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Édito du 8 Février 2017
Après le grand froid, le dégel ? Le moment de faire sa valise ? C’est aussi l’heure des bilans

Le 8 février 2017

Marisol TOURAINE, nommée ministre des Affaires sociales et de la Santé le 16 mai 2012, s’est vue confier par le Président Hollande le 4 février 2014 le "Programme National de Réduction du Tabagisme" (PNRT). Femme instruite, dynamique, enthousiaste, grande habituée des débats publics, elle s’attaqua avec fougue à un adversaire de taille, responsable de plus de 78.000 décès annuels, du déficit de la Sécurité Sociale, d’un coût pour l‘Etat de 120 milliards par an, soit plus de 20% du PIB. Elle annonça d’emblée des objectifs élevés : le pourcentage de fumeurs en France sous la barre des 20% d’ici 10 ans ; dans moins de 20 ans, les enfants naissant aujourd'hui seront la première génération de non-fumeurs... Que retiendra-t-on de ce programme ambitieux? - Le paquet neutre. Ce fut un sujet majeur de discorde avec les buralistes, qui leur apporta en retour bien des compensations... Enfant chéri de Marisol TOURAINE, il a pour lui deux arguments : la fureur des cigarettiers à son encontre, du fait de sa haute valeur publicitaire, et la logique, puisque toute publicité pour le tabac est interdite! Ce fut un sujet majeur de discorde avec les buralistes, qui leur apporta en retour bien des compensations... Ils évitaient ainsi la hausse franche du prix du paquet, pourtant initialement prévue. - Le Moi(s) sans tabac Le "Stoptober" ayant fait ses preuves au Royaume-Uni, l’idée en fut reprise en novembre dernier. Tous les fumeurs furent invités à participer à ce programme, confié à des "Ambassadeurs" choisis par les Agences Régionales de Santé. L’évaluation de de cette action, très médiatisée, repose sur les déclarations volontaires des fumeurs auprès de Tabac Info Service , chargé de les comptabiliser. Malgré les moyens mis en œuvre, la réalité de l’arrêt, son suivi et surtout sa durée, seront d’analyse délicate. - Les "salles de shoot" le 17 octobre à Paris, le 7 novembre à Strasbourg. Dix ans après l’Allemagne et l’Espagne... Cela suffira-t-il à redorer le blason de notre ministre? Des décisions restées en rade le 22 février 2016 Marisol Touraine souhaite "une augmentation forte et significative" du prix du tabac avant la fin du quinquennat de François Hollande...On sait maintenant qu’elle sera limitée, et de peu d’effet sur la consommation. la prise en charge tardive et très sélective des médicaments d’aide à l’arrêt du tabac, puisque limitée aux seuls produits les moins coûteux, ceux de la substitution nicotinique. Si on reconnait au tabagisme le statut de [&hellip


Édito du 28 Novembre 2016
Gérer un ministère de la santé par la parole : une innovation

Le 28 novembre 2016

Quel que soit l’avenir de notre République, tous nos concitoyens se sentent concernés par celui de leur santé. Trois éléments sont à prendre en compte : l’enthousiasme et le dynamisme des professionnels de Santé ; la qualité de l’écoute des responsables de la Santé Publique ; le coût de la Santé. L’enthousiasme et le dynamisme des professionnels de Santé On ne fera rien sans eux. Enquêtes, sondages... se sont multipliés qui montrent que, quel que soit leur place dans la hiérarchie professionnelle et leur mode d’exercice, public ou privé... toutes et tous aiment leur travail et trouvent leur motivation dans l’amélioration de la santé de leurs patients; tous se désolent des contraintes croissantes, administratives et autres. Une sensation d’étau qui se resserre. Au point que certains décident de s’arrêter, voire de changer de métier, trop déçus de leurs conditions d’exercice. Mais renoncer à son idéal n’est pas chose facile. La qualité de l’écoute des responsables de la Santé Publique  La "démocratie participative", proclamée haut et fort, n’est pas au rendez-vous...Interpellé à maintes reprises par des structures associatives, notamment par celles qui sont en lien avec les Addictions, le Ministère de la Santé n’a pas daigné répondre. Or notre ministre a la parole facile. Elle est plutôt brillante à l’oral ; à toutes les questions dérangeantes, la réponse est simple et devenue quasi réflexe ces derniers temps: "Nos services y travaillent, et d’ici peu... ". Le coût de la Santé L’annonce faite par Marisol Touraine, de la diminution du déficit de la Sécurité Sociale, le si fameux "trou de la Sécu" en a étonné plus d’un, doutant des méthodes de calcul utilisées...Les restrictions budgétaires imposées aux établissements de Santé se sont vite révélées dangereuses pour les patients, retardant les diagnostics et les traitements. La sélection des patients "rentables", permettant une rotation plus rapide, le renvoi des plus nombreux, porteurs de maladies chroniques, souvent âgés, à un "Parcours de soins" pas toujours opérationnel, sont autant de dérives où l’hôpital a perdu sa vocation. Ces patients sont ainsi renvoyés à leur domicile sans qu’une solution satisfaisante ait pu être mise en place, irritant les proches et le médecin traitant. Une curieuse politique de la gestion des médicaments, où l’on paye des spécialités rares plus cher que dans d’autres pays, et où on continue à rembourser des médicaments "inefficaces et potentiellement dangereux" (Maladie d’Alzheimer, sur décision personnelle de la Ministre) contre l’avis de médecins spécialistes, qui demandent officiellement à leurs [&hellip


