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Les Etats-Unis face à la cigarette électronique

Cigarette électronique

Publié le 30 janvier 2015

Aux Etats-Unis le marché des cigarettes traditionnelles pèse 80 milliards de dollars. En comparaison, celui des cigarettes électroniques vaut deux milliards; un marché très convoité par les cigarettiers qui rachètent les brevets et entendent bien retrouver là une partie des gains perdus sur la vente du tabac. Car on fume de moins en moins: 17,8 % d'adultes américains fumeurs en 2013, taux le plus bas enregistré depuis qu'on tient des statistiques (1965).

 

Des résultats cependant très imparfaits

Le tabagisme, très présent chez les plus pauvres, fait des ravages dans les minorités ethniques noires et hispaniques; ces communautés ont leur préférence, bien analysées par les cigarettiers qui leur fournissent des produits ciblés (par exemple riches en menthol pour les populations noires).

"Plus longtemps il faudra attendre cette règlementation provisoire, plus longtemps les fumeurs continueront à inhaler une fumée mortelle"

Comment faire mieux?

Pour le ministre de la santé des Etats-Unis, il existe une feuille de route claire qui permettrait d’éradiquer l’épidémie de tabagisme: "Nous savons quoi faire pour mettre un terme à cette épidémie" :

  • augmenter considérablement les taxes sur les produits du tabac,
  • appliquer des politiques d’interdiction totale de fumer couvrant 100 % de la population : non seulement au travail, mais aussi dans tous les espaces publics, en voiture; les élus de Westminster, Massachusetts voudraient y voter l'interdiction totale de vente du tabac…
  • conduire des campagnes percutantes dans les médias

Mais pas un seul mot sur la cigarette électronique!

Le rôle des médias:

Plus qu'ailleurs toute information inédite, dérangeante, approximative, est aussitôt claironnée et relayée avant toute analyse de sa validité. Deux exemples récents: la déclaration à la radio d'un auteur japonais sur la toxicité d'un modèle d'E-cigarette, et celle du pouvoir cancérogène de la vape "10 à 15 fois supérieur à celui de la cigarette de tabac", heureusement aussitôt dénoncée comme expérience extrême, fantaisiste, sans valeur scientifique.

Mais cela laisse des traces dans l'opinion publique. Pas de surprise donc si les fumeurs nord-américains qui étaient 85% en 2010 à estimer la cigarette électronique "plus saine que la cigarette conventionnelle", ne sont plus que 65% trois ans plus tard...

Le statut de la cigarette électronique varie d'un État à l'autre

Si on ne peut pas vapoter dans les lieux publics comme les restaurants, les bars, les parcs ou les plages, la vente aux mineurs n'est pas interdite partout; la publicité reste possible. On conçoit le besoin d'une loi fédérale s'imposant à tous.

Une législation en gestation: le rôle de la toute puissante FDA (Food and Drug Administration)

Elle se heurte à la complexité de ses propres procédures, peaufinées depuis plus de trente ans.

Tout commence par une "demande initiale". Elle s'impose à "tout produit concernant le tabac", mais aussi à tout produit existant ayant subi une modification, même minime.

Lors de l'arrivée de la cigarette électronique, pour laquelle il n'existait aucune classification spécifique, le statut de "produit du tabac" a été retenu. Point fondamental. Elle a donc à faire la preuve de son innocuité et de son efficacité. On est au cœur du débat! On sait le nombre de travaux en cours, et leur énorme difficulté méthodologique…

Mais la FDA avance : depuis quelques jours est ouverte une période de consultations publiques d'un mois et demi, puis elle finalisera ses réglementations, prévues pour prendre effet dans deux ans.

Il semble que la FDA ne bannira pas les publicités sur le web ou télévisées, et n'empêchera pas non plus l'usage de saveurs, très populaires en particulier chez les jeunes.

Les difficultés à affronter

Le simple dossier de "demande initiale" nécessite d'investir environ 5000 heures de travail et 300.000 dollars. Seules les grandes compagnies peuvent y prétendre. On élimine ainsi 450 petits fabricants: une mine d'innovation perdue pour perfectionner et améliorer le matériel, sa commodité, sa sécurité d'emploi…

Comment faire pour "Affirmer clairement qu'il est plus sain de vapoter que de fumer"?

"La FDA veut-elle tuer la cigarette électronique?" titre dans le New York Times du 18 janvier dont elle est chroniqueur habituel le docteur SALLY L. SATEL, auteur de nombreux livres en Santé Publique. Elle y propose une idée lumineuse, comme beaucoup d'idées simples…

Une "règlementation provisoire", sans valeur légale, aux procédures allégées limitées à des marqueurs précis : traçabilité du matériel et des e-liquides, recensement des substances réputées dangereuses, telles l'acétaldéhyde, les métaux, pour vérifier qu'elles ne dépassent pas les "traces" habituelles et tolérées, emballages d'e-liquides sécurisés et précisant "Utilisation limitée aux fumeurs adultes"; enfin un registre destiné à la déclaration des évènements indésirables éventuels; bref, que du simple et du raisonnable…Car ce ne sont pas les normes de sécurité d'un Boeing qu'on discute ici!

Plus longtemps il faudra attendre cette règlementation provisoire, plus longtemps les fumeurs continueront à inhaler une fumée mortelle.

 Crédit photo : flicker / prayitnophotography

Cet article a été rédigé par le RPT21.
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