Réseau Prévention Tabac de Côte d'Or - 4, Impasse aux charmes d’Asnières 21000 Dijon - 03 80 53 61 19 - contact@rpt21.fr

Blog Archives

Edito 23 Avril 2016
Temps instable, chaotique et orageux ? Ou brumeux, avec quelques éclaircies ?

Le 23 avril 2016

Trois mois après le vote de la Loi de Santé présenté avec enthousiasme par Marisol Touraine comme la Loi de la décennie, où en est-on du tabagisme ? Et cela, à quelques semaines du grand jury des Directives européennes qui doit juger notre projet ? Rappelons le constat fait en février dernier Le tabagisme avec ses 78.000 décès prématurés, qui surviennent souvent après des années de soins, représente la première cause de mort évitable ; il ruine le fumeur, comme il ruine le pays. Sommes-nous insouciants ? Apparemment non. Le "Programme national de réduction du tabagisme" (PNRT) annoncé par notre ministre comme ambitieux comporte effectivement des objectifs audacieux : Diminuer de 10% le nombre de fumeurs quotidiens d’ici à 2019 Passer en dessous de 20% de fumeurs quotidiens d’ici à 2024 Parvenir à ce que les enfants d’aujourd’hui soient les non-fumeurs de demain et qu’à partir de 2032 moins de 5% des jeunes de 18 ans soient fumeurs. Ces mesures choc sont articulées autour de trois axes d’intervention prioritaires : protéger les jeunes, aider les fumeurs à arrêter et agir sur l’économie du tabac. Quelques déclarations témoignent de l’ouverture d’esprit de ce programme : cette lutte est l’affaire de tous et chacun doit y participer ; la démocratie sanitaire s’impose ; les initiatives des pays étrangers sont les bienvenues et nous devons nous en inspirer. Il y a du travail à faire : avec nos 30% de fumeurs réguliers, nous sommes parmi les plus mauvais élèves européens...Présenté pour avis à Catherine Hill, épidémiologiste de référence sur le tabagisme, ce programme avait été aussitôt qualifié de  "politique fiction" : aucun des fondamentaux n’était modifié. Rappelons les trois axes d’intervention prioritaires du PNRT   Protéger les jeunes, cible privilégiée des cigarettiers Le paquet neutre est "l’arme de destruction massive" de notre Ministre Pour rendre les cigarettes moins attractives, d’abord  "l’arme de destruction massive" de notre Ministre : le paquet neutre ; c’est ensuite l’interdiction de fumer dans un véhicule devant un mineur, et dans les espaces publics de jeux dédiés aux enfants. L’interdiction de vente aux mineurs sera mieux contrôlée. Rien de bien neuf. Aider les fumeurs à arrêter : essentiellement en augmentant le remboursement des médicaments "anti-tabac", et le nombre de prescripteurs autorisés. On s’étonne de ne pas trouver là de référence à la e-cigarette, (en dehors de doutes émis sur son innocuité et son efficacité), en pleine contradiction avec l’exemple du Royaume Uni ; l’opinion de notre ministre ne parait guère influencée non plus par celle, [&hellip


Edito Février 2016
Allez-vous bien ? Optimiste ou pessimiste ?

