Réseau Prévention Tabac de Côte d'Or - 4, Impasse aux charmes d’Asnières 21000 Dijon - 03 80 53 61 19 - contact@rpt21.fr

Un petit devoir de vacances sur la cigarette électronique ?

A la une

Publié le 22 juillet 2014

Vapoteurs, non vapoteurs : un petit devoir de vacances VRAI ou FAUX?

La cigarette électronique a de nombreux détracteurs; mais quels sont donc leurs arguments?
Ce qu'on lui reproche le plus ...

1. "La cigarette électronique contient de la nicotine, qui est un produit toxique, et qui est responsable de la dépendance au tabac"
2. "La cigarette électronique utilise d'autres produits toxiques, mal connus, et possiblement dangereux à long terme"
3. "Simulant l'action de fumer, elle conforte le fumeur dans son attitude; la plupart des vapoteurs fument aussi des cigarettes de tabac"
4. "Alors qu'on désire voir disparaître la cigarette du paysage public, la présence du vapoteur vient troubler le message!"
5. "Pour les jeunes qui vapent, c'est une porte d'entrée vers la cigarette de tabac"

VRAI ou FAUX?

 


 

1. "La cigarette électronique contient de la nicotine, qui est un produit toxique, et qui est responsable de la dépendance au tabac"

La nicotine, un produit toxique? FAUX

La toxicité de la nicotine est très faible, contrairement aux données officielles. La quantité inhalée à partir d'une cigarette électronique est faible, bien inférieure à celle d'une cigarette de tabac (pourtant en vente libre!); elle est de même qualité que celle des médicaments de "substitution nicotinique", timbres ou autres. Elle n'est d'ailleurs présente dans les cartouches que sur conseils du vendeur, ou sur demande du vapoteur. On meurt de la fumée du tabac, et non de la nicotine d'une cigarette électronique !

…responsable de la dépendance au tabac? FAUX

La nicotine ne fait qu'entretenir, une fois installée, la dépendance au tabac. C'est son association à bien d'autres composés inhalés, et soigneusement sélectionnés par les cigarettiers pour leur effet "addictif", qui crée cette "composante pharmacologique" de la dépendance. Phénomène fort complexe, elle intègre deux autres composantes majeures, psychologiques et comportementales; sans elles, la dépendance au tabac n'existerait pas.

 


 

2. "La cigarette électronique utilise d'autres produits toxiques, mal connus ": FAUX!

Que contiennent les cartouches d'e-liquides?

Des hydratants, polyéthylène glycol et glycérine végétale, largement utilisés dans l'industrie alimentaire et cosmétique, sans toxicité connue; ce sont eux qui créent ces brouillards, utilisés au théâtre ou à l'opéra; quant aux arômes, ils sont de plus en plus de fabrication française, de qualité contrôlée, à la demande même des fabricants et des associations de vapoteurs.

"… possiblement dangereux à long terme": VRAI!

Mais cela restera probablement impossible à prouver! Pourquoi?

Dans ce domaine fortement concurrentiel, il existe de très nombreux modèles d'e-cigarette, fortement améliorés au fil des années; le matériel et les e-liquides ont évolué sous l'œil vigilant des vapoteurs qui influent sur les réputations.

Par ailleurs chaque vapoteur a son histoire, très brève… ou très longue, continue ou non.

Comment interpréter alors avec certitude un "problème de santé" qui serait découvert? Doit-on gommer les années de tabagisme? Le vapoteur échappe-t-il aux petites misères simplement liées à l'âge? Combien d'années encore pour tirer des conclusions fiables de pratiques aussi hétérogènes?
Il reste que même si ces dangers existent vraiment, ils sont sans commune mesure avec ceux du tabac…

Souhaitons bonne chance aux chercheurs, surtout si on les presse de rendre leur copie…

 


 

3. "Simulant l'action de fumer, elle conforte le fumeur dans son attitude" : VRAI!

C'est très probablement une des raisons de son efficacité: à l'un de ces nombreux moments où l'envie se fait sentir "d'en griller une", la cigarette électronique est là, apportant son contact, manuel, buccal, avec sa chaleur, sa vapeur chaude dans les poumons… La dimension "comportementale" est évidente, et d'autant plus rassurante que le vapoteur n'a pas la "mauvaise conscience" que donne la cigarette de tabac …

"La plupart des vapoteurs fument aussi des cigarettes de tabac" : VRAI

C'est effectivement une étape fréquente au cours d'un processus de sevrage; elle peut durer longtemps; on conserve quelques "cigarettes nostalgie". Mais le vapoteur signale souvent qu'elles lui conviennent de moins en moins : trop fortes, ou trop fades, voire franchement désagréables…

Certes, l'arrêt total et définitif est à rechercher, puisque c'est le seul qui garantisse une nette diminution des risques liés à la fumée de tabac; mais c'est notoirement difficile, et les échecs sont fréquents.

À contrario, nombre de vapoteurs signalent la facilité avec laquelle l'arrêt a été possible, contrairement aux essais antérieurs !

Ce processus dit de "Réduction des Risques", préférant l'arrêt progressif à l'arrêt brutal, est de plus en plus admis pour le tabagisme, comme d'ailleurs pour toute autre drogue, alcool en particulier.

