabagisme n'a pas changé. -ne plus voir la cigarette; depuis 2006 les fumeurs sortent pour fumer, par obligation, puisqu'il est interdit de fumer dans les lieux de travail, ou par conscience des conséquences du tabagisme passif. Ils fréquentent des utilisateurs de cigarette électronique, exclusifs ou encore fumeurs. Ne voit-on pas les avantages de cette situation? Des vapoteurs faisant école auprès des fumeurs: moins de tabagisme passif; ni mégots ni paquets de cigarettes abandonnés; dans les jardins publics, des bacs à sable propres; en dehors des villes, pas de feux de broussaille… Quels gains pour tous, en particulier pour les municipalités soucieuses de la propreté de leurs espaces publics! …la présence du vapoteur vient troubler le message!" Traduisons: "voir un vapoteur ferait désordre et donnerait envie de fumer une cigarette de tabac" Cette déclaration appelle deux remarques -Si la confusion avec une cigarette conventionnelle est à la rigueur possible avec les e-cigarettes jetables (moins de 10% des ventes), ce n'est guère crédible avec les cigarettes électroniques les plus courantes, du fait de leur taille, de leur aspect souvent "fantaisie", de la façon de les tenir en main… -On sait que la très grande majorité des vapoteurs est faite d'adultes désirant arrêter ou diminuer leur consommation (enquête Etincel-OFDT) ). On leur interdirait donc de vapoter, pour ne pas tenter un ex- fumeur ou un non fumeur passant par là, de recommencer ou de commencer à…fumer du tabac? Qui peut croire cela? Il n'existe aucun début de preuve à l'appui de cette thèse


Simulant l’action de fumer, la cigarette électronique conforte le fumeur dans son attitude ?

Le 10 septembre 2014

C'est très probablement une des raisons de son efficacité: à l'un de ces nombreux moments où l'envie se fait sentir "d'en griller une", la cigarette électronique est là, apportant son contact, manuel, buccal, avec sa chaleur, sa vapeur chaude dans les poumons… La dimension "comportementale" est évidente, et d'autant plus rassurante que le vapoteur n'a pas la "mauvaise conscience" que donne la cigarette de tabac … "La plupart des vapoteurs fument aussi des cigarettes de tabac" : VRAI C'est effectivement une étape fréquente au cours d'un processus de sevrage; elle peut durer longtemps; on conserve quelques "cigarettes nostalgie". Mais le vapoteur signale souvent qu'elles lui conviennent de moins en moins : trop fortes, ou trop fades, voire franchement désagréables… Certes, l'arrêt total et définitif est à rechercher, puisque c'est le seul qui garantisse une nette diminution des risques liés à la fumée de tabac; mais c'est notoirement difficile, et les échecs sont fréquents. À contrario, nombre de vapoteurs signalent la facilité avec laquelle l'arrêt a été possible, contrairement aux essais antérieurs ! Ce processus dit de "Réduction des Risques", préférant l'arrêt progressif à l'arrêt brutal, est de plus en plus admis pour le tabagisme, comme d'ailleurs pour toute autre drogue, alcool en particulier


La cigarette électronique utilise d’autres produits toxiques, mal connus ?

Le 10 septembre 2014

FAUX ! Que contiennent les cartouches d'e-liquides? Des hydratants, polyéthylène glycol et glycérine végétale, largement utilisés dans l'industrie alimentaire et cosmétique, sans toxicité connue; ce sont eux qui créent ces brouillards, utilisés au théâtre ou à l'opéra; quant aux arômes, ils sont de plus en plus de fabrication française, de qualité contrôlée, à la demande même des fabricants et des associations de vapoteurs. "… possiblement dangereux à long terme": VRAI! Mais cela restera probablement impossible à prouver! Pourquoi? Dans ce domaine fortement concurrentiel, il existe de très nombreux modèles d'e-cigarette, fortement améliorés au fil des années; le matériel et les e-liquides ont évolué sous l'œil vigilant des vapoteurs qui influent sur les réputations. Par ailleurs chaque vapoteur a son histoire, très brève… ou très longue, continue ou non. Comment interpréter alors avec certitude un "problème de santé" qui serait découvert? Doit-on gommer les années de tabagisme? Le vapoteur échappe-t-il aux petites misères simplement liées à l'âge? Combien d'années encore pour tirer des conclusions fiables de pratiques aussi hétérogènes? Il reste que même si ces dangers existent vraiment, ils sont sans commune mesure avec ceux du tabac… Souhaitons bonne chance aux chercheurs, surtout si on les presse de rendre leur copie…


la cigarette électronique contient de la nicotine, produit toxique?

Le 10 septembre 2014

La toxicité de la nicotine est très faible, contrairement aux données officielles. La quantité inhalée à partir d'une cigarette électronique est faible, bien inférieure à celle d'une cigarette de tabac (pourtant en vente libre!); elle est de même qualité que celle des médicaments de "substitution nicotinique", timbres ou autres. Elle n'est d'ailleurs présente dans les cartouches que sur conseils du vendeur, ou sur demande du vapoteur. On meurt de la fumée du tabac, et non de la nicotine d'une cigarette électronique ! …responsable de la dépendance au tabac? FAUX La nicotine ne fait qu'entretenir, une fois installée, la dépendance au tabac. C'est son association à bien d'autres composés inhalés, et soigneusement sélectionnés par les cigarettiers pour leur effet "addictif", qui crée cette "composante pharmacologique" de la dépendance. Phénomène fort complexe, elle intègre deux autres composantes majeures, psychologiques et comportementales; sans elles, la dépendance au tabac n'existerait pas


Un petit devoir de vacances sur la cigarette électronique ?