Le 29 février 2016

Entre le drame des émigrants abandonnés, le traumatisme du Bataclan, la fronde des agriculteurs, la montée du chômage et celle de la précarité, que devient donc le tabagisme ? Pas de quoi pavoiser ! Le tabagisme augmente "nous sommes parmi les plus mauvais élèves européens" Pour la première fois depuis 2010, les ventes de tabac en France métropolitaine dans le réseau des buralistes sont en hausse : plus 1 % pour les cigarettes, qui représentent 80 % du marché, et plus 6,3 % pour le tabac à rouler. Certains y voient la conséquence de la désinformation qui entoure l’e-cigarette. Rendus méfiants, fumeurs et ex-fumeurs l’abandonnent pour revenir au tabac. Avec nos 30% de fumeurs réguliers, nous sommes parmi les plus mauvais élèves européens, loin derrière la Suède, qui consomme le SNUS, tabac non fumé, et loin derrière le Royaume-Uni, qui vapote. L’incroyable coût social du tabagisme Le rigoureux rapport confié à Pierre Kopp a chiffré le coût du tabac à 120 milliards d’euros par an. Qui paye ? Avant tout, le fumeur et la société en général, impactés par les conséquences du tabagisme. Quant à l’Etat, ses recettes principales sont tirées des taxes liées au tabac. Elles ne dépassent pas 14 milliards. Le rapport du Programme national de réduction du tabagisme (PNRT) Ce programme inscrit dans le Plan cancer de La loi de modernisation de notre système de santé fait un constat : ça n’avance pas vite… Présenté le 14 février dernier à François Hollande par le Pr. Agnès Buzyn, présidente de l’Institut national du cancer, il n’a pu faire qu’un état des lieux : des déclarations d’intention en voie de réalisation, telles l’adoption du paquet neutre, l’interdiction de fumer en voiture en présence d’enfants de moins de 12 ans, ainsi que dans les espaces publics de jeux pour enfants, etc. Marisol Touraine a donc été reconduite dans ses fonctions Au même moment la Cour des Comptes présentait son rapport annuel sur le Programme national de réduction du tabagisme, soulignant " la contre-performance certaine… le temps perdu dans l’action publique …les mesures prises pas assez résolues.. ". Elle invitait  "à s’inspirer notamment de l’exemple britannique "… Tel un Vaisseau Amiral, armé de son redoutable Paquet Neutre, notre Ministre dirige de loin toute une flottille dispersée de mécontents de tous bords qui galèrent comme ils peuvent dans une mer agitée de vents contraires… Alors qu’à l’horizon se rapproche le nuage noir des Directives Tabac Européennes, qu’il va falloir appliquer en mai prochain et dont les [&hellip


Edito Janvier 2016
2015 : une année contrastée

Le 17 janvier 2016

Sur fond d’évènements tragiques, le tabagisme, avec ses 78.000 victimes annuelles a eu aussi ses actualités. Quelques faits marquants Le coût exorbitant du tabagisme Estimé par P Kopp à 120 milliards d’euros par an, il pénalise le fumeur et ses proches, mais pèse indirectement sur toute la communauté. On reste bien loin de l’équilibre en cumulant le revenu des taxes sur le tabac et les économies faites par l'Etat, liées aux retraites non versées aux victimes de la cigarette. La déclaration du Service de Santé Publique britannique le 19 août 2015 Il constate qu’en dépit des controverses sur l’e-cigarette, le taux d’arrêt des vapoteurs sans reprise du tabac est, après celui de l’Irlande (24%), le plus élevé d’Europe (21%). Le Gouvernement reconnait officiellement (Public Health England) que les cigarettes électroniques sont très efficaces et nettement moins dangereuses que les cigarettes de tabac. En conséquence, il recommande leur prescription par tout médecin dès que les produits nécessaires seront agréés et disponibles. "le Gouvernement sommé de revoir et compléter le programme de Lutte contre le tabac" En France, à la suite de ce rapport, les principales associations de lutte contre les addictions et les usagers de la e-cigarette interpellent le Gouvernement, le sommant de "revoir et compléter le programme de lutte contre le tabac". Fédération Addiction –RESPADD – SOS Addictions et Aiduce. Deux enquêtes confirment l’efficacité de l’e-cigarette pour l’arrêt du tabac L’une, française (INPES), estime que la e-cigarette a aidé 400.000 fumeurs à arrêter L’autre, européenne montre qu’après élimination des simples expérimentateurs, six millions de citoyens européens ont arrêté grâce à la vape. Les normes AFNOR rendues publiques en mars 2015 Deux normes, XP D90-300-1 (pour le matériel) et XP D90-300-2 (consacrée aux e-liquides), ont vocation à servir d’exemple aux normes européennes. Elles sont à la disposition des fabricants, fournisseurs, distributeurs. A eux de prendre la responsabilité de s’y conformer. En face, que trouvons-nous près de deux ans après les déclarations de notre Président sur son programme de lutte contre le tabagisme ? Les objectifs ambitieux de Marisol Touraine " Réduire le nombre de fumeurs de 10% dans 5 ans, descendre sous la barre de 20% dans 10 ans", déclare-t-elle. Confiés pour évaluation à Catherine Hill, épidémiologiste de renommée mondiale en matière de tabagisme, ils attirent ce commentaire sévère "Estimer l'impact potentiel d'objectifs que nous savons être inatteignables est un exercice de politique-fiction". Certes la Loi de Santé, votée à l’arraché fin décembre, [&hellip


