Réseau Prévention Tabac de Côte d'Or - 1, rue Nicolas Berthot - 21035 Dijon Cedex - 03 80 63 68 36 - contact@rpt21.fr

Articles de la catégorie "Professionnels de santé"

Histoire de fumeur : cas clinique n°2

Le 31 octobre 2014

Ici vous trouverez des histoires courtes vécues par des professionnels ayant accompagné des fumeurs dans leur démarche. Elles invitent à la réflexion... Cas clinique N°2 UN PAQUET DANS LA POCHE: est-ce bien raisonnable? Juliette, 36 ans, célibataire, mais ayant un ami fumeur, est infirmière hospitalière. Très compétente et efficace, c'est une "meneuse". Un statut de leader que personne n'ose lui contester. Elle fume depuis 20 ans; 30 cigarettes par jour, dont plus de la moitié pendant ses heures de travail. Mais fumer coûte cher et n'a pas trop la cote à l'hôpital: Juliette y est sensible. Après plusieurs tentatives infructueuses sans soutien, médicamenteux ou autres, elle veut à nouveau arrêter. La consultation de tabacologie Un rendez-vous discret est pris avec un tabacologue hospitalier, qui apprécie le niveau élevé de dépendance, la motivation sérieuse, et résume ainsi le désir de Juliette "Vous voulez arrêter seule, sans gadgets. Mais vous avez peur de l'échec et plus encore peur du regard des autres, s'ils l'apprennent. Pourquoi alors les informer?" Pour ce faire, Juliette va garder un paquet de cigarettes bien visible qui lui permettra à la fois de gérer sa peur du manque et de camoufler son travail de sevrage. Elle évitera ainsi les éventuelles propositions malicieuses: "Tu en veux une?". C'est donc un défi, risqué, qu'elle se lance. Les suites Trois semaines plus tard, Juliette déclare que le "pari" est gagné; le paquet est intact; plus forte que l'addiction! Elle attribue tout naturellement ce succès à sa "volonté"; avis qui sera probablement partagé par un entourage admiratif. Réflexions Passer de 30 cigarettes quotidiennes à zéro, sans aide: la marche est bien haute… Juliette a des atouts : son haut degré de motivation; sa maturation, qui ne date pas d'hier: dans sa tête, elle était déjà prête. L'échec possible a été dédramatisé par le professionnel :"C'est un contrat avec vous-même. Ouvrir le paquet ne signifiera pas que vous n'avez pas progressé!" Attention cependant : Juliette, très fière d'elle, risque d'expliquer à d'autres en tentative d'arrêt l'importance de conserver un paquet de cigarettes pour apaiser les craintes liées au sevrage. Or on conseille évidemment toujours au fumeur de mettre toute cigarette hors d'atteinte, la sienne comme celle des autres, tant est obsédante en cas de dépendance forte l'envie d'en griller une. Méfiance, donc : le cerveau des addictions a d'autres outils… et les fumeurs "volontaires" ne réussissent pas mieux que les autres! Seul l'avenir dira [&hellip


