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Que deviennent les vapoteurs ?

Cigarette électronique

Publié le 19 novembre 2013

On sait que les adultes utilisant la cigarette électronique sont quasi exclusivement soit des fumeurs actuels, soit d’anciens fumeurs redoutant la reprise. Mais que se passe-t-il après, dans la durée? Jean -François Etter tente de répondre à cette question.

"les e-cigarettes peuvent contribuer à la prévention des rechutes chez les anciens fumeurs et au sevrage tabagique chez les fumeurs actuels"

L'étude de Jean -François Etter ( Institut de médecine sociale et préventive, Faculté de médecine de Genève) parue dans Addictive Behaviors porte sur les changements de comportement vis-à-vis du tabac des utilisateurs de cigarette électronique ("vapoteurs").

Les participants se sont inscrits sur un site dédié à l'e-cigarette et au sevrage tabagique. Sur 1000 volontaires inscrits, seuls 477 ont été retenus.

Ils répondent à trois questionnaires: au départ, au bout d'un mois, et un an plus tard;
les questions portent sur l'utilisation de la cigarette électronique, la consommation de tabac, l'arrêt ou la reprise éventuelle du tabagisme.

  • Au départ, ce sont des vapoteurs avertis, utilisateurs depuis au moins trois mois, tirant en moyenne 150 bouffées par jour de leur e- cigarette, garnie de cartouches contenant aux alentours de 16 mg / ml de nicotine.
  • À un mois et un an, on constate que le comportement vis-à-vis de la cigarette électronique n’a pas beaucoup évolué : elle est toujours utilisée, et aussi intensément.

Mais quel était le statut de ces vapoteurs ? Fumeurs repentis, ou fumeurs actuels ?

La plupart des participants (72%) étaient d'anciens fumeurs ; ceux qui vapotaient tous les jours ont très peu rechuté : 6 % seulement après un an.

Parmi les fumeurs actuels (28%), près d’un quart avait arrêté après un mois et près de la moitié après un an : 46%. Pour ceux qui n’ont pu arrêter, le nombre de cigarettes résiduelles était faible : cinq/jour en moyenne.

Commentaires

Ces résultats ne peuvent bien sûr être généralisés, tant les conditions de recrutement sont sélectives et supposent un haut degré de motivation. Par ailleurs les anciens fumeurs sont sur représentés.

Le taux d’arrêt chez les fumeurs au bout d’un an est pratiquement le double de ce qu’on observe dans une population de fumeurs désirant s’arrêter et suivant une prise en charge conventionnelle.
Mais le plus étonnant reste le cas des anciens fumeurs, hantés par le risque de reprise, et pour lesquels, pour des raisons diverses, on fait souvent très peu ; pour autant, leur contexte n’a pas forcément changé, et toutes les circonstances facilitant la reprise sont bien souvent toujours présentes ; il n’existe aucun traitement médicamenteux évitant la rechute, si désespérante et anxiogène ; ici, le taux de reprise observé est extrêmement bas : 6% à un an ; soulignons que parallèlement le vapotage reste inchangé : toujours 150 bouffées/jour en moyenne.

Cette démonstration est à retenir : pour ne pas refumer, faites-vous conseiller : vapoter peut vous être très utile ; c’est sûrement bien plus sain, plus rassurant, plus plaisant … et plus économique que de reprendre la "tueuse"!

Cet article a été rédigé par le RPT21.
Pour toute copie complète ou partielle il est indispensable d'en faire la demande.


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