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Articles de la catégorie "Actu tabac"

Faire ses valises? en s’adressant au passage quelques fleurs ?

Le 28 novembre 2016

Le discours du 4 février 2014 du président F Hollande, présentant le 3ème Plan Cancer, avait tout dit, et dans les moindres détails, dénonçant clairement la responsabilité du tabagisme dans les 150. 000 décès observés chaque année. " J’ai donc demandé à Marisol TOURAINE de présenter, avant l’été, un programme national de réduction du tabagisme". Voilà qui était clair. Que retiendra-t-on du programme ambitieux de Marisol TOURAINE? -Le paquet neutre, bannière brandie par notre ministre, entrainant derrière elle quelques pays européens. Il a remplacé le paquet traditionnel après épuisement des stocks. Sujet majeur de discorde avec les buralistes, il leur a en retour apporté récemment bien des compensations, de tous ordres, leur évitant ainsi la hausse franche du prix du paquet, pourtant initialement prévue. -Le Moi(s) sans tabac "le suivi de l’arrêt, sa réalité, et surtout sa durée, seront d’analyse délicate" Ce plan a fait ses preuves au Royaume-Uni: durant le "Stoptober", le nombre de fumeurs tentant de s'arrêter aurait augmenté de 50% par rapport à un mois habituel. Tous les fumeurs sont invités à participer à ce programme, confié à des "Ambassadeurs" choisis par les Agences Régionales de Santé. Cette action, très médiatisée, sera d’évaluation difficile, reposant sur la déclaration volontaire des fumeurs auprès de Tabac Info Service chargé de les comptabiliser; malgré les moyens mis en œuvre, le suivi de l’arrêt, sa réalité, et surtout sa durée, seront d’analyse délicate. La révolution des dix dernières années : l’e-cigarette -"La vape : données actuelles et avenir"  9 mai 2016 au Conservatoire National des Arts et Métiers Organisé à l’initiative de Jacques LE HOUEZEC, des Pr. JAYLE et DAUTZENBERG, il a réuni toutes les parties prenantes, scientifiques, politiques, associations, autorités de santé, fabricants et distributeurs, et usagers. Ce fut une parfaite réussite. D’après le compte rendu publié par Jacques LE HOUEZEC  un consensus s’est fait sur les points suivants : La moindre toxicité des émissions de la vape par rapport à celle de la fumée de tabac. Son efficacité pour arrêter ou réduire sa consommation, sous réserve d’un matériel adapté, d’arômes plaisants, d’une dose de nicotine adéquate. Des normes de qualité rassurantes. Quant à l’adolescent, l’e-cigarette est plus un concurrent du tabac qu’un produit d’initiation. Comme il l’avait promis, le Pr. Benoit Vallet, Directeur Général de la Santé, a repris contact avec les participants d’un groupe de travail émanant des associations de vapoteurs. La porte reste donc ouverte... -La Conférence des Parties (COP) 7-12 novembre à New [&hellip


La démocratie participative à la mode ?

