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Dans la lutte contre le tabagisme, la France ne manque pas d’atouts.

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Publié le 23 avril 2016

Son passé plaide pour elle. Elle fut considérée comme un pays leader en Europe. Aurait-elle perdu son rang ?

La France est un des tous premiers pays avec le Royaume Uni à avoir adhéré dès 2003 à la Convention Cadre de Contrôle du Tabac (CCLAT), premier traité international de santé publique, et à se déclarer en 2005 pays opérationnel et actif.
Elle fut une des premières à légiférer contre le tabac : Loi Veil en 1976, loi Évin en1991, mesures de 2005, décret d’application en 2006...

La France a indiscutablement pris du retard

  • en partie par ses incohérences : intérêts financiers dans la vente du tabac ("Société d'exploitation industrielle des tabacs et allumettes" SEITA, monopole d’Etat). Elle a attendu jusqu’en 2000 pour se séparer de son capital
  • et en partie par l’emprise précoce et assidue des lobbies du tabac, présents dans les plus hautes sphères de l’Etat. Le plus redoutable étant Philip Morris International (PMI).

Ainsi le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, déclarait-il en 2010 devant les représentants de PMI "La France a également conclu des accords bilatéraux avec les principaux cigarettiers, afin de lutter de concert contre la contrebande et contre la contrefaçon".

Rajoutons le rôle de Bercy dont les règles très particulières qui président à la fixation des prix ménagent les avantages de tous, cigarettiers, buralistes, et les siens propres, puisqu’il n’a aucun intérêt à voir la consommation de tabac diminuer...

Tous ces faits sont connus de longue date,  et déjà largement dénoncés.

Actuellement notre pays crée des initiatives originales, dont beaucoup sont orientées vers la défense et la protection de la cigarette électronique. 

De plus en plus nombreux sont ceux qui pensent que grâce à elle le tabac pourrait disparaitre un jour.
Notre pays affiche le plus grand nombre de vapoteurs d’Europe ; il s’honore d’associations puissantes, dynamiques, appuyées par des professionnels du tabagisme.

Il  est à la source des normes AFNOR certifiant la qualité du matériel des e-cigarettes et des e-liquides, normes destinées à devenir européennes.
Il  soutient l‘initiative de Jacques le Houezec : réunir à Paris le 9 mai prochain tous ceux qui sont intéressés par la cigarette électronique, à la manière des grands sommets annuels organisés au Royaume Uni par la Royal Society depuis 2013 sur ce thème (the e-cigarette summit).

Le 1er Sommet de la Vape

Depuis quelques jours vient d’être dévoilé le portail internet d'informations et de conseils Addict'Aide.

Il s’agit d’un village virtuel, créé à l’initiative du Pr Michel Reynaud, président de "Actions Addictions".

Il est ouvert à tout public : consommateurs et ses proches,  professionnels de santé, chercheurs, journalistes...Il permet à chacun de trouver ce qu’il cherche de façon interactive ou à l’aide de supports variés. Son  but : rassembler toutes les compétences existantes pour prévenir et réduire toutes les formes d’addictions. Ce portail qui correspond à un besoin devrait recueillir un immense succès.

Confions le mot de la fin à Jean-Pierre Couteron, psychologue clinicien et président de la Fédération Addiction. Extraits d’une interview de Nathalie Dunand Le 11/01/2016

La cigarette électronique  fonctionne comme un outil de réduction des risques (RDR), parce qu’elle répond aux attentes des usagers.

Elle leur permet de faire évoluer un comportement dont ils ont identifié les effets négatifs mais sans pourvoir l’abandonner tout de suite, même en utilisant les offres de soin disponibles, qu’elle vient compléter et non concurrencer.

"un combat contre des personnes qui partagent le même souhait d’une société sans tabac"

Ma déception : nous trouver face à un combat  divisant aussi inutilement que maladroitement le camp de personnes qui partagent pourtant le même souhait d’une société sans tabac.

D’autres pays ont montré qu’il n’était pourtant pas si difficile de faire converger les actions.

Il est normal de légiférer sur l’e-cigarette

Mais il est utopique d’espérer que tout le monde se retrouve d’accord sur les mesures retenues. Doit-elle être prescrite, remboursée ou en accès libre? Comment continuer de la sécuriser, dans la suite des premières normes édictées ? Comment faire pour que ses distributeurs soient qualifiés?

Redistribuer les cartes de la connaissance

Les professionnels de santé devront accepter de partager leur expertise avec celle des usagers. Loin de nier les connaissances scientifiques, loin de s’éloigner des acquis de la médecine, ce continuum des savoirs les mettra en lien avec les savoirs des usagers et l’expérience de leurs modes de vie. C’est de là que viennent les succès de la RDR, sortir des "injonctions de santé" pour venir en alliance avec la démarche de l’usager, le sécuriser et l’accompagner. Les usagers de l’e-cigarette ont su s’organiser, et pour beaucoup, ils sont prêts à ce dialogue constructif.

En conclusion

La France est donc bien présente dans ce débat. Merci à l‘Etat de bien vouloir choisir son camp, en cohérence avec ses déclarations et avec les intérêts de ses concitoyens, pour faire entendre sa voix à Bruxelles lors de la réunion de la Commission sur les Directives Européennes.

Cet article a été rédigé par le RPT21.
Pour toute copie complète ou partielle il est indispensable d'en faire la demande.


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