Le 22 juillet 2014

Vapoteurs, non vapoteurs : un petit devoir de vacances VRAI ou FAUX? La cigarette électronique a de nombreux détracteurs; mais quels sont donc leurs arguments? Ce qu'on lui reproche le plus ... 1. "La cigarette électronique contient de la nicotine, qui est un produit toxique, et qui est responsable de la dépendance au tabac" 2. "La cigarette électronique utilise d'autres produits toxiques, mal connus, et possiblement dangereux à long terme" 3. "Simulant l'action de fumer, elle conforte le fumeur dans son attitude; la plupart des vapoteurs fument aussi des cigarettes de tabac" 4. "Alors qu'on désire voir disparaître la cigarette du paysage public, la présence du vapoteur vient troubler le message!" 5. "Pour les jeunes qui vapent, c'est une porte d'entrée vers la cigarette de tabac" VRAI ou FAUX?     1. "La cigarette électronique contient de la nicotine, qui est un produit toxique, et qui est responsable de la dépendance au tabac" La nicotine, un produit toxique? FAUX La toxicité de la nicotine est très faible, contrairement aux données officielles. La quantité inhalée à partir d'une cigarette électronique est faible, bien inférieure à celle d'une cigarette de tabac (pourtant en vente libre!); elle est de même qualité que celle des médicaments de "substitution nicotinique", timbres ou autres. Elle n'est d'ailleurs présente dans les cartouches que sur conseils du vendeur, ou sur demande du vapoteur. On meurt de la fumée du tabac, et non de la nicotine d'une cigarette électronique ! …responsable de la dépendance au tabac? FAUX La nicotine ne fait qu'entretenir, une fois installée, la dépendance au tabac. C'est son association à bien d'autres composés inhalés, et soigneusement sélectionnés par les cigarettiers pour leur effet "addictif", qui crée cette "composante pharmacologique" de la dépendance. Phénomène fort complexe, elle intègre deux autres composantes majeures, psychologiques et comportementales; sans elles, la dépendance au tabac n'existerait pas.     2. "La cigarette électronique utilise d'autres produits toxiques, mal connus ": FAUX! Que contiennent les cartouches d'e-liquides? Des hydratants, polyéthylène glycol et glycérine végétale, largement utilisés dans l'industrie alimentaire et cosmétique, sans toxicité connue; ce sont eux qui créent ces brouillards, utilisés au théâtre ou à l'opéra; quant aux arômes, ils sont de plus en plus de fabrication française, de qualité contrôlée, à la demande même des fabricants et des associations de vapoteurs. "… possiblement dangereux à long terme": VRAI! Mais cela restera probablement impossible à prouver! Pourquoi? Dans ce domaine fortement concurrentiel, [&hellip


Journée Mondiale Sans Tabac 2014 le Rpt21 était présent

Le 10 juin 2014

Nous étions présents autour de cet événement : En milieu d’enseignement Le 27 mai à Beaune au Lycée Clos Maire, pour les élèves de l'établissement ; 240 élèves de seconde ont assisté à des séances interactives sur le tabac et les autres substances inhalées, ainsi qu’à une présentation de la cigarette électronique. Avec l’aide des Amis du Réseau Prévention Tabac (Dr Binard et ses collègues, infirmière scolaire). Un stand était prévu pour informations, test de dépendance au tabac et mesures du CO expiré. Pour le grand public Le 31 mai à Dijon à Carrefour Quetigny ; environ 140 personnes ont été reçues. En entreprise Le 3 juin à Dijon sur le Site d’EDF –DCR EST ; pour les salariés. Dans les centres de rééducation Pour les patients, les visiteurs et les salariés de l’établissement. Le 31 mai à Divio ; 40 personnes. Le 4 juin à Dijon au Centre de Rééducation Fonctionnelle Les Rosiers ; 50 personnes En partenariat avec l’Association de Cardiologie de Bourgogne.   Sur ces différents sites, ont été généralement proposés : Informations, documentation, mesure du souffle, test de dépendance au tabac, mesure du taux de monoxyde de carbone ; une rencontre individuelle avec un spécialiste pneumologue et tabacologue était possible, en toute confidentialité.  


31mai 2014 : Journée Mondiale Sans Tabac

Le 20 mai 2014

Le Réseau Prévention Tabac de Côte d'Or comme chaque année depuis dix ans, organise cette manifestation avec ses partenaires. La grande majorité des fumeurs désire s'arrêter et a fait au moins un essai dans sa vie. Les jeunes qui fument savent qu'ils arrêteront "un jour", mais pensent qu'ils ont le temps. Les ex fumeurs redoutent la reprise, et ont souvent besoin de soutien Les non fumeurs sont parfois désarmés devant les fumeurs. Leur ignorance de leurs difficultés réelles est génératrice de conflits. Tous peuvent avoir besoin d'une information objective, de rencontrer des professionnels de santé capables de les entendre et de les guider dans leur questionnement Notre programme d'intervention de cette année associe la prévention chez les jeunes, l'aide aux patients victimes du tabac dans deux Centres de rééducation et l'information du grand public.   Nous serons présents autour de cet événement : le 27 mai à Beaune au Lycée Clos Maire, pour les élèves de l'établissement le 31 mai à Dijon à Carrefour Quetigny, pour le grand public au Centre de Rééducation Fonctionnelle DIVIO, pour les patients et les salariés de l'établissement le 3 juin à Dijon sur le Site d’EDF –DCR EST, pour les salariés le 4 juin à Dijon au Centre de Rééducation Fonctionnelle Les Rosiers, pour les patients et les visiteurs Seront proposés sur ces différents sites : Informations, documentation, mesure du souffle, évaluation de la motivation à l'arrêt et de la dépendance au tabac, mesure du taux de monoxyde de carbone; une rencontre avec un spécialiste en toute confidentialité.  


Résultats de l’enquête ETINCEL-OFDT sur la cigarette électronique

Le 25 avril 2014

Il s'agit d'une enquête téléphonique, diligentée par l'OFDT, conduite entre le 12 et le 18 novembre derniers auprès d’un échantillon de 2052 personnes âgées de 15 à 75 ans; l'échantillon est représentatif de la population métropolitaine. L' étude a été rendue publique le 13 Février. Cette enquête voulait répondre à quatre questions : 1-les vapoteurs, qui sont-ils? 2- comment vapotent-ils? 3- avec quoi vapotent-ils? 4-pourquoi vapotent-ils? 1-Qui sont-ils? D'abord, ils sont très nombreux: fin 2013, une personne sur cinq déclare avoir utilisé au moins une fois une cigarette électronique. Ce sont essentiellement des fumeurs actuels (51%) ; les ex-fumeurs ne sont que 12%; ils sont seulement 3,5% à n’avoir pratiquement jamais fumé. 2-Comment vapotent-ils? Pour le savoir, on s'intéresse à ceux qui ont vapoté "au cours des trente derniers jours, et hors expérimentation". Les trois quarts d'entre eux ont débuté dans les six derniers mois de 2013, soit en pleine campagne médiatique. Plus de la moitié (54%) des usagers vapotent tous les jours; mais la répartition suivant l'âge est inégale : le vapotage quotidien est plus rare chez les plus jeunes, alors qu'il augmente avec l'âge, où le but affiché est de réduire ou d’arrêter le tabac (67% chez les 50-75 ans). Les deux tiers d’entre eux sont des usagers mixtes (associant cigarette électronique et tabac dans des proportions variables). Il n'y a pas de différence sensible en fonction du sexe. 3-Avec quoi vapotent-ils? On se procure la E- cigarette d'abord dans un magasin spécialisé (58%), ou dans un bureau de tabac (21%). L'achat sur Internet ne représente que 9%; les autres sources doivent regrouper les cigarettes électroniques jetables, et les "emprunts": la cigarette électronique d'un proche. 4-Pourquoi vapotent-ils? On vapote essentiellement pour arrêter ou diminuer le tabac "Les enquêtés qui déclarent utiliser simultanément du tabac et la cigarette électronique (51%) affirment spontanément que leur objectif principal et ultime est d’arrêter toute consommation de ces deux produits". Réduire les risques, sans arrêter totalement la cigarette, et poursuivre la cigarette électronique, au besoin sans nicotine, est l'autre tendance. Dans cette enquête, les ex fumeurs sont très peu nombreux ; ce sont possiblement ceux qui ont réussi et qui poursuivent leur vapotage, par goût ou par prudence; on sait que cette pratique est efficace pour prévenir la reprise (JF Etter). En bref -Les vapoteurs sont très nombreux, surtout récents, et essentiellement fumeurs; ils se fournissent principalement dans des boutiques spécialisées -Le vapotage [&hellip