Résultats de l’enquête ETINCEL-OFDT sur la cigarette électronique

Le 25 avril 2014

Il s'agit d'une enquête téléphonique, diligentée par l'OFDT, conduite entre le 12 et le 18 novembre derniers auprès d’un échantillon de 2052 personnes âgées de 15 à 75 ans; l'échantillon est représentatif de la population métropolitaine. L' étude a été rendue publique le 13 Février. Cette enquête voulait répondre à quatre questions : 1-les vapoteurs, qui sont-ils? 2- comment vapotent-ils? 3- avec quoi vapotent-ils? 4-pourquoi vapotent-ils? 1-Qui sont-ils? D'abord, ils sont très nombreux: fin 2013, une personne sur cinq déclare avoir utilisé au moins une fois une cigarette électronique. Ce sont essentiellement des fumeurs actuels (51%) ; les ex-fumeurs ne sont que 12%; ils sont seulement 3,5% à n’avoir pratiquement jamais fumé. 2-Comment vapotent-ils? Pour le savoir, on s'intéresse à ceux qui ont vapoté "au cours des trente derniers jours, et hors expérimentation". Les trois quarts d'entre eux ont débuté dans les six derniers mois de 2013, soit en pleine campagne médiatique. Plus de la moitié (54%) des usagers vapotent tous les jours; mais la répartition suivant l'âge est inégale : le vapotage quotidien est plus rare chez les plus jeunes, alors qu'il augmente avec l'âge, où le but affiché est de réduire ou d’arrêter le tabac (67% chez les 50-75 ans). Les deux tiers d’entre eux sont des usagers mixtes (associant cigarette électronique et tabac dans des proportions variables). Il n'y a pas de différence sensible en fonction du sexe. 3-Avec quoi vapotent-ils? On se procure la E- cigarette d'abord dans un magasin spécialisé (58%), ou dans un bureau de tabac (21%). L'achat sur Internet ne représente que 9%; les autres sources doivent regrouper les cigarettes électroniques jetables, et les "emprunts": la cigarette électronique d'un proche. 4-Pourquoi vapotent-ils? On vapote essentiellement pour arrêter ou diminuer le tabac "Les enquêtés qui déclarent utiliser simultanément du tabac et la cigarette électronique (51%) affirment spontanément que leur objectif principal et ultime est d’arrêter toute consommation de ces deux produits". Réduire les risques, sans arrêter totalement la cigarette, et poursuivre la cigarette électronique, au besoin sans nicotine, est l'autre tendance. Dans cette enquête, les ex fumeurs sont très peu nombreux ; ce sont possiblement ceux qui ont réussi et qui poursuivent leur vapotage, par goût ou par prudence; on sait que cette pratique est efficace pour prévenir la reprise (JF Etter). En bref -Les vapoteurs sont très nombreux, surtout récents, et essentiellement fumeurs; ils se fournissent principalement dans des boutiques spécialisées -Le vapotage [&hellip


Entre infos et intox, que sait-on vraiment de la nicotine?

Le 27 février 2014

La nouvelle règlementation qui va être proposée aux instances européennes pour la cigarette électronique est, pour l'essentiel, centrée sur la nicotine. Que lui vaut donc cet honneur? Trois idées simples à retenir, pour distinguer le vrai du faux. "La nicotine tue; la dose mortelle est de 60 mg". Faux ; la nicotine ne tue pas: cette valeur de 60 mg, venant d'une source datant de 1856, rapportée religieusement depuis par l'OMS et par d'autres sources aussi officielles, est en fait, totalement fausse; la dose létale théorique est plus de 20 fois supérieure, inaccessible en pratique au vapoteur comme au fumeur, sauf évidemment en cas d'intoxication volontaire ; la nicotine ne tue pas; c'est la fumée de tabac qui tue. Dans les faits, le consommateur s'arrête de lui-même quand son besoin est couvert, comme on s'arrête tout naturellement de boire (de l'eau plate…) quand on n'a plus soif. Ce réflexe est nommé "auto titration". Cela est vrai, tant pour le fumeur que pour le vapoteur: le besoin disparu, on ne tire plus sur sa "cigarette", électronique ou non


Cigarette électronique : faire de la nicotine une alliée ?