Le 28 septembre 2016

En période pré-électorale, certes, chacun veut se faire connaitre et s’exprime à sa façon. Dans cette cacophonie, n’oubliez-pas les Associations qui se soucient de votre santé : elles luttent pour vous ! LA RÉDUCTION DES RISQUES : AUDITION PUBLIQUE Depuis plus d’une décennie dans le monde l’attitude concernant les drogues et les addictions est en pleine évolution. En France, on en reste encore à une politique répressive pour toutes les drogues illégales, et à un traitement traditionnel pour les drogues licites (tabac, alcool) avec un seul but : obtenir l’arrêt. Ce " lutter contre " a ses limites. Une autre approche, beaucoup plus pertinente et fructueuse, est possible. La réduction des risques et des dommages (RdRD). La Fédération Française d’Addictologie, qui regroupe la totalité des associations professionnelles et des sociétés savantes de l’addictologie, après une longue préparation, a organisé une Audition Publique sur la RdRD liée aux conduites addictives les 7 et 8 avril derniers. Cette Audition Publique, fort peu médiatisée en dehors des milieux professionnels, a bien montré combien une politique axée sur le respect de la personne, sa diversité, ses besoins réels, était plus réaliste et efficace que celle du tout ou rien, avec ses limites, sa stigmatisation devant des échecs répétés, sa culpabilité sous-jacente. L’Aiduce, qui présentait dans le cadre de la RdRD son rapport sur le rôle de la cigarette électronique et des associations de vapoteurs, a souligné combien la cigarette électronique représentait un outil complémentaire de la réduction des risques. La réduction des risques : déjà une entrave. On se rappelle l’espoir laissé par les conclusions du Premier Sommet de la Vape du 9 mai dernier : la e-cigarette, produit de consommation courante, est beaucoup moins toxique que le tabac ; elle bénéficie de normes permettant d’améliorer son efficacité et sa sécurité ; les sociétés savantes ne doivent pas décourager le fumeur de l’utiliser ; des réunions de travail ont été prévues avec le Pr Benoit Vallet, directeur général de la Santé, représentant Marisol Touraine. "Interdit-on aussi au buraliste qui vend les e-cigarettes des cigarettiers de conseiller le client sur le produit qu’il achète ? " Or le 20 mai on apprenait que toute information ou communication, directe ou indirecte, sur les produits du vapotage pouvait être attaquée sur la demande de tout mécontent, public ou privé... Imaginons le fumeur, conscient du danger de son tabagisme, face au vide, en haut d’une falaise : on lui propose une voilure pour freiner sa chute ; [&hellip


Dans la lutte contre le tabagisme, la France ne manque pas d’atouts.

Le 23 avril 2016

Son passé plaide pour elle. Elle fut considérée comme un pays leader en Europe. Aurait-elle perdu son rang ? La France est un des tous premiers pays avec le Royaume Uni à avoir adhéré dès 2003 à la Convention Cadre de Contrôle du Tabac (CCLAT), premier traité international de santé publique, et à se déclarer en 2005 pays opérationnel et actif. Elle fut une des premières à légiférer contre le tabac : Loi Veil en 1976, loi Évin en1991, mesures de 2005, décret d’application en 2006... La France a indiscutablement pris du retard en partie par ses incohérences : intérêts financiers dans la vente du tabac ("Société d'exploitation industrielle des tabacs et allumettes" SEITA, monopole d’Etat). Elle a attendu jusqu’en 2000 pour se séparer de son capital et en partie par l’emprise précoce et assidue des lobbies du tabac, présents dans les plus hautes sphères de l’Etat. Le plus redoutable étant Philip Morris International (PMI). Ainsi le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, déclarait-il en 2010 devant les représentants de PMI "La France a également conclu des accords bilatéraux avec les principaux cigarettiers, afin de lutter de concert contre la contrebande et contre la contrefaçon". Rajoutons le rôle de Bercy dont les règles très particulières qui président à la fixation des prix ménagent les avantages de tous, cigarettiers, buralistes, et les siens propres, puisqu’il n’a aucun intérêt à voir la consommation de tabac diminuer... Tous ces faits sont connus de longue date,  et déjà largement dénoncés. Actuellement notre pays crée des initiatives originales, dont beaucoup sont orientées vers la défense et la protection de la cigarette électronique.  De plus en plus nombreux sont ceux qui pensent que grâce à elle le tabac pourrait disparaitre un jour. Notre pays affiche le plus grand nombre de vapoteurs d’Europe ; il s’honore d’associations puissantes, dynamiques, appuyées par des professionnels du tabagisme. Il  est à la source des normes AFNOR certifiant la qualité du matériel des e-cigarettes et des e-liquides, normes destinées à devenir européennes. Il  soutient l‘initiative de Jacques le Houezec : réunir à Paris le 9 mai prochain tous ceux qui sont intéressés par la cigarette électronique, à la manière des grands sommets annuels organisés au Royaume Uni par la Royal Society depuis 2013 sur ce thème (the e-cigarette summit). Le 1er Sommet de la Vape Depuis quelques jours vient d’être dévoilé le portail internet d'informations et de conseils Addict'Aide. Il s’agit d’un village virtuel, créé à l’initiative [&hellip


Un printemps trop précoce, ou un coup de froid sibérien ?

