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Histoire de fumeur : cas clinique n°3

Cas clinique

Publié le 31 octobre 2014

Ici vous trouverez des histoires courtes vécues par des professionnels ayant accompagné des fumeurs dans leur démarche. Elles invitent à la réflexion...

Avoir des enfants ferait-il fumer ?

Noémie, secrétaire à mi-temps dans une entreprise, est mère de deux petites filles de 5 et 7 ans. Fumeuse de longue date, elle consomme 30 cigarettes par jour. Sous la pression de son mari, ex- fumeur récent, et en prévision d'une intervention chirurgicale, elle souhaite arrêter sa fume. Elle décide de se faire aider.

Une histoire de tabagisme atypique

Lors de l'entretien avec un tabacologue psychothérapeute, elle précise avoir commencé au lycée, comme ses amies, puis poursuivi à la Faculté de Droit: 10 à 15 cigarettes / jour. Elle y a connu son mari, fumeur comme elle. Elle a diminué sans pouvoir arrêter durant ses deux grossesses. Tandis que son mari s'arrêtait "à cause des enfants", paradoxalement sa propre consommation s'est majorée. Elle fume au domicile en l'absence de ses filles, mais toujours sur le balcon quand elles sont là "pour ne pas les intoxiquer".

Elle fume tôt le matin avant de les accompagner à l'école et de se rendre au travail. Elle y fait deux "pauses-cigarette" dans un espace prévu à cet effet par l'entreprise; puis elle reprend la cigarette dans sa voiture et va continuer à un rythme soutenu à domicile ; elle dit ralentir dès que ses filles rentrent de l'école; puis elle retrouve son rythme habituel le soir, quand ses filles sont couchées.

Le tabacologue lui demande de faire, pour leur prochain rendez-vous, la liste de toutes les cigarettes fumées, en en précisant l'heure et les circonstances.
Lors de cette deuxième consultation, en étudiant la liste, il apparait que Noémie fume d'avantage quand ses filles sont présentes. Etonnée, elle explique qu'en fait elle prend "une bouffée d'oxygène" en allant fumer sur le balcon.

Réflexions sur ce tabagisme

Noémie n'a pas une totale conscience de sa consommation de tabac, de ses conséquences, surtout familiales. Le couple est menacé. L'éducation des enfants est assurée par le père seul qui sait dire non quand cela est nécessaire et juste. Noémie prend conscience alors qu'elle se réfugie sur le balcon pour se soustraire aux multiples sollicitations de ses filles; les cigarettes sont pour l'essentiel des cigarettes "prétexte", au motif de ne pas les intoxiquer.
La discussion qui s'en suit lui permet d'évoquer ses difficultés dans l'éducation de ses filles, et son incapacité à leur dire non.

Epilogue

Noémie va travailler sa confiance en elle, sa capacité à dire non, sans avoir à utiliser le médiateur tabac. Cette psychothérapie, sans autre intervention, en particulier médicamenteuse, va se montrer efficace: en quelques mois, l'arrêt se trouve réalisé.

Cet article a été rédigé par le RPT21.
Pour toute copie complète ou partielle il est indispensable d'en faire la demande.


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