Le 27 février 2014

Les témoignages des vapoteurs , qu'on les retrouve sur leurs forums ou qu'ils vous le déclarent de vive voix sont suffisants pour vous convaincre qu'il se passe quelque chose au Royaume de la Tabagie; pourquoi et comment ça marche? Mais qui vapote? Les vapoteurs sont avant tout des fumeurs, plus rarement des ex-fumeurs; les non fumeurs sont encore plus rares; ceci est vrai, tant pour les adultes que pour les jeunes; pour ces derniers, quand ils sont non-fumeurs, il n'existe actuellement aucune preuve que le vapotage les amène à fumer. Ainsi, globalement, la cigarette électronique est essentiellement utilisée pour arrêter ou diminuer son tabagisme; elle n'apparait donc pas comme une porte d'entrée vers le tabagisme mais bien plutôt comme une porte de sortie. Plusieurs enquêtes françaises sont en cours, dont une à l'initiative de la Fondation du Souffle; il est peu vraisemblable qu'elles contredisent les enquêtes internationales. Le rôle de la nicotine, ou comment ça marche? La nicotine provoque le relargage de dopamine; ce neurotransmetteur est associé au "plaisir" ; il apparait en présence de toutes les substances dites psychoactives: cocaïne, amphétamines, héroïne…; la recherche compulsive de ce plaisir conduit à la dépendance. Ce schéma simple a ses limites, non discutées ici. Le rôle du pH de la fumée de tabac La cigarette électronique n'apparait pas comme une porte d'entrée vers le tabagisme, mais bien plutôt comme une porte de sortie Plus la pénétration de la nicotine dans le cerveau sera rapide, plus l'addiction est à craindre ; cette rapidité dépend du pH de la fumée de tabac ; s'il s'agit de tabac blond, le plus fumé, au pH bas, il faut au fumeur tirer fortement sur la cigarette pour gagner le poumon profond ; en quelques secondes, la nicotine atteint alors le cerveau; cette pratique est la plus addictive; à l'opposé, pour le tabac brun traditionnel, au pH plus élevé, et comme pour le tabac à pipe ou le cigare, l'absorption se fait au niveau de la muqueuse buccale, très aisément; pas besoin d'inhaler; mais la progression jusqu'aux récepteurs cérébraux est alors beaucoup plus lente. Et la cigarette électronique, pourquoi ça marche? Parce qu'elle fournit rapidement au cerveau la nicotine dont il a besoin. Après avoir tiré une bouffée sur la e-cigarette, la rapidité d'accès au cerveau dépend de facteurs multiples: concentration de nicotine dans la vapeur, mal corrélée avec celle de la recharge utilisée, nombre et profondeur des [&hellip


La cigarette électronique est-elle un médicament contre le tabagisme ?

Le 15 septembre 2013

Voilà qui ne simplifierait pas les choses… En France et en Europe, l’évaluation de données du dossier d’AMM(Autorisation de Mise sur le Marché) qui garantit la qualité, la sécurité et l'efficacité des médicaments est effectuée selon des procédures d’accès au marché définies très précisément dans la réglementation européenne. En pratique, cela voudrait dire valider la cigarette électronique par des études longues et coûteuses, à répéter après chaque modification, même minime, du matériel et de ses composants; or ils sont sans cesse en évolution car soumis à la concurrence acharnée des marques, au bénéfice du consommateur. La vente, comme pour tout médicament dans notre pays, se ferait alors exclusivement en pharmacie. Ce frein formidable à la diffusion de la cigarette électronique réunirait donc paradoxalement dans le même camp des professionnels de santé, et le lobbying très actif des industriels du tabac… Il faut donc conserver à la e-cigarette son statut de "produit de consommation courante" soumis à des règles existantes, et si nécessaire encore plus rigoureusement appliquées. On connait la très faible toxicité potentielle des vapeurs des cigarettes électroniques par rapport à la fumée des cigarettes de tabac. On sait par ailleurs que nombre de fumeurs diminuent ou arrêtent leur consommation de tabac. Si l’on ne fait rien, de nombreux fumeurs mourront de leur tabagisme avant que des études (mais les quelles?) aient innocenté la cigarette électronique… Comment sortir de ce dilemme, compliqué encore dans la CEE par des prises de position et des législations nationales variées qui vont jusqu'à interdire la e-cigarette ? Prudemment, le Parlement Européen a décidé de repousser d'un mois le vote des députés sur la Directive tabac. Pendant ce temps les vapoteurs se mobilisent, et rappellent à tous que ce sont aussi des électeurs; ils sont devenus maintenant plus nombreux que les chasseurs…


Les images « gore » sur les paquets sont-elles efficaces ?