Edito Novembre 2015
Le bateau ivre

Le 24 novembre 2015

Des évènements majeurs, dramatiques, viennent de mobiliser des foules immenses, indignées et solidaires, modifiant le programme des responsables de la Loi de Santé : ils ont probablement plus à faire que de s’occuper du tabac. Il a été évoqué le report de la Loi... Et si on profitait de ce délai pour réfléchir un peu ? Les chiffres sont là, répétés à l’envie : le tabac, c’est 78.000 morts par an, la 2ème cause de décès en France, un nombre de fumeurs des plus élevés en Europe, un coût annuel de 120 milliards d’euros, à la charge de la communauté, et 15 milliards de taxes. Les grandes lignes de la lutte contre le tabagisme sont connues depuis longtemps ; on en retiendra trois : " interdire la vente de tabac aux mineurs. Or chaque enquête faite auprès des buralistes montre les faillites de cette interdiction " interdire la vente de tabac aux mineurs. Or chaque enquête faite auprès des buralistes montre les faillites de cette interdiction. aider les fumeurs à arrêter : la démonstration est éclatante pour toute personne de bonne foi et qui veut bien s’informer. Les résultats de l’usage du " vapoteur personnel"  pour l’arrêt du tabac  sont impressionnants et ne permettent guère de réserves. Tout devrait donc être fait pour en faciliter l’usage. Or le constat est clair : tout est fait pour le contrarier. augmenter régulièrement et de façon significative le prix du tabac. Cette mesure, la plus simple et la plus efficace, mondialement recommandée, était promise pour janvier 2015. Or elle a été refusée par le gouvernement pour ne pas fâcher les buralistes… On est donc très loin des objectifs annoncés: "réduction du nombre de fumeurs à 10% dans dix ans".  On ne peut que partager l’opinion de Catherine Hill parlant de "politique-fiction" (Edito du 29 mai 2015). "A l'heure actuelle, les lobbys du tabac et Bercy définissent la politique des prix pour maintenir une large population de fumeurs et maximiser les profits". Un bateau à la dérive Empêtré dans ses contradictions, le gouvernement semble ne pas comprendre qu’il mobilise contre lui une quantité et une variété de professionnels de la lutte contre le tabagisme particulièrement compétents, qui savent ce que représente la souffrance du fumeur esclave de son addiction, rattrapé par ses retombées sanitaires, financières, psychologiques, et se retrouvant, une fois de plus, chez son buraliste... Profitons de ce délai, s’il existe, pour revisiter une Loi de Santé dont le volet "lutte [&hellip


Edito Octobre 2015
Qui connait vraiment le coût des drogues?