Édito du 28 Septembre 2016
Retour sur terre ?

Le 28 septembre 2016

Après les cocoricos olympiques, leurs joies et leurs désillusions, notre quotidien vous parait morose ? Vous avez le choix. La crainte des attentats, le camp de Calais, la crise du lait, les noyés de la Méditerranée, les tentes du Canal St Martin, le Code du Travail ...Qui dans ce contexte turbulent va encore s’occuper de la lutte contre le tabac et de ses 78.000 décès prématurés ? En cette période pré-électorale notre Ministre de la Santé n’est pas avare de déclarations, toujours imprégnées d’optimisme, nous promettant un avenir radieux. Ceci grâce à un programme de santé valable pour une décennie, à un virage numérique qui permettra le suivi à distance, l’interprétation et le transfert de données médicales ; tout cela dans un contexte de concertation avec le public et les professionnels de santé. La démocratie sanitaire et ses limites. Médecins, généralistes et spécialistes, publics et privés, pharmaciens, infirmières, hospitalières et privées, sages-femmes... tous ont vécu des déceptions concernant l’absence d’écoute et de prise en compte de leurs remarques. Le grand perdant : le patient, avec pour conséquence inévitable un énorme gâchis financier. Le programme anti-tabac de notre ministre n’a apporté aucune modification des indicateurs : nous restons parmi les mauvais élèves de l’Europe... Aucune des pistes proposées n’a été mise en œuvre : augmentation franche et régulière du prix du tabac ; facilitation de l’utilisation de la cigarette électronique. La dernière cartouche : l’opération "Moi(s)sans tabac". Heureusement, les addictologues voient plus loin! A l'exception du paquet neutre, seul rescapé du Programme national de réduction du tabagisme, nous serions tentés de nommer 2016 " Annus horribilis des addictions ". Pr Amine Benyamina


Edito 19 JUILLET 2016
L’humeur du temps  « chaotique et orageux » ? Ou « calme et ensoleillé » ? 

Le 19 juillet 2016

Au moment où cet éditorial devait être mis en ligne, un attentat venait brouiller ce ciel d’été, entrainant avec lui horreur, indignation, incompréhension... Pourquoi tant de haine ? Les membres du Réseau Prévention Tabac de Côte d’Or sont de tout cœur unis à la douleur des victimes survivantes et de leur famille. Pour qu’ils ne perdent pas l’espoir d’une vie meilleure.   Pour ceux qui ne seraient pas au courant, une compétition de football a eu lieu, qui a monopolisé pendant ces neuf dernières semaines l’attention des media. En dehors de cet évènement, qu’est devenue la lutte contre le tabagisme ? Le Premier Sommet de la Vape : 9 mai 2016 Organisé à l’initiative de Jacques LE HOUEZEC, du Pr Didier JAYLE et du Pr Bertrand DAUTZENBERG, il a réuni toutes les parties prenantes, scientifiques, politiques, associations, autorités de santé, fabricants et distributeurs, et usagers. Il s’est tenu au Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM). Son objectif : faire le point sur l’ensemble des données actuelles sur la vape et réfléchir à son avenir. Le Pr Benoit Vallet, directeur général de la Santé, représentait Marisol Touraine. D’après le compte rendu publié par Jacques LE HOUEZEC : Six points font consensus 1. En utilisation normale, les émissions de la vape ont une composition au minimum 20 fois moins toxique que la fumée de tabac. 2. Les produits de la vape bénéficient de normes de qualité qui doivent rassurer les fumeurs. 3. La vape a très certainement permis à de très nombreux fumeurs d'arrêter ou de réduire leur consommation. 4. Les clefs du succès sont un matériel adapté au fumeur, des arômes plaisants, une dose de nicotine adéquate. 5. Pour les adolescents, l’e-cigarette apparait plus comme un concurrent du tabac que comme un produit d’initiation 6. Des études de suivi de cohortes de consommateurs sur le long terme sont nécessaires afin de confirmer les bénéfices qu’apporte le vaporisateur personnel. "C'est une prise en main de la dépendance par les dépendants eux-mêmes". Pr Gérard Dubois représentant l'Académie de médecine Trois points restent l’objet de débats, principalement liés à la place du produit dans la société : 7. Les vapoteurs et de nombreux professionnels de santé demandent, comme l’ont fait les associations de vapoteurs du Royaume Uni, un signal fort et clair de la part de nos autorités sanitaires en faveur de la vape. 8. Alors que toute publicité sur le tabac est désavouée, on ne devrait [&hellip


