Réseau Prévention Tabac de Côte d'Or - 4, Impasse aux charmes d’Asnières 21000 Dijon - 03 80 53 61 19 - contact@rpt21.fr

Edito Octobre 2015
Qui connait vraiment le coût des drogues?

Publié le 20 octobre 2015

Parmi les multiples sujets de la Loi de Santé abordés et votés par les Sénateurs du 14 septembre au 6 octobre derniers, deux portaient sur les drogues : l’alcool et la lutte contre le tabagisme.
Or trois jours avant le début de ces débats a été révélé un rapport de poids : "Le coût social des drogues en France" par P Kopp, économiste de renom. Il dit en substance à nos politiques "Prenez conscience du coût des drogues avant d’engager les dépenses publiques!"

poids-argent

Quelques chiffres qui font peur

Alcool et tabac, ces deux "drogues licites", coûtent chacun à la collectivité 120 Milliards (Mds) ; et 8,8 Mds pour les drogues illicites. Ce sont ainsi quelques 250 Mds, soit 1,1% du PIB, et près d’un tiers de notre déficit budgétaire. Effaçons-les par magie, cela permet à la France de rentrer dans la liste des "bons élèves", selon les critères exigés par Bruxelles.

Méthodologie

Ce rapport a été confié à P. Kopp par l’Office Français des Drogues et Toxicomanies (OFDT). Il lui a fallu quatre ans pour rechercher, recueillir et valoriser toutes les données nécessaires à son travail ; cela explique le choix de l’année 2010.

Ce document est rendu de lecture facile par un artifice : il présente toutes ses données, chiffrées ou non, en équivalent monétaire ; cette méthode, issue du rapport Quinet, recommandée en France pour les sciences socioéconomiques, permet d’accéder au coût de notions abstraites, et d’exprimer par exemple la qualité de vie ou la "valeur d’une vie perdue" (115.000 €).

Quelle population ?

" La prise en charge de ces addictions se fait aux dépends de la collectivité, donc de la richesse nationale".

P.Kopp a retenu pour le tabac les 13,4 millions de fumeurs quotidiens, pour l’alcool les 3,8 millions de consommateurs "à risque", et pour les drogues illicites, 300.000 personnes.

Le coût socio–économique a été établi dans ces trois catégories. Il cumule pour un individu donné, non seulement ce qui le concerne personnellement (soins par exemple), mais aussi tout ce qui, du fait de sa consommation de drogue, peut hypothéquer son existence dans son cadre de vie familial, et léser le milieu professionnel (médiocre accomplissement des tâches, nécessité d’un remplacement de poste ou de personnel etc...).

La prise en charge de ces addictions, à laquelle il faut rajouter celle de la prévention et éventuellement de la répression, se fait aux dépends de la collectivité, donc de la richesse nationale. Elle contribue ainsi à son appauvrissement.

Le tabagisme est le plus coûteux

On compte chaque année 9.000 décès liés à l’alcool, et 1.600 liés aux drogues illicites. Mais le tabagisme avec ses 79.000 décès "prématurés" survenant souvent après des années de soins pour "une longue maladie", est le plus ruineux : 47 Mds. (Cour des Comptes 2012).
Au total l'Etat doit payer chaque année 14 Mds au titre du tabac, 4,9 Mds pour l’alcool, et 2,4 Mds pour les drogues illicites. Payer, mais avec quoi ?

Les recettes de l'Etat

Elles relèvent d’économies réalisées en cas de décès (coût de la retraite, des pensions et autres allocations) et des taxes perçues sur l’alcool et le tabac. Or leur montant ne couvre même pas la moitié du coût des soins correspondants…

En conclusion

Peut-on tirer de ce rapport des solutions utiles à la nouvelle Loi de Santé ?

Pour l’alcool, on peut en douter, tant la loi Evin sur ce thème a été chahutée par nos élus, rétablissant pratiquement le droit à la publicité. Cela malgré l’indignation de multiples associations qui en redoutent les conséquences, en particulier pour les jeunes.

Pour le tabac, P. Kopp suggère d’en doubler le prix, mesure dont on sait l’efficacité pour faire baisser la consommation et qui allègerait d’autant la dette de l'Etat. Mais on sait que notre Gouvernement y est opposé, pour ne pas fâcher les buralistes déjà braqués sur le projet du paquet neutre.

Y-a-t-il une autre idée pour aider les fumeurs à arrêter ou à diminuer leur tabagisme? Cherchez à quoi on peut penser… Cette fois-ci, c’est notre Ministre de la Santé qui s’y oppose !

Cet article a été rédigé par le RPT21.
Pour toute copie complète ou partielle il est indispensable d'en faire la demande.


Partager cet article ?

Envoyer un email Imprimer



Retour en haut de page ↑