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Peut-on améliorer la cigarette électronique ?

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Publié le 22 décembre 2014

 " la satisfaction du consommateur relève d'un équilibre subtil entre deux composantes: le sensoriel et la qualité du matériel"

Riccardo Polosa dirige le centre de recherche de l'université de Catane, Italie; responsable scientifique de la Ligue Italienne anti tabac, il est l'un des experts européens les plus réputés en matière de cigarette électronique, développant une recherche à la fois théorique et pratique originale.

La place de la nicotine dans l'aide à l’arrêt du tabac: Étude ECLAT

Cette étude propose à des fumeurs n'ayant pas l'intention d'arrêter trois cigarettes électroniques d'aspect identique, mais avec des dosages de nicotine différents, attribuées par tirage au sort: A=24 mg/ml de nicotine; B=18 mg/ml de nicotine et C= sans nicotine. A un an, les vapoteurs du dosage le plus fort sont 12% à avoir arrêté; ils sont 3% en l'absence de nicotine; le groupe  B est intermédiaire. Jusqu'ici, la logique est sauve.

Écouter les consommateurs!

Interrogés sur leur degré de satisfaction pour leur e-cigarette, ils sont vingt à trente pour cent à trouver le matériel compliqué, encombrant et trop lourd; alors que 70% du groupe C se plaignent d'un manque de goût. Dans le groupe A cette remarque ne concerne qu'un vapoteur sur quatre! On est loin du problème du dosage de nicotine…

Voilà l'étude, résumée à l'essentiel.

Quels enseignements peut-on tirer de cette expérience?

Le premier est certainement le niveau modeste d'arrêt. Mais pour des fumeurs apparemment non motivés, il est dans la moyenne de ce qu'on observe avec un traitement par substitution nicotinique seule.

Plus important : on voit que la satisfaction du consommateur relève d'un équilibre subtil entre deux composantes:

-d'une part celles qui font préférer la e-cigarette à celle de tabac (le goût, donc les arômes, et la nicotine): on est dans le "sensoriel" pur

-et d'autre part le sérieux du matériel: sa fiabilité et l'aisance de sa manipulation; on est dans le domaine du rationnel.

La e-cigarette du futur? Une grande marge d'amélioration

Faire la synthèse de ces éléments mène à imaginer un produit plus léger, moins encombrant, de manipulation et d'entretien plus faciles, possédant des réglages multiples pour s'adapter plus étroitement aux désirs du moment. On voit l'importance portée aux arômes, que veulent limiter les Directives Européennes…

Ces matériels de future génération, plus performants, devraient séduire de plus nombreux candidats, rebutés par la technique, ou par le manque de saveur; les progrès envisagés par R Palosa laissent espérer un nombre croissant de tentatives d'arrêt réussies dans des années proches, grâce à ces nouvelles e-cigarettes.

Devient-on "addict" à la cigarette électronique?

Apparemment non: 72% de ceux qui ont arrêté à la semaine 52 n'utilisent plus leur cigarette électronique.

C'est évidemment l'idéal pour celui qui, doutant encore que l'e-cigarette ne nous cache des dangers méconnus, veut rassurer totalement son entourage. Après tout, le poumon n'est pas fait pour inhaler des arômes de banane, de menthe ou de chocolat…La pollution atmosphérique lui suffit!

Un dernier commentaire

Les cigarettiers, à cette heure tous propriétaires de leur marque de cigarette électronique sont en train de développer toute une classe de nouveaux produits non-fumés. Nul doute qu'ils ne tirent le plus grand profit de ces études sur le comportement des vapoteurs! Nous y reviendrons.

 

Cet article a été rédigé par le RPT21.
Pour toute copie complète ou partielle il est indispensable d'en faire la demande.


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