La France en tête pour créer ses propres normes sur la cigarette électronique?

Le 25 avril 2014

Nous avions salué l'initiative prise en décembre dernier de rassembler, dans le cadre de l’Institut National de la Consommation (INC), différents acteurs : l’Office Français de prévention du Tabagisme (OFT), les associations de vapoteurs , le Collectif des acteurs de la cigarette électronique (Cace), pour discuter de l'avenir de la e-cigarette. Après le fiasco des Directives Européennes sur ce sujet, s'attirant autant les protestations des consommateurs que les critiques scientifiques des experts internationaux, qu'est donc devenue cette initiative? Elle a pris de l'ampleur. A la demande de l’INC, l'Association Française de Normalisation (AFNOR) a créé une "commission de normalisation" spécifique, réunie pour la première fois début avril. L'objectif est de fournir au consommateur, comme pour tout produit de consommation courante, (statut officiel de la e-cigarette), l'assurance de la qualité et de la sécurité de l'ensemble du matériel qu'il utilise. toutes les règlementations finissent par favoriser le camp dont le lobbying est le plus puissant On s'en doute, il s'agit d'un travail de très longue haleine, tant les questions sont nombreuses et complexes, touchant tous les domaines, et concernant d'abord le matériel, les produits des recharges, en particulier les innombrables arômes disponibles, l'étude de leur toxicité potentielle, pour le vapoteur comme pour l'environnement… Or ce travail doit se faire de manière collégiale et par consensus avec l'ensemble des acteurs concernés… Mais qui sont-ils? La liste en est longue… L’INC, des associations de consommateurs, les Pouvoirs Publics (deux Directions Générales: de la Santé et de "la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes"), l'OFT, des fabricants et distributeurs de cigarettes électroniques, des industriels du tabac (Imperial Tobacco, Japan Tobacco International), et tous les laboratoires d'essais les plus pointus nécessaires aux analyses les plus sophistiquées


la cigarette électronique: une autre addiction ?

Le 27 février 2014

"Abandonner le tabac pour être libre… et retrouver une autre addiction?" Quel  risque de devenir dépendant de la cigarette électronique? La définition d'une addiction associe" l'Impossibilité répétée de contrôler un comportement et la poursuite de ce comportement en dépit de la connaissance de ses conséquences négatives". Quelles sont les conséquences négatives de la prise de nicotine au long cours? On connait bien ces fumeurs qui, ayant arrêté, continuent à consommer des gommes à la nicotine pendant de longs mois; aucun effet négatif n'a été relevé; ce n'est pas un problème de Santé Publique. Beaucoup de vapoteurs continueront à vapoter, pour leur plaisir, et progressivement sans nicotine, devenue inutile. C'est cette utilisation "récréative" qu'ils réclament, sans moralisation injustifiée et sans référence abusive au "principe de précaution". Utilisé correctement, le vapotage ne rend pas malade et facilite l'arrêt ; on ne compte plus les victimes du tabac…


Entre infos et intox, que sait-on vraiment de la nicotine?

Le 27 février 2014

La nouvelle règlementation qui va être proposée aux instances européennes pour la cigarette électronique est, pour l'essentiel, centrée sur la nicotine. Que lui vaut donc cet honneur? Trois idées simples à retenir, pour distinguer le vrai du faux. "La nicotine tue; la dose mortelle est de 60 mg". Faux ; la nicotine ne tue pas: cette valeur de 60 mg, venant d'une source datant de 1856, rapportée religieusement depuis par l'OMS et par d'autres sources aussi officielles, est en fait, totalement fausse; la dose létale théorique est plus de 20 fois supérieure, inaccessible en pratique au vapoteur comme au fumeur, sauf évidemment en cas d'intoxication volontaire ; la nicotine ne tue pas; c'est la fumée de tabac qui tue. Dans les faits, le consommateur s'arrête de lui-même quand son besoin est couvert, comme on s'arrête tout naturellement de boire (de l'eau plate…) quand on n'a plus soif. Ce réflexe est nommé "auto titration". Cela est vrai, tant pour le fumeur que pour le vapoteur: le besoin disparu, on ne tire plus sur sa "cigarette", électronique ou non


Cigarette électronique : faire de la nicotine une alliée ?

