Réseau Prévention Tabac de Côte d'Or - 1, rue Nicolas Berthot - 21035 Dijon Cedex - 03 80 63 68 36 - contact@rpt21.fr

Articles liés au mot clé "cas clinique"

Histoire de fumeur : cas clinique n°3

Le 31 octobre 2014

Ici vous trouverez des histoires courtes vécues par des professionnels ayant accompagné des fumeurs dans leur démarche. Elles invitent à la réflexion... Avoir des enfants ferait-il fumer ? Noémie, secrétaire à mi-temps dans une entreprise, est mère de deux petites filles de 5 et 7 ans. Fumeuse de longue date, elle consomme 30 cigarettes par jour. Sous la pression de son mari, ex- fumeur récent, et en prévision d'une intervention chirurgicale, elle souhaite arrêter sa fume. Elle décide de se faire aider. Une histoire de tabagisme atypique Lors de l'entretien avec un tabacologue psychothérapeute, elle précise avoir commencé au lycée, comme ses amies, puis poursuivi à la Faculté de Droit: 10 à 15 cigarettes / jour. Elle y a connu son mari, fumeur comme elle. Elle a diminué sans pouvoir arrêter durant ses deux grossesses. Tandis que son mari s'arrêtait "à cause des enfants", paradoxalement sa propre consommation s'est majorée. Elle fume au domicile en l'absence de ses filles, mais toujours sur le balcon quand elles sont là "pour ne pas les intoxiquer". Elle fume tôt le matin avant de les accompagner à l'école et de se rendre au travail. Elle y fait deux "pauses-cigarette" dans un espace prévu à cet effet par l'entreprise; puis elle reprend la cigarette dans sa voiture et va continuer à un rythme soutenu à domicile ; elle dit ralentir dès que ses filles rentrent de l'école; puis elle retrouve son rythme habituel le soir, quand ses filles sont couchées. Le tabacologue lui demande de faire, pour leur prochain rendez-vous, la liste de toutes les cigarettes fumées, en en précisant l'heure et les circonstances. Lors de cette deuxième consultation, en étudiant la liste, il apparait que Noémie fume d'avantage quand ses filles sont présentes. Etonnée, elle explique qu'en fait elle prend "une bouffée d'oxygène" en allant fumer sur le balcon. Réflexions sur ce tabagisme Noémie n'a pas une totale conscience de sa consommation de tabac, de ses conséquences, surtout familiales. Le couple est menacé. L'éducation des enfants est assurée par le père seul qui sait dire non quand cela est nécessaire et juste. Noémie prend conscience alors qu'elle se réfugie sur le balcon pour se soustraire aux multiples sollicitations de ses filles; les cigarettes sont pour l'essentiel des cigarettes "prétexte", au motif de ne pas les intoxiquer. La discussion qui s'en suit lui permet d'évoquer ses difficultés dans l'éducation de ses filles, et son incapacité [&hellip


Histoire de fumeur : cas clinique n°2

Le 31 octobre 2014

Ici vous trouverez des histoires courtes vécues par des professionnels ayant accompagné des fumeurs dans leur démarche. Elles invitent à la réflexion... Cas clinique N°2 UN PAQUET DANS LA POCHE: est-ce bien raisonnable? Juliette, 36 ans, célibataire, mais ayant un ami fumeur, est infirmière hospitalière. Très compétente et efficace, c'est une "meneuse". Un statut de leader que personne n'ose lui contester. Elle fume depuis 20 ans; 30 cigarettes par jour, dont plus de la moitié pendant ses heures de travail. Mais fumer coûte cher et n'a pas trop la cote à l'hôpital: Juliette y est sensible. Après plusieurs tentatives infructueuses sans soutien, médicamenteux ou autres, elle veut à nouveau arrêter. La consultation de tabacologie Un rendez-vous discret est pris avec un tabacologue hospitalier, qui apprécie le niveau élevé de dépendance, la motivation sérieuse, et résume ainsi le désir de Juliette "Vous voulez arrêter seule, sans gadgets. Mais vous avez peur de l'échec et plus encore peur du regard des autres, s'ils l'apprennent. Pourquoi alors les informer?" Pour ce faire, Juliette va garder un paquet de cigarettes bien visible qui lui permettra à la fois de gérer sa peur du manque et de camoufler son travail de sevrage. Elle évitera ainsi les éventuelles propositions malicieuses: "Tu en veux une?". C'est donc un défi, risqué, qu'elle se lance. Les suites Trois semaines plus tard, Juliette déclare que le "pari" est gagné; le paquet est intact; plus forte que l'addiction! Elle attribue tout naturellement ce succès à sa "volonté"; avis qui sera probablement partagé par un entourage admiratif. Réflexions Passer de 30 cigarettes quotidiennes à zéro, sans aide: la marche est bien haute… Juliette a des atouts : son haut degré de motivation; sa maturation, qui ne date pas d'hier: dans sa tête, elle était déjà prête. L'échec possible a été dédramatisé par le professionnel :"C'est un contrat avec vous-même. Ouvrir le paquet ne signifiera pas que vous n'avez pas progressé!" Attention cependant : Juliette, très fière d'elle, risque d'expliquer à d'autres en tentative d'arrêt l'importance de conserver un paquet de cigarettes pour apaiser les craintes liées au sevrage. Or on conseille évidemment toujours au fumeur de mettre toute cigarette hors d'atteinte, la sienne comme celle des autres, tant est obsédante en cas de dépendance forte l'envie d'en griller une. Méfiance, donc : le cerveau des addictions a d'autres outils… et les fumeurs "volontaires" ne réussissent pas mieux que les autres! Seul l'avenir dira [&hellip


Histoire de fumeur :
cas clinique n°1

Le 8 septembre 2013

Ici vous trouverez des histoires courtes vécues par des professionnels ayant accompagné des fumeurs dans leur démarche. Elles invitent à la réflexion... Cas clinique N°1 Pierre, 57 ans,  personnage charismatique Pierre, 57 ans, responsable et animateur d’une MJC, personnage charismatique, grand communicateur, est très gros fumeur, de très longue date. N’ayant jamais arrêté, il se trouve confronté à la législation dans une structure sans tabac, et en porte à faux dans le rôle d’exemplarité qui devrait être le sien ; il demande de l'aide pour s'arrêter de fumer. Le tabacologue évoque avec lui sa participation à un groupe d'aide à l’arrêt du tabac, pour qu'il puisse bénéficier par les échanges d'expérience de la dynamique et du soutien d'autres fumeurs. Pierre demande le temps de réfléchir. Lors de la 2ème consultation, il déclare : "l’équipe qui m’entoure fume aussi ; je pense que je vais accepter votre proposition d’être l'animateur de ce groupe". Plusieurs réflexions  : on assiste à une sorte de déni de ses propres problèmes et à une fuite devant la réalité : or c’est ici lui qui est en cause,  ce ne sont pas les autres. Pierre tient à ne pas sortir de son statut: c’est la vedette. dans le cas de Pierre, les probabilités d'arrêt sont faibles, s'il n'y a pas de prise en charge psychologique pour remise en question du personnage derrière lequel il s'abrite. la démarche de Pierre est totalement différente de celle, par exemple, des Alcooliques Anonymes : ces personnes sont sorties de leur addiction ; elles sont devenus abstinentes ; elles décident alors modestement d'aider les autres, en partageant avec eux leur expérience. Epilogue : C’est sans surprise qu'on ne revoie plus Pierre à la consultation; il ne donne pas de nouvelles, même sollicitées par courrier et par téléphone.  



Retour en haut de page ↑