Edito 23 Avril 2016
Temps instable, chaotique et orageux ? Ou brumeux, avec quelques éclaircies ?

Le 23 avril 2016

Trois mois après le vote de la Loi de Santé présenté avec enthousiasme par Marisol Touraine comme la Loi de la décennie, où en est-on du tabagisme ? Et cela, à quelques semaines du grand jury des Directives européennes qui doit juger notre projet ? Rappelons le constat fait en février dernier Le tabagisme avec ses 78.000 décès prématurés, qui surviennent souvent après des années de soins, représente la première cause de mort évitable ; il ruine le fumeur, comme il ruine le pays. Sommes-nous insouciants ? Apparemment non. Le "Programme national de réduction du tabagisme" (PNRT) annoncé par notre ministre comme ambitieux comporte effectivement des objectifs audacieux : Diminuer de 10% le nombre de fumeurs quotidiens d’ici à 2019 Passer en dessous de 20% de fumeurs quotidiens d’ici à 2024 Parvenir à ce que les enfants d’aujourd’hui soient les non-fumeurs de demain et qu’à partir de 2032 moins de 5% des jeunes de 18 ans soient fumeurs. Ces mesures choc sont articulées autour de trois axes d’intervention prioritaires : protéger les jeunes, aider les fumeurs à arrêter et agir sur l’économie du tabac. Quelques déclarations témoignent de l’ouverture d’esprit de ce programme : cette lutte est l’affaire de tous et chacun doit y participer ; la démocratie sanitaire s’impose ; les initiatives des pays étrangers sont les bienvenues et nous devons nous en inspirer. Il y a du travail à faire : avec nos 30% de fumeurs réguliers, nous sommes parmi les plus mauvais élèves européens...Présenté pour avis à Catherine Hill, épidémiologiste de référence sur le tabagisme, ce programme avait été aussitôt qualifié de  "politique fiction" : aucun des fondamentaux n’était modifié. Rappelons les trois axes d’intervention prioritaires du PNRT   Protéger les jeunes, cible privilégiée des cigarettiers Le paquet neutre est "l’arme de destruction massive" de notre Ministre Pour rendre les cigarettes moins attractives, d’abord  "l’arme de destruction massive" de notre Ministre : le paquet neutre ; c’est ensuite l’interdiction de fumer dans un véhicule devant un mineur, et dans les espaces publics de jeux dédiés aux enfants. L’interdiction de vente aux mineurs sera mieux contrôlée. Rien de bien neuf. Aider les fumeurs à arrêter : essentiellement en augmentant le remboursement des médicaments "anti-tabac", et le nombre de prescripteurs autorisés. On s’étonne de ne pas trouver là de référence à la e-cigarette, (en dehors de doutes émis sur son innocuité et son efficacité), en pleine contradiction avec l’exemple du Royaume Uni ; l’opinion de notre ministre ne parait guère influencée non plus par celle, [&hellip


Edito Février 2016
Allez-vous bien ? Optimiste ou pessimiste ?