Le 27 février 2014

Les témoignages des vapoteurs , qu'on les retrouve sur leurs forums ou qu'ils vous le déclarent de vive voix sont suffisants pour vous convaincre qu'il se passe quelque chose au Royaume de la Tabagie; pourquoi et comment ça marche? Mais qui vapote? Les vapoteurs sont avant tout des fumeurs, plus rarement des ex-fumeurs; les non fumeurs sont encore plus rares; ceci est vrai, tant pour les adultes que pour les jeunes; pour ces derniers, quand ils sont non-fumeurs, il n'existe actuellement aucune preuve que le vapotage les amène à fumer. Ainsi, globalement, la cigarette électronique est essentiellement utilisée pour arrêter ou diminuer son tabagisme; elle n'apparait donc pas comme une porte d'entrée vers le tabagisme mais bien plutôt comme une porte de sortie. Plusieurs enquêtes françaises sont en cours, dont une à l'initiative de la Fondation du Souffle; il est peu vraisemblable qu'elles contredisent les enquêtes internationales. Le rôle de la nicotine, ou comment ça marche? La nicotine provoque le relargage de dopamine; ce neurotransmetteur est associé au "plaisir" ; il apparait en présence de toutes les substances dites psychoactives: cocaïne, amphétamines, héroïne…; la recherche compulsive de ce plaisir conduit à la dépendance. Ce schéma simple a ses limites, non discutées ici. Le rôle du pH de la fumée de tabac La cigarette électronique n'apparait pas comme une porte d'entrée vers le tabagisme, mais bien plutôt comme une porte de sortie Plus la pénétration de la nicotine dans le cerveau sera rapide, plus l'addiction est à craindre ; cette rapidité dépend du pH de la fumée de tabac ; s'il s'agit de tabac blond, le plus fumé, au pH bas, il faut au fumeur tirer fortement sur la cigarette pour gagner le poumon profond ; en quelques secondes, la nicotine atteint alors le cerveau; cette pratique est la plus addictive; à l'opposé, pour le tabac brun traditionnel, au pH plus élevé, et comme pour le tabac à pipe ou le cigare, l'absorption se fait au niveau de la muqueuse buccale, très aisément; pas besoin d'inhaler; mais la progression jusqu'aux récepteurs cérébraux est alors beaucoup plus lente. Et la cigarette électronique, pourquoi ça marche? Parce qu'elle fournit rapidement au cerveau la nicotine dont il a besoin. Après avoir tiré une bouffée sur la e-cigarette, la rapidité d'accès au cerveau dépend de facteurs multiples: concentration de nicotine dans la vapeur, mal corrélée avec celle de la recharge utilisée, nombre et profondeur des [&hellip


Une législation « intelligente » pour la cigarette électronique?

Le 24 janvier 2014

Jean François ETTER Professeur Associé à la Faculté of Médecine de l'Université of Genève est un des plus connus et plus respectés des professionnels de santé ayant travaillé depuis des années sur la cigarette électronique. Le thème qui lui avait été proposé au Sommet de Londres était d'une actualité brûlante: quelle législation pour la cigarette électronique? le principal danger est une législation excessive et inadaptée, et non la cigarette électronique La cigarette électronique pose un problème mondial ; légiférer sur la cigarette électronique dans l'UE sans tenter une harmonisation avec les EU n'a guère de sens; or dans ce pays la législation diffère suivant les Etats; la responsabilité du projet revient en fait à la FDA (Food and Drug Administration) qui avance avec une grande prudence, et sollicite actuellement l'avis des experts européens; elle doit rendre ses conclusions courant 2014. La Grande Bretagne a fait son choix: considérer la cigarette électronique comme un médicament, pour lui donner toutes garanties relevant de ce statut. Quelles sont toutes les options possibles? Elles tournent essentiellement autour de la présence de nicotine 1-"C'est un produit du tabac" On voit les pièges… La législation du tabac impose de nombreuses limitations à son usage (espaces publics, contrôle des addictifs, donc des arômes… ), même si la cigarette électronique ne contient pas de tabac…! La lutte contre le tabagisme comporte des informations expliquant les dangers: s'agissant de la cigarette électronique, que va-ton dire? Où sont les preuves? Et sur la toxicité du vapotage passif? Quant à l'interdiction de vente aux mineurs pour cause de nicotine, alors qu'ils ont depuis des années, à partir de 15 ans, un accès légal aux inhaleurs de nicotine? A l'évidence, la législation sur le tabac est excessive et inadaptée à la cigarette électronique et ses contraintes sont totalement disproportionnées. 2- "La cigarette électronique est un médicament" Pas si simple… On garantit alors la qualité du produit, son efficacité, sa non-toxicité; ses caractéristiques restent identiques et constantes dans le temps. Quelques problèmes à prévoir: les fournisseurs de cigarette électronique, prudemment, se gardent bien maintenant de réclamer le statut de médicament pour leurs produits; les demandes d'autorisation de mise sur le marché sont des démarches extrêmement coûteuses et longues; toute modification, même minime, par exemple concernant le matériel ou le contenu des recharges, oblige à recommencer la procédure, tuant toute innovation; le taux de nicotine est figé, même s'il est clair qu'il ne correspond [&hellip


Qui veut la peau de la cigarette électronique?

Le 23 janvier 2014

Antoine Flahault, professeur de santé publique et fondateur de l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique de Rennes, était l'un des deux Invités français au Sommet de Londres; il a profité de cette tribune pour émettre un vigoureux message, développé quelques jours plus tard dans la presse écrite. Antoine Flahault a sévèrement argumenté les décisions prises par le Parlement Européen le 18 décembre dans son article 18, qui faisait mine de s'abriter sous le parapluie du principe de précaution, sous le prétexte que le vapotage pourrait représenter une passerelle vers le tabagisme. "Tout montre que la cigarette électronique représente un danger qui préoccupe particulièrement les instances européennes"


La Cigarette électronique (trop) « encadrée » par Bruxelles?

Le 29 décembre 2013

On attendait avec inquiétude cette dernière réunion de Bruxelles du 18 décembre, qui devait mettre un point final au programme de lutte contre le tabagisme de l'UE avant la fin de l'année. Rencontre de trois structures aux compétences variables, aux avis divergents, censées n'avoir qu'un seul but: protéger au mieux la santé des citoyens européens vis-à-vis du tabagisme ( le Conseil des ministres, représentant les 28 États membres de l'UE, le Parlement européen, la Commission spécialisée jouant le rôle d'intermédiaire). Qu'est-il sorti de dernière session de négociation menée dans une ambiance passablement houleuse? Une réglementation tatillonne, embrouillée, confuse…en particulier sur la cigarette électronique


Si on fumait le calumet de la paix?

Le 29 décembre 2013

Vapoteurs et Office Français de prévention du Tabagisme: une rencontre "improbable" Le 13 décembre dernier, l’Office français de prévention du tabagisme (OFT) et les associations de vapoteurs , l’Association indépendante des utilisateurs de cigarette électronique (Aiduce), le Collectif des acteurs de la cigarette électronique (Cace) se sont rencontrés à l’Institut national de la consommation (INC) pour discuter de l'avenir de la cigarette électronique. Parmi tous les problèmes que pose la cigarette électronique, quatre urgences : Mieux informer le public sur le produit qu'il achète, en particulier sur l'étiquetage Obtenir un label "officiel" de qualité, Mettre en place un observatoire de la cigarette électronique : qui vapote, et pourquoi, quels bénéfices observés… Améliorer la formation des vendeurs; ils doivent non seulement connaitre leurs produits, mais aussi savoir ce qu'est l'addiction au tabac, sa complexité, et s'adapter à la diversité du public qui les "consulte"! Commentaires Une initiative heureuse et inattendue Que de chemin parcouru en un an! Ne boudons pas notre plaisir devant ce rapprochement inattendu qui devrait servir d'exemple. Cette volonté commune de se parler, dans le but d'harmoniser le message, destiné tant au public qu'aux professionnels, va demander beaucoup de bonne volonté réciproque pour écarter les divergences initiales! Notons un absent au débat: les buralistes… Admirons sans réserve cette initiative française, heureuse, et inattendue, au sein d'une Europe de la cigarette électronique plus divisée que jamais… D'autant plus que le ciel se couvre, à l'Est!