Le 20 octobre 2015

Parmi les multiples sujets de la Loi de Santé abordés et votés par les Sénateurs du 14 septembre au 6 octobre derniers, deux portaient sur les drogues : l’alcool et la lutte contre le tabagisme. Or trois jours avant le début de ces débats a été révélé un rapport de poids : "Le coût social des drogues en France" par P Kopp, économiste de renom. Il dit en substance à nos politiques "Prenez conscience du coût des drogues avant d’engager les dépenses publiques!" Quelques chiffres qui font peur Alcool et tabac, ces deux "drogues licites", coûtent chacun à la collectivité 120 Milliards (Mds) ; et 8,8 Mds pour les drogues illicites. Ce sont ainsi quelques 250 Mds, soit 1,1% du PIB, et près d’un tiers de notre déficit budgétaire. Effaçons-les par magie, cela permet à la France de rentrer dans la liste des "bons élèves", selon les critères exigés par Bruxelles. Méthodologie Ce rapport a été confié à P. Kopp par l’Office Français des Drogues et Toxicomanies (OFDT). Il lui a fallu quatre ans pour rechercher, recueillir et valoriser toutes les données nécessaires à son travail ; cela explique le choix de l’année 2010. Ce document est rendu de lecture facile par un artifice : il présente toutes ses données, chiffrées ou non, en équivalent monétaire ; cette méthode, issue du rapport Quinet, recommandée en France pour les sciences socioéconomiques, permet d’accéder au coût de notions abstraites, et d’exprimer par exemple la qualité de vie ou la "valeur d’une vie perdue" (115.000 €). Quelle population ? " La prise en charge de ces addictions se fait aux dépends de la collectivité, donc de la richesse nationale". P.Kopp a retenu pour le tabac les 13,4 millions de fumeurs quotidiens, pour l’alcool les 3,8 millions de consommateurs "à risque", et pour les drogues illicites, 300.000 personnes. Le coût socio–économique a été établi dans ces trois catégories. Il cumule pour un individu donné, non seulement ce qui le concerne personnellement (soins par exemple), mais aussi tout ce qui, du fait de sa consommation de drogue, peut hypothéquer son existence dans son cadre de vie familial, et léser le milieu professionnel (médiocre accomplissement des tâches, nécessité d’un remplacement de poste ou de personnel etc...). La prise en charge de ces addictions, à laquelle il faut rajouter celle de la prévention et éventuellement de la répression, se fait aux dépends de la collectivité, donc de la richesse nationale. Elle contribue ainsi à son [&hellip


Edito Septembre 2015
La décision du gouvernement Anglais :
coup de tabac ou simple coup de vent ?

Le 2 septembre 2015

La déclaration du gouvernement britannique qu’il entendait mettre à la disposition de tous les fumeurs l’e-cigarette dès que possible a alimenté les gazettes dans notre pays, malgré un quotidien chargé ; pour l’instant, l’Etat se tait. Ce n’est pas un secret : depuis des années les Services de Santé Anglais s’intéressaient à cette question : pour faire baisser le tabagisme du pays, que vaut donc la cigarette électronique ? Leur décision relève de tout un travail en amont. Deux initiatives dont on se souviendra Parmi toutes les réunions publiques consacrées à ce sujet, on en retiendra particulièrement deux : Le "E-Cigarette Summit ", tenu au siège historique de la Royal Society de Londres, le 12 Novembre 2013 ; partisans, détracteurs ou hésitants, tous y étaient conviés: professionnels de santé de toute condition, législateurs et administrateurs, associations de lutte contre le tabagisme, y compris les vapoteurs, chercheurs, représentants de l’industrie et vendeurs de e-cigarettes ; parmi les orateurs, deux Français : Jacques Le Houezec, bien connu des associations de vapoteurs, qu’il conseille ; sa mise au point sur la nicotine  fut sans appel : elle est peu toxique, et responsable très partielle de la dépendance au tabac ; le 2ème orateur Français était Antoine Flahault qui démontra, chiffres à l’appui, les atouts de la e-cigarette, ses avantages sanitaires, sociaux et économiques, et les limites du "principe de précaution" mené jusqu’à l’absurde : "Qui prendra la question de la bonne santé et du bien-être des Français à bras-le-corps, en facilitant la promotion de la cigarette électronique chez le fumeur ? " La suite donnée à ce symposium s’est tenue à Manchester les 11 et 12 juin derniers, aussi riche que la première, et précédant de peu la déclaration officielle du Service de Santé Publique (Public Health England ). Parmi d’autres témoins de l’attention portée à la cigarette électronique Un "consensus parlementaire" : Même si on n’est pas toujours d’accord sur tout (usage de la e-cigarette dans les prisons, dans certains espaces publics, limitation de la publicité... etc), il apparait que le débat intéresse l’ensemble des partis politiques, qui sont attachés à dégager une position commune. Un geste spectaculaire : L’autorisation donnée par la Cour royale de Justice à Totally Wicked, le plus important vendeur de e-cigarettes du Royaume-Uni, d’attaquer devant la Cour de justice de l’Union européenne la validité de la Directive européenne sur les produits du tabac (DPT) votée en 2014. Totally Wicked considère que la DPT est néfaste pour la Santé Publique, paradoxale puisque elle impose aux fabricants des [&hellip