Le 10 septembre 2013

En France comme dans de nombreux pays, suite à l'interdiction de la publicité pour le tabac, le packaging est devenu le seul support de communication disponible pour les cigarettiers. Depuis 2011, suivant les recommandations de l'OMS, les paquets de cigarettes comportent au dos des photos associées à leur message sanitaire, et au recto un slogan simple: "Fumer tue" ou "Fumer nuit gravement à votre santé et à celle de votre entourage". Est-ce efficace, en particulier chez les jeunes? Selon une étude britannique du 5 septembre dernier (Tobacco Control) le résultat est mitigé; l'étude réalisée en 2008 et répétée en 2011 a concerné un millier de jeunes âgés de 11 à 16 ans, en grande majorité non fumeurs; les images n'avaient quasiment aucun impact sur les fumeurs réguliers; mais les non-fumeurs et les fumeurs occasionnels étaient nombreux, plus encore en 2011 qu'en 2008, à les trouver dissuasives. Pour un fumeur régulier le fait de déclarer qu'il "ne fait plus attention à l'image" et qu'il "ne la regarde même pas" traduit souvent le malaise qui précède l'envie d'arrêter même s'il doit en en rester là. Peut-on faire mieux? Le paquet "neutre" ou "standardisé" Depuis le 1er décembre 2012 tous les paquets de cigarettes vendus en Australie ont désormais la même apparence : couleur vert olivâtre sombre: disparition du code couleur (bleu pour les "light") et taille identique: plus de paquets allongés aux couleurs douces conçus pour les femmes une image "choc" occupant 50% de la face, surmontée de son message sanitaire écrit en caractères standardisés, comme le nom de la marque, placé sous l'image. Par comparaison avec un paquet normal, des cigarettes identiques une fois emballées dans un paquet neutre sont trouvées moins agréables au goût, et jugées plus dangereuses pour la santé. Les testeurs sont des fumeurs, adolescents et adultes des deux sexes.   Le paquet: un objet "jeune" Le jeune qui commence à fumer ne recherche pas tant une première bouffée qui fait tousser qu'un signe de "classe", qui facilite son intégration et le valorise aux yeux de tous, comme le dernier vêtement ou le gadget électronique à la mode; les cigarettiers le savent : le paquet peut jouer ce rôle; mais pas le paquet neutre…La recherche de l'estime de soi doit passer par d'autres valeurs... faire peur, culpabiliser, voire humilier n'est pas une garantie d'efficacité. Qu'en pensent les cigarettiers? "Attaquer l’apparence d’un produit peut affecter les ventes et sérieusement mettre [&hellip


Histoire de fumeur :
cas clinique n°1

Le 8 septembre 2013

Ici vous trouverez des histoires courtes vécues par des professionnels ayant accompagné des fumeurs dans leur démarche. Elles invitent à la réflexion... Cas clinique N°1 Pierre, 57 ans,  personnage charismatique Pierre, 57 ans, responsable et animateur d’une MJC, personnage charismatique, grand communicateur, est très gros fumeur, de très longue date. N’ayant jamais arrêté, il se trouve confronté à la législation dans une structure sans tabac, et en porte à faux dans le rôle d’exemplarité qui devrait être le sien ; il demande de l'aide pour s'arrêter de fumer. Le tabacologue évoque avec lui sa participation à un groupe d'aide à l’arrêt du tabac, pour qu'il puisse bénéficier par les échanges d'expérience de la dynamique et du soutien d'autres fumeurs. Pierre demande le temps de réfléchir. Lors de la 2ème consultation, il déclare : "l’équipe qui m’entoure fume aussi ; je pense que je vais accepter votre proposition d’être l'animateur de ce groupe". Plusieurs réflexions  : on assiste à une sorte de déni de ses propres problèmes et à une fuite devant la réalité : or c’est ici lui qui est en cause,  ce ne sont pas les autres. Pierre tient à ne pas sortir de son statut: c’est la vedette. dans le cas de Pierre, les probabilités d'arrêt sont faibles, s'il n'y a pas de prise en charge psychologique pour remise en question du personnage derrière lequel il s'abrite. la démarche de Pierre est totalement différente de celle, par exemple, des Alcooliques Anonymes : ces personnes sont sorties de leur addiction ; elles sont devenus abstinentes ; elles décident alors modestement d'aider les autres, en partageant avec eux leur expérience. Epilogue : C’est sans surprise qu'on ne revoie plus Pierre à la consultation; il ne donne pas de nouvelles, même sollicitées par courrier et par téléphone.  


