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ECLIPSE SOLAIRE : protégez vos yeux !

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Publié le 23 mars 2015

L’ouverture donnée par l’Académie Nationale de Médecine (ANM) reconnaissant que la cigarette électronique peut aider à l’arrêt du tabac est certes un pas en avant. Mais quelques points restent à préciser. L’un des trois signataires du rapport est pharmacien. Il connait le métier.

Quel va être le rôle du pharmacien ?

" des recharges exemptes de tout adjuvant influençant la saveur, l’odeur ou le parfum aux fins d’accroitre l’appétence "

C’est à lui qu’il revient de recevoir la demande du fumeur qui voudrait utiliser une cigarette électronique pour s’arrêter. On est donc dans le domaine du médicament, et non plus dans celui d’un produit de consommation courante, pourtant statut actuel reconnu à la cigarette électronique par la Directive Européenne.

  • Les pharmaciens sont-t-ils volontaires pour assurer cette prise en charge ?

Apparemment oui. L’Académie Nationale de Pharmacie a déclaré le 6 février dernier que la cigarette électronique devait être « exclusivement réservée aux personnes en cours de sevrage nicotinique, afin d’éviter qu’elle ne soit une porte d’entrée vers le tabagisme classique». On voit qu’elle se tient bien informée des vrais problèmes…

  • Statut d’un médicament ?

Connaissant la complexité des règles et la longueur des démarches nécessaires à l’obtention d’une autorisation de mise sur le marché, l’ANM propose qu’une procédure simplifiée soit utilisée : « il s’agit en effet d’une variante du spray de nicotine déjà sur le marché ».Cette remarque pleine de bon sens doit rassurer le vapoteur : il manipule donc déjà sans le savoir un outil qui a la qualité d’un médicament!

  • Le matériel mis à disposition ?

En dehors d’un accès à des dosages de nicotine pouvant dépasser les 20 mg/ml, privilège du pharmacien, de quelle gamme de produits ce dernier peut-il disposer ? L’ANM lui précise que les recharges doivent être « exemptes de tout adjuvant influençant la saveur, l’odeur ou le parfum aux fins d’accroitre l’appétence… ». En clair : on n’est pas là pour vous faire plaisir… On sait l’importance que les vapoteurs attachent à cette possibilité de varier à leur guise la composition de leurs mélanges…Ils apprécieront !

Par ailleurs aura-t-il à sa disposition des dosages de nicotine élevés, correspondant aux besoins des fumeurs les plus dépendants ? 50 mg/ml par exemple ? Ce serait un des rares points positifs de ce projet…

  • Le temps nécessaire ?

Un pharmacien a-t-il le temps de vous expliquer tout ce que vous voudriez savoir avant de vous lancer ? Mieux vaut probablement s’adresser à une boutique professionnelle, dont c’est le métier de vous renseigner et de vous aider dans votre choix.

On aimerait connaitre après la mise en œuvre, éventuelle, d’un tel programme le nombre de pharmaciens volontaires et de candidats à l’arrêt.

  • Le remboursement du traitement

L'Assurance Maladie prend en charge, sur prescription médicale établie par un médecin ou une sage-femme, les traitements par substituts nicotiniques (patch, gomme, pastille, inhalateur...) à hauteur de 50 € par année civile et par bénéficiaire. Ce montant est de 150 € pour les femmes enceintes et pour les jeunes de 20 à 25 ans.
La cigarette électronique vendue par le pharmacien sera-t-elle remboursée par la Sécurité Sociale ? Actuellement, le vapoteur achète son matériel et ses recharges ; il ne coûte rien à la Sécurité Sociale. Qu’en pense-t-elle ?

  • Comment le pharmacien sera-t-il rémunéré ? Uniquement sur les produits vendus ?

Bien d’autres points mériteraient des commentaires, mettant la patience des usagers de la cigarette électronique à rude épreuve ; nous y reviendrons.

Ne compliquons pas la vie des fumeurs qui veulent s'arrêter, alors qu'ils risquent un drame en poursuivant leur tabagisme, en leur construisant des solutions qui n’en sont pas. Aidons-les plutôt!

Crédit photo : Flickr / Eric Leslie

Cet article a été rédigé par le RPT21.
Pour toute copie complète ou partielle il est indispensable d'en faire la demande.


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