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EDITO | juin 2014
« Quoi de neuf docteur ? »

Publié le 24 juin 2014

OMS

Deux événements remarquables concernant la cigarette électronique sont à retenir:

On meurt de la fumée du tabac, et non de la nicotine d'une cigarette électronique !

L'un est mondial: la mise en cause directe de l'OMS qui, de Genève, veille sur notre Santé, et qui présente aux yeux de tous l'image de la sagesse, de la compétence et de l'autorité; or la voilà au banc des accusés: une lettre ouverte destinée à sa Directrice Générale, Madame Chan, signée par une cinquantaine d'experts de tous continents: on lui reproche d'ignorer ce qui se trame au sujet de la cigarette électronique, placée dans un cadre réglementaire erroné et trompeur, en l'assimilant à la cigarette conventionnelle.

Or tout les oppose: d'un côté, un produit connu de tous, petit cylindre blanc qui se réduit après dix bouffées en un mégot dont on ne sait que faire, consommé par combustion, dont la fumée distribue des milliers de toxiques, dangereuse pour le fumeur comme pour son entourage ; à l'exact opposé, la e-cigarette, le plus souvent de la taille d'un stylo, qu'on range après usage, qui émet de la vapeur, pouvant contenir ou non de la nicotine. On parle peu du "vapotage passif" tant il est reconnu comme négligeable, pour autant qu'il existe.

On meurt de la fumée du tabac, et non de la nicotine d'une cigarette électronique!

L'e-cigarette devenue "produit du tabac "? Cette confusion est délétère: elle entraînerait logiquement les mêmes interdits: de toute publicité, de vente avant 18 ans, d'utilisation dans les lieux publics…; un message aussi négatif priverait ainsi des millions de fumeurs, hésitants et désinformés, d'un moyen efficace de se débarrasser de leur addiction, dont les conséquences mortifères sont répétées à l'envi; sans parler de la satisfaction des cigarettiers, trop heureux de trouver là un allié imprévu…

Le deuxième événement est hexagonal: c'est le résultat de l’enquête annuelle de l'Académie de Paris et de l’association  "Paris sans tabac" : entre 2011 et 2014, parmi les lycéens, le pourcentage des fumeurs, quotidiens ou occasionnels, est passé de 43% à 33,5 %; et parmi les collégiens, de 20,2 % à 11,1 %.

A l'opposé, si 10 % des lycéens et collégiens ont essayé la cigarette électronique en 2011, ils sont quatre fois plus nombreux en 2014; à un âge où on expérimente tout, simple curiosité ou autre raison, le tabac est donc en voie de passer de mode; et fumer devient "ringard". Un jeune non fumeur ne passe pas de la cigarette électronique au tabac, parce qu'il a inhalé de la nicotine avec sa cigarette électronique . Nul, jusqu'ici, n'a été capable de prouver le contraire…Rappelons qu'il est légal, dès quinze ans, d'utiliser un inhaleur de…nicotine!

On sait par ailleurs que pour la première fois la consommation de tabac sous toutes ses formes diminue en France; il en va de même du nombre de consultations et de prescriptions de médicaments d'aide à l’arrêt; parallèlement le nombre de vapoteurs explose…Leur motivation à vapoter est connue: arrêter pour plus d'un sur deux, ou au moins diminuer leur tabagisme; les résultats, même s' ils ne font l'objet d'aucune étude scientifiquement inattaquable, sont éloquents: les professionnels de santé, concernés ou non, sont de plus en plus nombreux à le constater; ces témoignages méritent respect.

Compte-tenu de ces faits, peut-on suggérer à notre ministre d'admettre que toute atteinte à la liberté du vapotage est contre-productive, tant en termes de Santé Publique qu'en termes économiques?

Au nom de la cohérence avec ses propres déclarations de "faire la guerre au tabac ", peut-elle négliger un moyen, même imparfait, considéré comme une des avancées les plus remarquables de notre époque, plébiscité par bientôt plus de deux millions de fumeurs, qui ne demandent rien à l'Etat et qui le payent de leur poche?

Le tabagisme dans l'hexagone, avec ses 30% de fumeurs est actuellement un des plus importants des pays d'Europe de l'Ouest. L'Angleterre en compte 20%; la Suède envisage la "fin de partie" pour deux décennies; combler notre retard ne se fera pas qu'en répétant, année après année, les mêmes campagnes. Sans prôner la cigarette électronique, peut-on au moins ne pas entraver son développement?

Porter le nom d'une Loi, qui marquerait l'histoire du tabagisme en France, comme Simone Veil et Claude Evin en leur temps, en sauvant des vies, en s'attirant la gratitude de milliers de fumeurs désabusés et découragés, n'est-ce pas enthousiasment? Une telle opportunité ne se rencontre pas tous les jours…

Cet article a été rédigé par le RPT21.
Pour toute copie complète ou partielle il est indispensable d'en faire la demande.


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