Le 29 février 2016

Entre le drame des émigrants abandonnés, le traumatisme du Bataclan, la fronde des agriculteurs, la montée du chômage et celle de la précarité, que devient donc le tabagisme ? Pas de quoi pavoiser ! Le tabagisme augmente "nous sommes parmi les plus mauvais élèves européens" Pour la première fois depuis 2010, les ventes de tabac en France métropolitaine dans le réseau des buralistes sont en hausse : plus 1 % pour les cigarettes, qui représentent 80 % du marché, et plus 6,3 % pour le tabac à rouler. Certains y voient la conséquence de la désinformation qui entoure l’e-cigarette. Rendus méfiants, fumeurs et ex-fumeurs l’abandonnent pour revenir au tabac. Avec nos 30% de fumeurs réguliers, nous sommes parmi les plus mauvais élèves européens, loin derrière la Suède, qui consomme le SNUS, tabac non fumé, et loin derrière le Royaume-Uni, qui vapote. L’incroyable coût social du tabagisme Le rigoureux rapport confié à Pierre Kopp a chiffré le coût du tabac à 120 milliards d’euros par an. Qui paye ? Avant tout, le fumeur et la société en général, impactés par les conséquences du tabagisme. Quant à l’Etat, ses recettes principales sont tirées des taxes liées au tabac. Elles ne dépassent pas 14 milliards. Le rapport du Programme national de réduction du tabagisme (PNRT) Ce programme inscrit dans le Plan cancer de La loi de modernisation de notre système de santé fait un constat : ça n’avance pas vite… Présenté le 14 février dernier à François Hollande par le Pr. Agnès Buzyn, présidente de l’Institut national du cancer, il n’a pu faire qu’un état des lieux : des déclarations d’intention en voie de réalisation, telles l’adoption du paquet neutre, l’interdiction de fumer en voiture en présence d’enfants de moins de 12 ans, ainsi que dans les espaces publics de jeux pour enfants, etc. Marisol Touraine a donc été reconduite dans ses fonctions Au même moment la Cour des Comptes présentait son rapport annuel sur le Programme national de réduction du tabagisme, soulignant " la contre-performance certaine… le temps perdu dans l’action publique …les mesures prises pas assez résolues.. ". Elle invitait  "à s’inspirer notamment de l’exemple britannique "… Tel un Vaisseau Amiral, armé de son redoutable Paquet Neutre, notre Ministre dirige de loin toute une flottille dispersée de mécontents de tous bords qui galèrent comme ils peuvent dans une mer agitée de vents contraires… Alors qu’à l’horizon se rapproche le nuage noir des Directives Tabac Européennes, qu’il va falloir appliquer en mai prochain et dont les [&hellip


Edito Janvier 2016
2015 : une année contrastée

Le 17 janvier 2016

Sur fond d’évènements tragiques, le tabagisme, avec ses 78.000 victimes annuelles a eu aussi ses actualités. Quelques faits marquants Le coût exorbitant du tabagisme Estimé par P Kopp à 120 milliards d’euros par an, il pénalise le fumeur et ses proches, mais pèse indirectement sur toute la communauté. On reste bien loin de l’équilibre en cumulant le revenu des taxes sur le tabac et les économies faites par l'Etat, liées aux retraites non versées aux victimes de la cigarette. La déclaration du Service de Santé Publique britannique le 19 août 2015 Il constate qu’en dépit des controverses sur l’e-cigarette, le taux d’arrêt des vapoteurs sans reprise du tabac est, après celui de l’Irlande (24%), le plus élevé d’Europe (21%). Le Gouvernement reconnait officiellement (Public Health England) que les cigarettes électroniques sont très efficaces et nettement moins dangereuses que les cigarettes de tabac. En conséquence, il recommande leur prescription par tout médecin dès que les produits nécessaires seront agréés et disponibles. "le Gouvernement sommé de revoir et compléter le programme de Lutte contre le tabac" En France, à la suite de ce rapport, les principales associations de lutte contre les addictions et les usagers de la e-cigarette interpellent le Gouvernement, le sommant de "revoir et compléter le programme de lutte contre le tabac". Fédération Addiction –RESPADD – SOS Addictions et Aiduce. Deux enquêtes confirment l’efficacité de l’e-cigarette pour l’arrêt du tabac L’une, française (INPES), estime que la e-cigarette a aidé 400.000 fumeurs à arrêter L’autre, européenne montre qu’après élimination des simples expérimentateurs, six millions de citoyens européens ont arrêté grâce à la vape. Les normes AFNOR rendues publiques en mars 2015 Deux normes, XP D90-300-1 (pour le matériel) et XP D90-300-2 (consacrée aux e-liquides), ont vocation à servir d’exemple aux normes européennes. Elles sont à la disposition des fabricants, fournisseurs, distributeurs. A eux de prendre la responsabilité de s’y conformer. En face, que trouvons-nous près de deux ans après les déclarations de notre Président sur son programme de lutte contre le tabagisme ? Les objectifs ambitieux de Marisol Touraine " Réduire le nombre de fumeurs de 10% dans 5 ans, descendre sous la barre de 20% dans 10 ans", déclare-t-elle. Confiés pour évaluation à Catherine Hill, épidémiologiste de renommée mondiale en matière de tabagisme, ils attirent ce commentaire sévère "Estimer l'impact potentiel d'objectifs que nous savons être inatteignables est un exercice de politique-fiction". Certes la Loi de Santé, votée à l’arraché fin décembre, [&hellip