Deux mauvaises nouvelles

Le 9 décembre 2013

La première, largement relayée par tous les médias, a surpris tout le monde: alors que l'année finissante avait été émaillée de statistiques alarmantes sur le tabagisme des jeunes, de débats contradictoires sur la cigarette électronique, de déclarations officielles de notre ministre Marisol Touraine, sur les moyens d'assurer la protection de la Santé de nos concitoyens, qu'apprend-t-on? L'application en France des normes européennes se traduit par l'autorisation d'importer en toute légalité beaucoup plus de tabac qu'antérieurement; or ces dispositions, votées par nos députés dépassent très largement les minima indicatifs proposés par la directive de l'Union européenne. Pourquoi? Par ailleurs le refus de taxer les profits des cigarettiers, dans le but d'alimenter le budget de la prévention contre le tabagisme et celui de la Sécurité Sociale, confrontée aux les énormes dépenses consacrées en partie à soigner les victimes du tabac. On s'interroge sur la cohérence de cette politique, sur l'information objective des décideurs, sur les raisons qui orientent leurs choix… La Fondation du Souffle, à laquelle adhère le Réseau Prévention Tabac de Côte d'Or, a émis le texte suivant. Bonne lecture. Crédit photo: Jenn Dyer - Flickr


Ne vous laissez pas avoir par le tabac !

Le 9 décembre 2013

La fondation du souffle - Paris, le 5 décembre 2013 Deux décisions prises mercredi par les députés alarment la Fondation du Souffle: approbation de l’abrogation des quotas d’importation frontaliers de cigarettes sur le territoire et rejet d’une proposition de taxer l’industrie du tabac sur ses profits et d’affecter les recettes ainsi obtenues à la prévention du tabagisme. Nous ne pouvons accepter de tels choix politiques, évidemment dictés par d’autres intérêts que la santé publique, qu’ils viennent de l’Europe ou des élus et décideurs français. N’oublions pas que 73 000 décès par an dans notre pays sont imputables au tabac, 20 fois plus que de morts sur nos routes ; la BPCO (Broncho pneumopathie chronique obstructive) qui est due au tabac 9 fois sur 10, touche 3,5 millions de personnes en France et nécessite 100 000 hospitalisations chaque année


La victoire des vapoteurs !

Le 11 octobre 2013

Le mardi 8 octobre 2013,  le Parlement européen a approuvé une nouvelle législation visant à rendre moins attractifs les produits du tabac. Il a refusé de classer la cigarette électronique comme un médicament, qui se trouve de ce fait classée comme un "produit de consommation courante" et accessible via les circuits actuels. C’est une grande victoire pour les vapoteurs, qui ont obtenu le soutien de beaucoup de tabacologues, désormais convaincus de l’intérêt de cette méthode "non orthodoxe" dans la lutte contre le tabagisme


Financement de la sécurité sociale 2014 : les fumeurs concernés ?

Le 29 septembre 2013

D’après le projet de loi de financement de la sécurité sociale, présenté par Marisol Touraine le 26 septembre dernier, notons deux propositions qui peuvent intéresser les fumeurs : le meilleur remboursement des substituts nicotiniques pour les jeunes de 20 à 25 ans ( la classe d’âge où on fume le plus )et l’amélioration de l’accès à ces produits que les sages-femmes pourront prescrire à la femme enceinte mais aussi à son conjoint.  pas de taxes prévues sur la cigarette électronique : reviendrait-elle en grâce ? à suivre donc


Bienvenue sur notre nouveau site!

Le 15 septembre 2013

Bonjour, ami visiteur, vous qui pour la première fois allez découvrir ce site. Le Réseau Prévention Tabac de Côte d'Or a fêté en 2012 ses dix ans d'existence; vous verrez son histoire, dont les racines remontent à 1988; il regroupe de nombreux organismes, associations et institutions concernés par la lutte contre le tabagisme. L'année dernière à l'occasion de la Journée Mondiale Sans Tabac, nous avons lancé un site évènementiel sous le même nom; mais le moment est venu de créer un site permanent. Sorti du port pendant l'été, il navigue maintenant en haute mer, en pleine tempête médiatique sur quantité de sujets sensibles concernant le tabac


La cigarette électronique est-elle un médicament contre le tabagisme ?

Le 15 septembre 2013

Voilà qui ne simplifierait pas les choses… En France et en Europe, l’évaluation de données du dossier d’AMM(Autorisation de Mise sur le Marché) qui garantit la qualité, la sécurité et l'efficacité des médicaments est effectuée selon des procédures d’accès au marché définies très précisément dans la réglementation européenne. En pratique, cela voudrait dire valider la cigarette électronique par des études longues et coûteuses, à répéter après chaque modification, même minime, du matériel et de ses composants; or ils sont sans cesse en évolution car soumis à la concurrence acharnée des marques, au bénéfice du consommateur. La vente, comme pour tout médicament dans notre pays, se ferait alors exclusivement en pharmacie. Ce frein formidable à la diffusion de la cigarette électronique réunirait donc paradoxalement dans le même camp des professionnels de santé, et le lobbying très actif des industriels du tabac… Il faut donc conserver à la e-cigarette son statut de "produit de consommation courante" soumis à des règles existantes, et si nécessaire encore plus rigoureusement appliquées. On connait la très faible toxicité potentielle des vapeurs des cigarettes électroniques par rapport à la fumée des cigarettes de tabac. On sait par ailleurs que nombre de fumeurs diminuent ou arrêtent leur consommation de tabac. Si l’on ne fait rien, de nombreux fumeurs mourront de leur tabagisme avant que des études (mais les quelles?) aient innocenté la cigarette électronique… Comment sortir de ce dilemme, compliqué encore dans la CEE par des prises de position et des législations nationales variées qui vont jusqu'à interdire la e-cigarette ? Prudemment, le Parlement Européen a décidé de repousser d'un mois le vote des députés sur la Directive tabac. Pendant ce temps les vapoteurs se mobilisent, et rappellent à tous que ce sont aussi des électeurs; ils sont devenus maintenant plus nombreux que les chasseurs…


Les images « gore » sur les paquets sont-elles efficaces ?