Cigarette électronique : quand 60 Millions de Consommateurs dérape…

Le 28 août 2013

L'article paru dans 60 MILLIONS DE CONSOMMATEURS, N° 485 de septembre 2013 vient de jeter le trouble sur un fait qu'on pensait bien établi, de façon non seulement hexagonale mais largement admise en Europe (Royaume Uni en particulier ) et aux EU (Food and Drug Administration) : la cigarette électronique est beaucoup moins nocive que la cigarette conventionnelle. Or, nous dit 60 MILLIONS, à la suite des résultats de son "approche originale", les Pouvoirs Publics devront désormais tenir compte des risques intrinsèques liés à l'inhalation des vapeurs des E-cigarettes ainsi que des incertitudes sur son usage à long terme. Le Pr. Louis Jeannin réagit: Cette déclaration a fait grand bruit, venant d'une revue que j'apprécie pour sa vision éthique et écologique des problèmes que rencontre le consommateur. J'ai personnellement adressé aussitôt au Rédacteur en chef de 60 MILLIONS la mise au point suivante: D'après de nombreux témoignages, l'accueil des consommateurs, presque exclusivement fumeurs, adultes ou jeunes, est enthousiaste; beaucoup diminuent leur consommation; certains s'arrêtent, parfois surpris de l'avoir fait sans effort; mais l'efficacité à long terme est bien sûr inconnue: comme dans toute conduite addictive, il n'y a pas d'outil "miracle". Quelles sont donc les découvertes de 60 MILLIONS? Le fait d'avoir pu trouver dans certains kits des molécules potentiellement cancérigènes, "à des taux qui flirtent parfois avec ceux des cigarettes conventionnelles", pouvant contenir du formol, polluant de l'air intérieur, de l'acétaldéhyde, de l'acroléine ainsi que "des métaux potentiellement toxiques", à l'état de traces. Mais cela doit-il faire conclure qu'en vapotant on troque un produit toxique, le tabac (73.000 morts/an, dont environ 25.000 cancers des voies aériennes), pour un autre, la cigarette électronique, avec le même taux de risque ? Sûrement pas! Le fait que certaines étiquettes soient trompeuses : c'est regrettable; pour autant, trouver une teneur en nicotine à 10 mg/ml alors qu'elle est affichée à 16mg, cela rend-t-il le produit plus toxique? Le consommateur s'ajustera à son besoin, comme il le ferait s'il utilisait un inhalateur de nicotine vendu en pharmacie. Heureusement des mises au point-assez claires et fermes- sur les principales chaines de TV ont réaffirmé qu'il vaut mieux vapoter que fumer… Bien sûr, un cadre règlementaire est nécessaire, concernant en particulier le contrôle de traçabilité et de qualité de tout produit destiné à être inhalé; il est prévu. L'intérêt des différentes marques, dont la concurrence est féroce, va dans ce sens. En définitive, que ressort-il de [&hellip


La cigarette électronique contribue-t-elle au redressement des finances de la France ?