Edito Novembre 2015
Le bateau ivre

Le 24 novembre 2015

Des évènements majeurs, dramatiques, viennent de mobiliser des foules immenses, indignées et solidaires, modifiant le programme des responsables de la Loi de Santé : ils ont probablement plus à faire que de s’occuper du tabac. Il a été évoqué le report de la Loi... Et si on profitait de ce délai pour réfléchir un peu ? Les chiffres sont là, répétés à l’envie : le tabac, c’est 78.000 morts par an, la 2ème cause de décès en France, un nombre de fumeurs des plus élevés en Europe, un coût annuel de 120 milliards d’euros, à la charge de la communauté, et 15 milliards de taxes. Les grandes lignes de la lutte contre le tabagisme sont connues depuis longtemps ; on en retiendra trois : " interdire la vente de tabac aux mineurs. Or chaque enquête faite auprès des buralistes montre les faillites de cette interdiction " interdire la vente de tabac aux mineurs. Or chaque enquête faite auprès des buralistes montre les faillites de cette interdiction. aider les fumeurs à arrêter : la démonstration est éclatante pour toute personne de bonne foi et qui veut bien s’informer. Les résultats de l’usage du " vapoteur personnel"  pour l’arrêt du tabac  sont impressionnants et ne permettent guère de réserves. Tout devrait donc être fait pour en faciliter l’usage. Or le constat est clair : tout est fait pour le contrarier. augmenter régulièrement et de façon significative le prix du tabac. Cette mesure, la plus simple et la plus efficace, mondialement recommandée, était promise pour janvier 2015. Or elle a été refusée par le gouvernement pour ne pas fâcher les buralistes… On est donc très loin des objectifs annoncés: "réduction du nombre de fumeurs à 10% dans dix ans".  On ne peut que partager l’opinion de Catherine Hill parlant de "politique-fiction" (Edito du 29 mai 2015). "A l'heure actuelle, les lobbys du tabac et Bercy définissent la politique des prix pour maintenir une large population de fumeurs et maximiser les profits". Un bateau à la dérive Empêtré dans ses contradictions, le gouvernement semble ne pas comprendre qu’il mobilise contre lui une quantité et une variété de professionnels de la lutte contre le tabagisme particulièrement compétents, qui savent ce que représente la souffrance du fumeur esclave de son addiction, rattrapé par ses retombées sanitaires, financières, psychologiques, et se retrouvant, une fois de plus, chez son buraliste... Profitons de ce délai, s’il existe, pour revisiter une Loi de Santé dont le volet "lutte [&hellip


Edito Octobre 2015
Qui connait vraiment le coût des drogues?