Le 10 septembre 2013

En France comme dans de nombreux pays, suite à l'interdiction de la publicité pour le tabac, le packaging est devenu le seul support de communication disponible pour les cigarettiers. Depuis 2011, suivant les recommandations de l'OMS, les paquets de cigarettes comportent au dos des photos associées à leur message sanitaire, et au recto un slogan simple: "Fumer tue" ou "Fumer nuit gravement à votre santé et à celle de votre entourage". Est-ce efficace, en particulier chez les jeunes? Selon une étude britannique du 5 septembre dernier (Tobacco Control) le résultat est mitigé; l'étude réalisée en 2008 et répétée en 2011 a concerné un millier de jeunes âgés de 11 à 16 ans, en grande majorité non fumeurs; les images n'avaient quasiment aucun impact sur les fumeurs réguliers; mais les non-fumeurs et les fumeurs occasionnels étaient nombreux, plus encore en 2011 qu'en 2008, à les trouver dissuasives. Pour un fumeur régulier le fait de déclarer qu'il "ne fait plus attention à l'image" et qu'il "ne la regarde même pas" traduit souvent le malaise qui précède l'envie d'arrêter même s'il doit en en rester là. Peut-on faire mieux? Le paquet "neutre" ou "standardisé" Depuis le 1er décembre 2012 tous les paquets de cigarettes vendus en Australie ont désormais la même apparence : couleur vert olivâtre sombre: disparition du code couleur (bleu pour les "light") et taille identique: plus de paquets allongés aux couleurs douces conçus pour les femmes une image "choc" occupant 50% de la face, surmontée de son message sanitaire écrit en caractères standardisés, comme le nom de la marque, placé sous l'image. Par comparaison avec un paquet normal, des cigarettes identiques une fois emballées dans un paquet neutre sont trouvées moins agréables au goût, et jugées plus dangereuses pour la santé. Les testeurs sont des fumeurs, adolescents et adultes des deux sexes.   Le paquet: un objet "jeune" Le jeune qui commence à fumer ne recherche pas tant une première bouffée qui fait tousser qu'un signe de "classe", qui facilite son intégration et le valorise aux yeux de tous, comme le dernier vêtement ou le gadget électronique à la mode; les cigarettiers le savent : le paquet peut jouer ce rôle; mais pas le paquet neutre…La recherche de l'estime de soi doit passer par d'autres valeurs... faire peur, culpabiliser, voire humilier n'est pas une garantie d'efficacité. Qu'en pensent les cigarettiers? "Attaquer l’apparence d’un produit peut affecter les ventes et sérieusement mettre [&hellip


Histoire de fumeur :
cas clinique n°1

Le 8 septembre 2013

Ici vous trouverez des histoires courtes vécues par des professionnels ayant accompagné des fumeurs dans leur démarche. Elles invitent à la réflexion... Cas clinique N°1 Pierre, 57 ans,  personnage charismatique Pierre, 57 ans, responsable et animateur d’une MJC, personnage charismatique, grand communicateur, est très gros fumeur, de très longue date. N’ayant jamais arrêté, il se trouve confronté à la législation dans une structure sans tabac, et en porte à faux dans le rôle d’exemplarité qui devrait être le sien ; il demande de l'aide pour s'arrêter de fumer. Le tabacologue évoque avec lui sa participation à un groupe d'aide à l’arrêt du tabac, pour qu'il puisse bénéficier par les échanges d'expérience de la dynamique et du soutien d'autres fumeurs. Pierre demande le temps de réfléchir. Lors de la 2ème consultation, il déclare : "l’équipe qui m’entoure fume aussi ; je pense que je vais accepter votre proposition d’être l'animateur de ce groupe". Plusieurs réflexions  : on assiste à une sorte de déni de ses propres problèmes et à une fuite devant la réalité : or c’est ici lui qui est en cause,  ce ne sont pas les autres. Pierre tient à ne pas sortir de son statut: c’est la vedette. dans le cas de Pierre, les probabilités d'arrêt sont faibles, s'il n'y a pas de prise en charge psychologique pour remise en question du personnage derrière lequel il s'abrite. la démarche de Pierre est totalement différente de celle, par exemple, des Alcooliques Anonymes : ces personnes sont sorties de leur addiction ; elles sont devenus abstinentes ; elles décident alors modestement d'aider les autres, en partageant avec eux leur expérience. Epilogue : C’est sans surprise qu'on ne revoie plus Pierre à la consultation; il ne donne pas de nouvelles, même sollicitées par courrier et par téléphone.  


Cigarette électronique : quand 60 Millions de Consommateurs dérape…

Le 28 août 2013

L'article paru dans 60 MILLIONS DE CONSOMMATEURS, N° 485 de septembre 2013 vient de jeter le trouble sur un fait qu'on pensait bien établi, de façon non seulement hexagonale mais largement admise en Europe (Royaume Uni en particulier ) et aux EU (Food and Drug Administration) : la cigarette électronique est beaucoup moins nocive que la cigarette conventionnelle. Or, nous dit 60 MILLIONS, à la suite des résultats de son "approche originale", les Pouvoirs Publics devront désormais tenir compte des risques intrinsèques liés à l'inhalation des vapeurs des E-cigarettes ainsi que des incertitudes sur son usage à long terme. Le Pr. Louis Jeannin réagit: Cette déclaration a fait grand bruit, venant d'une revue que j'apprécie pour sa vision éthique et écologique des problèmes que rencontre le consommateur. J'ai personnellement adressé aussitôt au Rédacteur en chef de 60 MILLIONS la mise au point suivante: D'après de nombreux témoignages, l'accueil des consommateurs, presque exclusivement fumeurs, adultes ou jeunes, est enthousiaste; beaucoup diminuent leur consommation; certains s'arrêtent, parfois surpris de l'avoir fait sans effort; mais l'efficacité à long terme est bien sûr inconnue: comme dans toute conduite addictive, il n'y a pas d'outil "miracle". Quelles sont donc les découvertes de 60 MILLIONS? Le fait d'avoir pu trouver dans certains kits des molécules potentiellement cancérigènes, "à des taux qui flirtent parfois avec ceux des cigarettes conventionnelles", pouvant contenir du formol, polluant de l'air intérieur, de l'acétaldéhyde, de l'acroléine ainsi que "des métaux potentiellement toxiques", à l'état de traces. Mais cela doit-il faire conclure qu'en vapotant on troque un produit toxique, le tabac (73.000 morts/an, dont environ 25.000 cancers des voies aériennes), pour un autre, la cigarette électronique, avec le même taux de risque ? Sûrement pas! Le fait que certaines étiquettes soient trompeuses : c'est regrettable; pour autant, trouver une teneur en nicotine à 10 mg/ml alors qu'elle est affichée à 16mg, cela rend-t-il le produit plus toxique? Le consommateur s'ajustera à son besoin, comme il le ferait s'il utilisait un inhalateur de nicotine vendu en pharmacie. Heureusement des mises au point-assez claires et fermes- sur les principales chaines de TV ont réaffirmé qu'il vaut mieux vapoter que fumer… Bien sûr, un cadre règlementaire est nécessaire, concernant en particulier le contrôle de traçabilité et de qualité de tout produit destiné à être inhalé; il est prévu. L'intérêt des différentes marques, dont la concurrence est féroce, va dans ce sens. En définitive, que ressort-il de [&hellip