Edito Août 2015
De quoi meurt-on dans le monde ?

Le 23 août 2015

En décembre 2014, paraissait la plus remarquable enquête mondiale jamais réalisée sur cette question (voir ici), dont la Fondation Bill et Melinda Gates assurait l’ensemble du financement. Plus de 800 professionnels se sont mobilisés dans 188 pays, pour trouver des données fiables. On comprend les enjeux de tous ordres, internationaux, régionaux et locaux qui s’attachent aux résultats. Un bémol cependant : tous les pays ne sont pas équipés pour pouvoir répondre, même les plus grands ; un absent de taille : l’Inde ! (1,252 milliard d’habitants). Certes on s’en doutait : la mortalité néonatale est le fait des pays en voie de développement ; la maladie d’Alzheimer est évidemment une spécificité des pays riches, là où la longévité progresse. Question : En quoi la consommation de tabac a-t-elle une incidence sur ces causes de décès? Parce qu’on la retrouve à l’origine des principales maladies responsables de la mortalité mondiale, maladies cardio-vasculaires, bronchopneumopathies chroniques obstructives et cancer du poumon.  Le tabagisme est souvent la cause cachée de la maladie qui a été enregistrée comme la cause du décès. Au total, l’usage du tabac est responsable du décès de près d’un adulte sur 10 dans le monde. Appliquées à la France, que donnent ces précisions ? Les quatre plus fréquentes causes de décès, en chiffres arrondis, sont : les maladies cardiaques (84.000), les accidents vasculaires cérébraux ou AVC (49.000), les cancers du poumon (39.000) et les bronchopneumopathies chroniques obstructives ou BPCO (36.000). On le sait : le cancer du poumon est à plus de 90% lié au tabac ; à ce titre, il considéré comme le meilleur marqueur du tabagisme d’un pays. Les trois autres leaders sont, eux aussi, très liés au tabac. Le tabagisme est souvent la cause cachée de la maladie qui a été enregistrée comme la cause du décès. Pour les maladies cardiaques : le risque d'infarctus du myocarde est multiplié par trois pour les hommes, et par six pour les femmes. En matière d’AVC : le tabagisme multiplie le risque par 2. La principale cause de BPCO est à 80% liée à la fumée du tabac, par tabagisme actif ou passif. De sorte qu’il est facile de comprendre pourquoi, avec ses 73.000 décès prématurés annuels, le tabagisme représente dans notre pays la 2ème cause de mortalité. De quoi inspirer quelques réflexions à chacun, sur la façon dont on doit s’y prendre pour lutter contre cette peste, qui coûte en outre 47 millions à l’Etat, pour 15 millions de recettes. Faire la guerre [&hellip


Edito Juillet 2015
La France en vacances ?