 


 

4. "Alors qu'on désire voir disparaître la cigarette du paysage public, la présence de vapoteurs vient troubler le message!" : FAUX!

"Alors qu'on désire voir disparaître la cigarette du paysage public…

Cette déclaration de nos autorités de santé appelle deux remarques

-pour la première fois la consommation de tabac sous toutes ses formes diminue en France. Malgré les déclarations des buralistes, accusant les taxes, les circuits illégaux et transfrontaliers, l'explosion des ventes de cigarettes électroniques est une explication bien plus sérieuse puisque, pour le reste, la politique de lutte contre le tabagisme n'a pas changé.

-ne plus voir la cigarette; depuis 2006 les fumeurs sortent pour fumer, par obligation, puisqu'il est interdit de fumer dans les lieux de travail, ou par conscience des conséquences du tabagisme passif. Ils fréquentent des utilisateurs de cigarette électronique, exclusifs ou encore fumeurs.
Ne voit-on pas les avantages de cette situation?
Des vapoteurs faisant école auprès des fumeurs: moins de tabagisme passif; ni mégots ni paquets de cigarettes abandonnés; dans les jardins publics, des bacs à sable propres; en dehors des villes, pas de feux de broussaille…
Quels gains pour tous, en particulier pour les municipalités soucieuses de la propreté de leurs espaces publics!

…la présence du vapoteur vient troubler le message!"

Traduisons: "voir un vapoteur ferait désordre et donnerait envie de fumer une cigarette de tabac"

Cette déclaration appelle deux remarques

-Si la confusion avec une cigarette conventionnelle est à la rigueur possible avec les e-cigarettes jetables (moins de 10% des ventes), ce n'est guère crédible avec les cigarettes électroniques les plus courantes, du fait de leur taille, de leur aspect souvent "fantaisie", de la façon de les tenir en main…
-On sait que la très grande majorité des vapoteurs est faite d'adultes désirant arrêter ou diminuer leur consommation (enquête Etincel-OFDT) ).
On leur interdirait donc de vapoter, pour ne pas tenter un ex- fumeur ou un non fumeur passant par là, de recommencer ou de commencer à…fumer du tabac? Qui peut croire cela?
Il n'existe aucun début de preuve à l'appui de cette thèse.

 


 

5. "Pour les jeunes qui vapent, c'est une porte d'entrée vers la cigarette de tabac" : FAUX

De toute évidence, la cigarette classique fait partie de leur bagage culturel traditionnel, facilité bien sûr quand leur environnement, familial et/ou relationnel, est porteur; ils sont donc la première cible des cigarettiers, chargés par eux d'assurer la relève des disparus.
Mais le jeune, à un âge où on est épris de liberté, opposé à toute interdiction, désireux de transgresser et de s'affirmer, expérimentateur de tout, en particulier de ce qui fait "mode", est tenté aussi par la cigarette électronique. Or le tabac fait de plus en plus "ringard".
Ainsi la très grande majorité (90 à 98%°) des jeunes vapoteurs sont-ils déjà fumeurs; cette alternative à la cigarette de tabac se montre, comme chez l'adulte, efficace sur leur consommation jusqu'à l’arrêt, et source importante d'économies; c'est donc une porte de sortie du tabagisme.

A signaler que si on refuse l'e-cigarette aux ados, ils peuvent utiliser un inhaleur à la nicotine, autorisé à partir de 15 ans, qui existe depuis 2003…Cela aussi fait désordre!

Et les jeunes non fumeurs? Très minoritaires, ils vapotent par curiosité une e-cigarette empruntée "pour voir", sans y trouver guère d'autre bénéfice que le partage de parfums agréables avec les copains; puis ils arrêtent, peu motivés par cette pratique coûteuse, et un peu compliquée; ou alors, une fois l'effet "mode" ou "provoc" émoussé, ils vapoterons de préférence sans nicotine; car pour eux, elle n'apporte rien, sinon un "hit" qu'ils ne recherchent pas puisqu'il fait tousser.

Dans ces conditions, passer à la cigarette de tabac, irritante et coûteuse, ne va pas de soi.

Rien ne permet actuellement de dire qu'il s'agit d'une porte d'entrée dans le tabagisme.

 


 

En définitive, que reste-t-il de ce débat?

Deux certitudes, partagées par tous

-Le tabac est le plus grand tueur menaçant l'humanité; près de six millions de décès prématurés chaque année; cent millions de morts au XXème siècle ; un milliard pour le siècle en cours.
-La cigarette électronique est infiniment moins toxique que le tabac

Deux craintes

- la mainmise des cigarettiers sur tout le business qui entoure l'e-cigarette
- une législation inadaptée, qui recherche des moyens nouveaux de lutte contre le tabagisme là où beaucoup ont déjà trouvé la solution
Le débat se trouve faussé par des acteurs ayant des intérêts commerciaux énormes et des moyens, en particulier financiers, gigantesques ; nous ne pouvons faire plus que de les dénoncer sans relâche.
Peut-être aussi est-t-il faussé par l'ignorance des décideurs? Alors luttons contre l'ignorance!

Crédit photo : Flickr / gio9019

Cet article a été rédigé par le RPT21.
Pour toute copie complète ou partielle il est indispensable d'en faire la demande.


Partager cet article ?

Envoyer un email Imprimer



Retour en haut de page ↑