« Avez-vous peur de votre cigarette? »

Le 21 août 2013

Faire peur, est-ce efficace? Des mesures spectaculaires prises par différents pays imposant sur les paquets de cigarettes l'inscription de slogans et d'images-choc jouent sur la peur; l'efficacité de ces mesures qui interviennent rarement seules est d'évaluation difficile. L'information et la "dé-normalisation" du tabac dans ces 50 dernières années ont été suffisantes pour que chacun soit conscient du "risque de maladies graves" liées au tabac; bien sûr pour le fumeur dépendant cela ne suffit pas à provoquer l'arrêt; mais qui ignore le risque sanitaire? Y a-t-il encore des fumeurs "heureux", véritablement "non concernés" par les dangers du tabac? Certes il existe des fumeurs occasionnels, peu exposés au tabagisme, qui fument en empruntant une cigarette à l'ami fumeur ; d'autres sont fumeurs de pipe qui, allumée ou pas, ne les quitte jamais. Les arguments sont souvent les mêmes, faisant référence à son environnement: "Mon grand père…Mon voisin… est mort presque centenaire; or il fumait tous les jours" C'est ignorer qu'à 85 ans, 33% des non fumeurs sont encore en vie, alors qu'il ne reste que 8% des fumeurs. Pariez-vous toujours sur l'exception? Par contre, 80 % des fumeurs désirent s’arrêter; parmi eux, plus d’un tiers a fait une tentative sérieuse dans les 12 derniers mois. Les autres sont souvent dans le déni: " Je ne veux pas savoir" la peur ne suffit pas à provoquer l'arrêt Mais pourquoi? Par peur… Ainsi le fumeur se trouve-t-il dans une ambigüité fondamentale, basée sur le sentiment désagréable d'un comportement qu'il sait non souhaitable, nourri par un sensation lancinante de culpabilité. Comment sortir de là? Il faut juste avoir le courage et la simplicité de se faire aider par un professionnel qui vous accompagnera dans cette démarche, sans jugement, comme un ami sur qui s'appuyer dans une traversée difficile. Avec lui vous débrouillerez ce sentiment d'inconfort: De quoi sont faites ces peurs? la peur de perdre le soutien de la cigarette quand elle marque tous les instants de votre vie : la pause, l'attente, le changement d'activité, le coup de "blues" la peur d'un nouvel l'échec lors d'une tentative d'arrêt la peur de la reprise après quelques semaines ou mois d'efforts répétés la peur de revivre une expérience pénible: "J'ai pris 10 Kg que je n'ai jamais perdus" ou " Je ne dormais plus; j'étais à crans; j'étais odieux avec tout le monde" La peur de donner le mauvais exemple La peur de faire du mal [&hellip


La cigarette électronique contribue-t-elle au redressement des finances de la France ?

Le 18 août 2013

Le tabac coûte cher à la France: 48 Milliards d'€ par an, soit 3 % de notre PIB, ou l'équivalant de la dette du pays ; toute baisse du tabagisme vient donc en diminution de ce fardeau; mais en diminuant le tabagisme, on diminue aussi les recettes liées au tabac. Nombreux sont les fumeurs qui-de la déclaration même des tabacologues de terrain-ont diminué, voire arrêté leur consommation de tabac depuis qu'ils "vapotent". L'explosion du commerce de la cigarette électronique joue-t-elle un rôle dans ce contexte économique? Sur le plan purement économique, les bénéfices liés au vapotage sont certains : • pour l'ex fumeur d'abord; plus on est pauvre, plus on fume. Devenu "vapoteur", son pouvoir d'achat sera amélioré, pouvant atteindre 2400€ par an pour une consommation d'un paquet/jour (soit deux mois de salaire s'il est payé au SMIC), après déduction du coût de l'utilisation du matériel, fonction en particulier de la consommation et du renouvellement des consommables. Le tabac coûte cher à la France : 48 Mds d'euros par an, soit 3 % de notre PIB ; toute baisse du tabagisme vient donc diminuer ce fardeau • pour le commerce en général, en ces temps de crise: on observe actuellement le développement extrêmement rapide de chaines de boutiques spécialisées, créatrices d'emplois variés; peu de petites entreprises peuvent en dire autant. Une société française fortement exportatrice produit des arômes de qualité • pour l'employeur quel qu'il soit, puisqu'il est établi que le non fumeur est plus productif, fait moins de pauses, et des pauses moins longues, est moins souvent arrêté pour maladie, que le fumeur • pour l'Assurance Maladie, d'abord à court terme, par la diminution des arrêts de courte durée pour les maladies saisonnières, plus sévères chez les fumeurs; à long terme ensuite par la baisse du coût énorme du traitement des maladies chroniques graves liées au tabac. • pour les Finances Publiques enfin, dont les pertes liées aux revenus annuels tirés de la vente du tabac (environ 15 Milliards d'€) pourraient être rapidement compensées : d'abord par l'augmentation déjà programmée des taxes sur le tabac, ensuite par les économies liées aux dépenses de santé- enfin par des mesures financières nouvelles; celles-ci pourraient concerner -par exemple -les revenus exceptionnels tirés de la vente des cigarettes électroniques et la suppression des mesures "transitoires" d'accompagnement des buralistes, suppression déjà recommandée par la Cour des Comptes en décembre 2012. Seuls seraient perdants les [&hellip


Jeune, es-tu déjà piégé par le tabac?