Le 20 juillet 2015

Le sentiment du devoir accompli, partons l’esprit léger,  oublions nos soucis…Mais en matière de lutte contre le tabagisme,  la France tient–t-elle son rang ? Le dernier ‘’Baromètre santé’’ de l’Inpes recense 34 % de fumeurs en 2014 ; or nombreux sont les pays sous le seuil des 25 %. Que faisons-nous ? Il y a près d’un an (27/07/14) était dévoilé notre Plan cancer Son action 10.5 "Rationaliser l'organisation des moyens d'information et d'orientation des fumeurs qui souhaitent s'arrêter " ne donnait aucune information sur ce qui est pourtant la seule chance, considérée comme historique, de se débarrasser du tabagisme pour les pays qui l’utiliseront : la cigarette électronique.   Bien sûr, le sujet est suffisamment important pour que des initiatives issues de la nécessité aient permis par exemple la mise au point des normes AFNOR sur le matériel et les e-liquides des cigarettes électroniques, normes qui auront probablement valeur de standard européen. On peut (peut-être…) compter aussi sur la compréhension du Sénat, écoutant récemment le point de vue des associations de vapoteurs. Toutes ces initiatives seront-t-elles suffisantes pour rattraper notre retard sur le Royaume-Uni qui, grâce à la cigarette électronique, ne compte  plus que 20%  de fumeurs réguliers ?   Les obstacles sont faciles à identifier D’abord les cigarettiers : la cigarette électronique est en voie de leur appartenir ; ils peuvent compter sur le soutien intéressé du Réseau des buralistes Ensuite, tous les " bruits"médiatisés à outrance, induisant la confusion, expliquant que l’indice de confiance dans la cigarette électronique se détériore à chaque nouveau sondage d’un public désorienté, qui comme d’habitude, ne retient que le doute. la cigarette électronique : la seule chance, considérée comme historique, de se débarrasser du tabagisme En face, que trouvons –nous ? Une Ministre dont nous ne discutons pas le courage, arque boutée sur son "paquet neutre". Nous lui posons deux questions : > Est-elle soutenue pour son annonce d’augmentation du prix du tabac, mesure dont l’efficacité sur la consommation de tabac est unanimement reconnue ? (Action 10.7 : Utiliser les hausses futures du prix de vente des produits du tabac pour renforcer l'efficacité du programme). > A-t-elle déjà reçu les associations de vapoteurs pour se faire expliquer les fondamentaux de la cigarette électronique ? Ne se reconnait-t-elle pas dans les valeurs de la Démocratie 


Edito Juin 2015
Le tabagisme chassé de France par la cigarette électronique ?

Le 29 juin 2015

Quelles sont les caractéristiques et les évolutions récentes de la consommation de tabac en France métropolitaine ? Quel est le rôle de la cigarette électronique, nouvel acteur sur ce terrain ? En interrogeant plus de 15 000 personnes représentatives de la population française âgées de 15 à 75 ans, le Baromètre santé Inpes 2014 permet de faire le point. Dans un contexte morose vient-t-il apporter un peu d’optimisme ? Quelques questions essentielles en bref : Combien de fumeurs ? Dans cette tranche d’âge classique des 15-75 ans, ils sont 34% à se déclarer fumeurs ; chiffre stable chez l’homme (38%), en baisse chez la femme (24% de tabagisme régulier, contre 26% en 2010). Quelle consommation ? Elle est inchangée chez les fumeurs quotidiens : 13,5 cigarettes par jour (14,6 chez les hommes et 12 chez les femmes) ; elle baisse logiquement dans la population à bas revenus. Les tentatives d’arrêt ? Ils sont 29% à avoir fait une tentative d’arrêt dans l’année écoulée. En particulier parmi les 15-24 ans: 54% en 2014 contre 41% en 2010. Quant à l’envie d’arrêter chez les fumeurs quotidiens, elle reste stable (59,5%) Et la cigarette électronique ? On compte 3 millions de vapoteurs, dont la moitié vapote tous les jours A-t-elle changé les choses ? 98% des vapoteurs sont des fumeurs ou des ex-fumeurs. Les vapoteurs n’ayant jamais fumé sont l’exception Parmi les vapoteurs : 75% sont des fumeurs réguliers, 8% des fumeurs occasionnels ; 15% sont d’ex- fumeurs. Pourquoi vapote-t-ils ? Avant tout pour arrêter ou diminuer leur tabagisme Le sentiment d’être dépendant, le coût du tabac, la crainte pour la santé, viennent en tête ; puis sont cités la liberté d’usage, l’absence de risque pour l’entourage, un meilleur goût que celui de la cigarette de tabac ; la curiosité enfin, lors de l’initiation. Un quart des fumeurs n’ayant jamais utilisé la e-cigarette déclare vouloir l‘essayer. La cigarette électronique est-elle efficace ? "environ 400 000 personnes ont réussi à arrêter de fumer, au moins temporairement, grâce à la cigarette électronique" Pour diminuer ? Un vapoteur diminue en moyenne sa consommation de tabac de 9 cigarettes par jour ; ils sont 82% à penser que l’e-cigarette pourrait les aider à arrêter de fumer. Pour arrêter ? On peut considérer que parmi les 15-75 ans, soit environ 400 000 personnes, constitue une première approximation de la proportion de Français ayant réussi à arrêter de fumer, au moins temporairement, grâce à la cigarette électronique. Les résultats de cette première statistique française d’un organisme officiel réputé pourraient [&hellip