Le 18 août 2013

Le tabac coûte cher à la France: 48 Milliards d'€ par an, soit 3 % de notre PIB, ou l'équivalant de la dette du pays ; toute baisse du tabagisme vient donc en diminution de ce fardeau; mais en diminuant le tabagisme, on diminue aussi les recettes liées au tabac. Nombreux sont les fumeurs qui-de la déclaration même des tabacologues de terrain-ont diminué, voire arrêté leur consommation de tabac depuis qu'ils "vapotent". L'explosion du commerce de la cigarette électronique joue-t-elle un rôle dans ce contexte économique? Sur le plan purement économique, les bénéfices liés au vapotage sont certains : • pour l'ex fumeur d'abord; plus on est pauvre, plus on fume. Devenu "vapoteur", son pouvoir d'achat sera amélioré, pouvant atteindre 2400€ par an pour une consommation d'un paquet/jour (soit deux mois de salaire s'il est payé au SMIC), après déduction du coût de l'utilisation du matériel, fonction en particulier de la consommation et du renouvellement des consommables. Le tabac coûte cher à la France : 48 Mds d'euros par an, soit 3 % de notre PIB ; toute baisse du tabagisme vient donc diminuer ce fardeau • pour le commerce en général, en ces temps de crise: on observe actuellement le développement extrêmement rapide de chaines de boutiques spécialisées, créatrices d'emplois variés; peu de petites entreprises peuvent en dire autant. Une société française fortement exportatrice produit des arômes de qualité • pour l'employeur quel qu'il soit, puisqu'il est établi que le non fumeur est plus productif, fait moins de pauses, et des pauses moins longues, est moins souvent arrêté pour maladie, que le fumeur • pour l'Assurance Maladie, d'abord à court terme, par la diminution des arrêts de courte durée pour les maladies saisonnières, plus sévères chez les fumeurs; à long terme ensuite par la baisse du coût énorme du traitement des maladies chroniques graves liées au tabac. • pour les Finances Publiques enfin, dont les pertes liées aux revenus annuels tirés de la vente du tabac (environ 15 Milliards d'€) pourraient être rapidement compensées : d'abord par l'augmentation déjà programmée des taxes sur le tabac, ensuite par les économies liées aux dépenses de santé- enfin par des mesures financières nouvelles; celles-ci pourraient concerner -par exemple -les revenus exceptionnels tirés de la vente des cigarettes électroniques et la suppression des mesures "transitoires" d'accompagnement des buralistes, suppression déjà recommandée par la Cour des Comptes en décembre 2012. Seuls seraient perdants les [&hellip


Les limites du Test de Fagerström

Le 31 juillet 2013

La retraite de Karl Fagerström en 2011 marque-t-elle la fin du si célèbre "Test de Fagerström"? Ce test est le plus ancien; inventé en1978, par un médecin suédois Karl Fagerström, le nom du test a évolué avec l'évolution des connaissances sur le tabagisme. D'abord Questionnaire de tolérance de Fagerström, puis Test de dépendance à la nicotine en 1991, il est devenu au moment de la retraite de K Fagerström en 2011 Test de dépendance à la cigarette, "Avez-vous quelque chose à déclarer?" Fagerström précisait que le test n'a effectivement été validé que pour la cigarette et non pour les autres utilisations du tabac; par ailleurs l'auteur soulignait que outre le fait que le rôle de la nicotine dans la dépendance était mis en question, bien d'autres facteurs, en particulier psycho-sociaux, intervenaient dans la dépendance au tabac. Des avantages Ce test est le plus usuel: un fumeur déjà "testé" et qui consulte à nouveau peut aisément avoir mémorisé un résultat antérieur, comme on se souvient de son poids. Il a pour lui sa simplicité, rendue encore plus évidente si on utilise un test en deux questions (voir "test court"); il est reproductible: deux questionnaires successifs pratiqués dans un délai bref donnent, en principe, des résultats identiques ; il livre un instantané: la situation "actuelle". Il faciliterait le traitement médicamenteux: pour certains spécialistes il débouche, pour le fumeur adulte, sur des indications thérapeutiques codifiables, qui permettraient de délivrer des produits de substitution nicotinique (patchs, gommes …) de façon "adaptée" à chaque fumeur. Il n'est cependant pas exempt de pièges Les pièges des réponses: bien des fumeurs "grippés" ne se mettent pas au lit quand ils sont malades. Avant de voir un film de trois heures, un fumeur dépendant prend ses précautions et fume 3 à 4 cigarettes avant d'entrer; à la sortie, il se précipite pour en allumer d'autres… Le changement de mode de vie: le Ramadan minore le score; pas de tabagisme le matin, et nombreuses cigarettes après le coucher du soleil; le travail posté avec ses variations peut influer sur la consommation, de même que les vacances Le moment où est passé le test dans l'histoire du tabagisme : quelle valeur retenir chez un fumeur en pleine phase d'arrêt? Ce test est déclaratif: "Avez-vous quelque chose à déclarer?" On ne répond pas forcément de la même façon au médecin du travail avant une visite d'embauche et au professionnel auquel on [&hellip



Retour en haut de page ↑