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La France en tête pour créer ses propres normes sur la cigarette électronique?

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Publié le 25 avril 2014

Nous avions salué l'initiative prise en décembre dernier de rassembler, dans le cadre de l’Institut National de la Consommation (INC), différents acteurs : l’Office Français de prévention du Tabagisme (OFT), les associations de vapoteurs , le Collectif des acteurs de la cigarette électronique (Cace), pour discuter de l'avenir de la e-cigarette.
Après le fiasco des Directives Européennes sur ce sujet, s'attirant autant les protestations des consommateurs que les critiques scientifiques des experts internationaux, qu'est donc devenue cette initiative? Elle a pris de l'ampleur.

A la demande de l’INC, l'Association Française de Normalisation (AFNOR) a créé une "commission de normalisation" spécifique, réunie pour la première fois début avril.

L'objectif est de fournir au consommateur, comme pour tout produit de consommation courante, (statut officiel de la e-cigarette), l'assurance de la qualité et de la sécurité de l'ensemble du matériel qu'il utilise.

toutes les règlementations finissent par favoriser le camp dont le lobbying est le plus puissant

On s'en doute, il s'agit d'un travail de très longue haleine, tant les questions sont nombreuses et complexes, touchant tous les domaines, et concernant d'abord le matériel, les produits des recharges, en particulier les innombrables arômes disponibles, l'étude de leur toxicité potentielle, pour le vapoteur comme pour l'environnement… Or ce travail doit se faire de manière collégiale et par consensus avec l'ensemble des acteurs concernés…
Mais qui sont-ils? La liste en est longue…
L’INC, des associations de consommateurs, les Pouvoirs Publics (deux Directions Générales: de la Santé et de "la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes"), l'OFT, des fabricants et distributeurs de cigarettes électroniques, des industriels du tabac (Imperial Tobacco, Japan Tobacco International), et tous les laboratoires d'essais les plus pointus nécessaires aux analyses les plus sophistiquées.

Un équipage inquiétant

Cette énumération a quelque chose d'inquiétant, tant les préoccupations des différents acteurs sont hétérogènes et divergentes, entre celles de la Santé Publique, (toujours fidèle aux recommandations de l'Afssaps, Agence française de sécurité sanitaire et des produits de santé), celles de" l'économie" en période de grande austérité, celles de la recherche du profit exclusif par tous moyens; et la présence ici de deux représentants de Big Tobacco n'est pas faite pour nous rassurer !
Y aurait-il quelques pirates à bord?

Dans ces conditions, comment naviguer en sécurité en évitant les mines?

Il y faut un leader incontesté; ce poste revient légitimement aux représentants de la Santé Publique; en dehors de l'assertion répétée que " le seul élément à peu près certain est que les risques sont nettement moins élevés que ceux du tabac", l'absence de certitudes sur l'innocuité à long terme de la e-cigarette et sur son efficacité, non scientifiquement prouvées, sont toujours brandies comme des obstacles majeurs à sa diffusion.
Ces représentants vont-ils continuer à soutenir avec constance les recommandations de l'Afssaps (devenue ANSM) qui déconseille régulièrement depuis 2011 son utilisation?

Et les pirates, vont-ils rester discrets? L'expérience le prouve: toutes les règlementations finissent par favoriser le camp dont le lobbying est le plus puissant…
Une fois de plus, les fumeurs, restant dans l'indécision, attendront…Or le temps joue contre eux!

Bon vent  à toute "l'équipe " de la "Commission de Normalisation"!

Cet article a été rédigé par le RPT21.
Pour toute copie complète ou partielle il est indispensable d'en faire la demande.


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