Edito Mai 2015
Programme National de Réduction du Tabagisme

Le 29 mai 2015

Avec persévérance notre Ministre de la Santé poursuit son Programme National de Réduction du Tabagisme, annoncé depuis deux années. Ses prises de position publiques, nombreuses et souvent risquées, l’ont mené comme un clairon partant à l’assaut en terrain découvert ; son souci est maintenant de savoir si les résultats seront au rendez-vous. Une démarche courageuse… et nécessaire. Les objectifs annoncés par notre Ministre sont les suivants: " Réduire le nombre de fumeurs de 10% dans 5 ans, descendre sous la barre de 20% dans 10 ans, et que les enfants qui naissent aujourd'hui soient dans 20 ans la première génération de non-fumeurs". La Direction Générale de la Santé a choisi ses experts. Parmi eux, Catherine Hill, épidémiologiste de réputation mondiale, qui a livré son avis, rendu public le mois dernier. Voici ce qu’en dit notre expert "Estimer l'impact potentiel d'objectifs que nous savons être inatteignables est un exercice de politique-fiction" "L’objectif est de réduire le nombre de fumeurs de 10% dans 5 ans". Voilà qui parait délicat au moment où toute une génération de jeunes filles qui fument vont venir chaque année rejoindre les rangs des fumeurs adultes; ce nombre ne peut donc qu’augmenter ; il rend ainsi irréaliste l’objectif suivant : "descendre sous la barre des 20% de fumeurs dans 10 ans", soit cinq ans plus tard… Nous partons de trop haut ! Il n’y aura pas d’augmentation du prix du tabac cette année On sait que cette augmentation, dans tous les pays qui la pratiquent, est la mesure majeure, la plus simple et la plus efficace pour diminuer la consommation, sous réserve qu’elle soit importante ; elle avait fait la preuve spectaculaire de son efficacité entre 1991 et 2004 ; malgré son annonce très officielle faite début 2015, elle n’aura pas lieu ;  notre Ministre qui s’est battue pour l’obtenir n’est pour rien dans cette annulation, venue de plus haut. Les fausses "craintes" de Bercy "Augmenter les prix, c’est diminuer la consommation, donc les recettes fiscales" a-t ’on entendu répéter. En fait le système de régulation des prix est si bien organisé que chacun y trouve son compte…Par contre est apparue début 2015 une modification du calcul des taxes : il en résulte un cadeau de l'Etat aux cigarettiers qui leur rapporte 90 millions… En échange de quoi ? Le point de vue des buralistes Malgré leurs bruyantes protestations souvent spectaculaires criant leur misère, et leur disparition annoncées, il apparait que leurs revenus officiels ont été multipliés par deux entre 1991 [&hellip



Retour en haut de page ↑