Le 20 octobre 2015

Parmi les multiples sujets de la Loi de Santé abordés et votés par les Sénateurs du 14 septembre au 6 octobre derniers, deux portaient sur les drogues : l’alcool et la lutte contre le tabagisme. Or trois jours avant le début de ces débats a été révélé un rapport de poids : "Le coût social des drogues en France" par P Kopp, économiste de renom. Il dit en substance à nos politiques "Prenez conscience du coût des drogues avant d’engager les dépenses publiques!" Quelques chiffres qui font peur Alcool et tabac, ces deux "drogues licites", coûtent chacun à la collectivité 120 Milliards (Mds) ; et 8,8 Mds pour les drogues illicites. Ce sont ainsi quelques 250 Mds, soit 1,1% du PIB, et près d’un tiers de notre déficit budgétaire. Effaçons-les par magie, cela permet à la France de rentrer dans la liste des "bons élèves", selon les critères exigés par Bruxelles. Méthodologie Ce rapport a été confié à P. Kopp par l’Office Français des Drogues et Toxicomanies (OFDT). Il lui a fallu quatre ans pour rechercher, recueillir et valoriser toutes les données nécessaires à son travail ; cela explique le choix de l’année 2010. Ce document est rendu de lecture facile par un artifice : il présente toutes ses données, chiffrées ou non, en équivalent monétaire ; cette méthode, issue du rapport Quinet, recommandée en France pour les sciences socioéconomiques, permet d’accéder au coût de notions abstraites, et d’exprimer par exemple la qualité de vie ou la "valeur d’une vie perdue" (115.000 €). Quelle population ? " La prise en charge de ces addictions se fait aux dépends de la collectivité, donc de la richesse nationale". P.Kopp a retenu pour le tabac les 13,4 millions de fumeurs quotidiens, pour l’alcool les 3,8 millions de consommateurs "à risque", et pour les drogues illicites, 300.000 personnes. Le coût socio–économique a été établi dans ces trois catégories. Il cumule pour un individu donné, non seulement ce qui le concerne personnellement (soins par exemple), mais aussi tout ce qui, du fait de sa consommation de drogue, peut hypothéquer son existence dans son cadre de vie familial, et léser le milieu professionnel (médiocre accomplissement des tâches, nécessité d’un remplacement de poste ou de personnel etc...). La prise en charge de ces addictions, à laquelle il faut rajouter celle de la prévention et éventuellement de la répression, se fait aux dépends de la collectivité, donc de la richesse nationale. Elle contribue ainsi à son [&hellip


Edito Septembre 2015
La décision du gouvernement Anglais :
coup de tabac ou simple coup de vent ?

Le 2 septembre 2015

La déclaration du gouvernement britannique qu’il entendait mettre à la disposition de tous les fumeurs l’e-cigarette dès que possible a alimenté les gazettes dans notre pays, malgré un quotidien chargé ; pour l’instant, l’Etat se tait. Ce n’est pas un secret : depuis des années les Services de Santé Anglais s’intéressaient à cette question : pour faire baisser le tabagisme du pays, que vaut donc la cigarette électronique ? Leur décision relève de tout un travail en amont. Deux initiatives dont on se souviendra Parmi toutes les réunions publiques consacrées à ce sujet, on en retiendra particulièrement deux : Le "E-Cigarette Summit ", tenu au siège historique de la Royal Society de Londres, le 12 Novembre 2013 ; partisans, détracteurs ou hésitants, tous y étaient conviés: professionnels de santé de toute condition, législateurs et administrateurs, associations de lutte contre le tabagisme, y compris les vapoteurs, chercheurs, représentants de l’industrie et vendeurs de e-cigarettes ; parmi les orateurs, deux Français : Jacques Le Houezec, bien connu des associations de vapoteurs, qu’il conseille ; sa mise au point sur la nicotine  fut sans appel : elle est peu toxique, et responsable très partielle de la dépendance au tabac ; le 2ème orateur Français était Antoine Flahault qui démontra, chiffres à l’appui, les atouts de la e-cigarette, ses avantages sanitaires, sociaux et économiques, et les limites du "principe de précaution" mené jusqu’à l’absurde : "Qui prendra la question de la bonne santé et du bien-être des Français à bras-le-corps, en facilitant la promotion de la cigarette électronique chez le fumeur ? " La suite donnée à ce symposium s’est tenue à Manchester les 11 et 12 juin derniers, aussi riche que la première, et précédant de peu la déclaration officielle du Service de Santé Publique (Public Health England ). Parmi d’autres témoins de l’attention portée à la cigarette électronique Un "consensus parlementaire" : Même si on n’est pas toujours d’accord sur tout (usage de la e-cigarette dans les prisons, dans certains espaces publics, limitation de la publicité... etc), il apparait que le débat intéresse l’ensemble des partis politiques, qui sont attachés à dégager une position commune. Un geste spectaculaire : L’autorisation donnée par la Cour royale de Justice à Totally Wicked, le plus important vendeur de e-cigarettes du Royaume-Uni, d’attaquer devant la Cour de justice de l’Union européenne la validité de la Directive européenne sur les produits du tabac (DPT) votée en 2014. Totally Wicked considère que la DPT est néfaste pour la Santé Publique, paradoxale puisque elle impose aux fabricants des [&hellip



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