Le 10 août 2013

"Fumer tue": Aucun jeune ne l'ignore, c'est marqué sur le paquet, accompagné d'une image "gore" pour souligner le message… Mais chacun pense qu'il a le temps pour s'arrêter, et qu'il le fera quand il le voudra. Et si c'était faux, et s'il était déjà piégé? Comment savoir, et lui faire savoir, qu'il a peut-être déjà franchi la ligne rouge? Le test de HONC tente de répondre à cette question. L'initiation au tabagisme est le fruit de circonstances dont le jeune n'est pas responsable: en particulier interviennent à différents degrés son environnement tabagique, la qualité du système éducatif dont il a bénéficié et bien sûr le matraquage publicitaire des cigarettiers dont les jeunes sont la cible privilégiée. La rencontre trop facile avec le tabac, l'exemple et la tolérance des adultes, surtout s'ils sont fumeurs, l'absence d'interdits clairs et respectés, les incohérences dans l'application des règlements… sont autant d'entraves au respect de la loi par les jeunes, à un âge où le besoin de s'affirmer s'exprime avec tant de force par la prise de risques et en bravant les interdits. Plutôt que de stigmatiser un comportement, demandons à l'adolescent "Te sens-tu libre et autonome, ou au contraire prisonnier de ta cigarette?" Lui proposer de faire cette analyse, c'est l'amener à s'interroger sur la façon dont il se voit face au tabac, et c'est lui ouvrir la perspective de prendre son destin en main. Le Hooked on Nicotine Checklist (HONC), test utilisable aussi chez l'adulte, comporte 10 questions; il permet de mesurer la perte d'autonomie des adolescents envers le tabac. ("Hooked": "accroché"," comme avec un hameçon"). On y explore les trois dimensions de l'addiction au tabac: Faire quelque chose que tu ne désires pas faire As-tu déjà essayé d’arrêter de fumer, mais sans succès? Fumes-tu toujours parce que c’est trop difficile d’arrêter? As-tu déjà ressenti que tu étais dépendant du tabac? Tes difficultés à ne pas fumer dans certaines circonstances As-tu parfois une forte envie, intense, de fumer? As-tu déjà ressenti que tu avais vraiment besoin d’une cigarette? Est-ce difficile pour toi de ne pas fumer dans les endroits où c’est interdit? Des symptômes liés au sevrage Quand tu as essayé d’arrêter de fumer… ou quand pour quelque raison que ce soit, tu n’as pas fumé depuis un certain temps…: As-tu trouvé difficile de te concentrer parce que tu ne pouvais pas fumer? Te sentais-tu plus irritable parce que tu ne pouvais pas [&hellip


Les limites du Test de Fagerström

Le 31 juillet 2013

La retraite de Karl Fagerström en 2011 marque-t-elle la fin du si célèbre "Test de Fagerström"? Ce test est le plus ancien; inventé en1978, par un médecin suédois Karl Fagerström, le nom du test a évolué avec l'évolution des connaissances sur le tabagisme. D'abord Questionnaire de tolérance de Fagerström, puis Test de dépendance à la nicotine en 1991, il est devenu au moment de la retraite de K Fagerström en 2011 Test de dépendance à la cigarette, "Avez-vous quelque chose à déclarer?" Fagerström précisait que le test n'a effectivement été validé que pour la cigarette et non pour les autres utilisations du tabac; par ailleurs l'auteur soulignait que outre le fait que le rôle de la nicotine dans la dépendance était mis en question, bien d'autres facteurs, en particulier psycho-sociaux, intervenaient dans la dépendance au tabac. Des avantages Ce test est le plus usuel: un fumeur déjà "testé" et qui consulte à nouveau peut aisément avoir mémorisé un résultat antérieur, comme on se souvient de son poids. Il a pour lui sa simplicité, rendue encore plus évidente si on utilise un test en deux questions (voir "test court"); il est reproductible: deux questionnaires successifs pratiqués dans un délai bref donnent, en principe, des résultats identiques ; il livre un instantané: la situation "actuelle". Il faciliterait le traitement médicamenteux: pour certains spécialistes il débouche, pour le fumeur adulte, sur des indications thérapeutiques codifiables, qui permettraient de délivrer des produits de substitution nicotinique (patchs, gommes …) de façon "adaptée" à chaque fumeur. Il n'est cependant pas exempt de pièges Les pièges des réponses: bien des fumeurs "grippés" ne se mettent pas au lit quand ils sont malades. Avant de voir un film de trois heures, un fumeur dépendant prend ses précautions et fume 3 à 4 cigarettes avant d'entrer; à la sortie, il se précipite pour en allumer d'autres… Le changement de mode de vie: le Ramadan minore le score; pas de tabagisme le matin, et nombreuses cigarettes après le coucher du soleil; le travail posté avec ses variations peut influer sur la consommation, de même que les vacances Le moment où est passé le test dans l'histoire du tabagisme : quelle valeur retenir chez un fumeur en pleine phase d'arrêt? Ce test est déclaratif: "Avez-vous quelque chose à déclarer?" On ne répond pas forcément de la même façon au médecin du travail avant une visite d'embauche et au professionnel auquel on [&hellip


Suis-je dépendant au tabac? Comment savoir?

Le 23 juillet 2013

Il est intéressant de disposer d'un test chiffré, objectif, qui vous donne la même information que lorsque vous vous posez la question "ai-je pris du poids?" et que vous lisez la réponse sur votre balance. Le test de Fagerström veut répondre à votre question; c'est le plus ancien, le plus connu, et le plus mondialement utilisé Le Test de Fagerström: 6 questions Score sur 10   Comment l'interpréter? Le nombre de cigarettes fumées est une dimension à laquelle le fumeur attache beaucoup d'importance, pensant que cela exprime le niveau de risque auquel il est exposé Les questions 1, 3, 5 concernent le moment où l'on fume et en particulier celui de la première cigarette: "Au réveil, j'ouvre un œil, et avant d'ouvrir l'autre, j'allume ma première cigarette"; cette précocité est le témoin du besoin de l'organisme qui réclame sa nicotine, dont le taux a chuté durant la nuit (en l'absence, bien sûr, de tabagisme nocturne!). Les questions 2, 4, 6 concernent votre "comportement", vos habitudes avec cette compagne qui sait se rendre indispensable; le nombre de cigarettes fumées dans la journée est une dimension à laquelle le fumeur attache beaucoup d'importance, pensant que cela exprime le niveau de risque auquel il est exposé. Mais ce test a ses limites; c'est une simple information comme celle de lire l'heure: elle ne vous dit pas ce que vous allez faire après !


Cigarette électronique : « vapoter », c’est dangereux?

Le 20 juillet 2013

Ces derniers mois, la cigarette électronique, dont le marché se développe de façon quasiment exponentielle dans le monde depuis des années, est apparue brusquement dans notre espace public comme un problème de société; 6 millions de personnes, essentiellement des fumeurs, l'ont essayé, et un million d'entre eux l'utiliseraient régulièrement; notre ministre de la Santé alertée s'est fait obligation, après enquête, à prendre des mesures concernant la limitation de son usage



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