Le 29 février 2016

Les résultats de la lutte contre le tabagisme qui ne bougent pas: pas de progrès, comme si toutes les ressources étaient épuisées. Que nous manque-t-il donc, là où d’autres pays réussissent ? Où sont nos erreurs ? Les derniers commentaires de la Cour des Comptes ont souligné des objectifs très ambitieux, qualifiés de " politique fiction"  par l’épidémiologiste Catherine Hill. Voyons leurs conseils. Augmenter le prix du tabac, de façon franche, et régulière, recommandation très ancienne de l’OMS C’est mettre le nez dans un fonctionnement particulièrement obscur, où chacun trouve son avantage : le fisc, les cigarettiers, les buralistes ; la dernière augmentation, programmée en janvier 2016, a été abandonnée, possiblement en échange du paquet neutre, mesure phare de notre Ministre. Un bon point : il est demandé que dorénavant la Santé soit présente lors des décisions de modifications des prix. Suivre l’exemple des pays qui ont réussi Le 19 août 2015 le Service de Santé Publique britannique le reconnaissait officiellement : les cigarettes électroniques sont très efficaces et nettement moins dangereuses que les cigarettes de tabac. Le taux d’arrêt des vapoteurs sans reprise du tabac est, après celui de l’Irlande (24%), le plus élevé d’Europe (21%).Aussi, prescrire l’e-cigarette à tout fumeur est recommandé. Deux enquêtes confirment l’efficacité de l’e-cigarette pour l’arrêt du tabac L’une, française (INPES), estime que l’e-cigarette a aidé 400.000 fumeurs à arrêter. L’autre, européenne montre qu’après élimination des simples expérimentateurs, six millions de citoyens européens ont arrêté grâce à la vape. Mais la toxicité ? Les normes AFNOR rendues publiques en mars 2015 Elles ont été élaborées en concertation avec l'ensemble des parties prenantes du secteur : différentes associations de vapoteurs (Fivape, Aiduce), des représentants des cigarettiers, sous la présidence du Pr B Dautzenberg. Deux normes, XP D90-300-1 (pour le matériel) et XP D90-300-2 (consacrée aux e-liquides), ont vocation à servir d’exemple aux normes européennes. Elles sont à la disposition des fabricants, fournisseurs, distributeurs. A eux de prendre la responsabilité de s’y conformer avant que la Directive Européenne sur les produits du tabac ne les y oblige en mai 2016. Que pense notre Ministre de l’e-cigarette ? "N’a-t-elle pas dans son entourage un vapoteur pour lui expliquer l’objet, son utilisation, et ce qu’on peut en attendre ? " Après avoir déclaré à plusieurs reprises que la gravité du tabagisme justifiait de " faire flèche de tout bois"  elle a multiplié les interdits, suggérant que la vue d’un vapoteur incitait à fumer, et que le vapotage lui-même ouvrait la porte au tabac [&hellip


2016 : une année difficile en perspective?

Le 17 janvier 2016

En mai prochain la Directive sur les produits du tabac (DPT) doit préciser les décisions qui s’imposeront à chaque pays Européen. Echéance redoutable, tant on connait les péripéties des premières réunions. Rappel Tous les dix ans, l’OMS fait le point sur l’état des lieux de tout ce qui touche au tabagisme. Ce que nous en disions il y a un an Une mise au point sur l’avenir de la cigarette électronique Des réponses peu rassurantes à quelques questions sur l’avenir de la cigarette électronique Pourra-t-on encore acheter des cigarettes électroniques? Oui. Mais de nouvelles règles viendront encadrer celles contenant de la nicotine, substance toxique qui crée une dépendance. Les autres ne sont pas concernées. Les États membres garderont la main pour certaines décisions comme la réglementation de leurs arômes, la publicité dans un cadre strictement national, et les limites d’âge. Les obligations des fabricants de cigarette électronique ? Ils seront tenus de notifier leurs produits avant de les commercialiser. La notification comportera des informations sur le fabricant, les ingrédients utilisés, les émissions, le dosage et l’absorption de nicotine, le produit et le procédé de fabrication…Ils devront faire rapport chaque année aux États membres sur les volumes de vente des produits et le profil, les préférences et les tendances des utilisateurs…etc. La réglementation des cigarettes électroniques pourra-t-elle être revue par la suite? En fonction de ces résultats la Commission reconsidérera au besoin sa position. Notre credo : "la nicotine, produit toxique et responsable de la dépendance au tabac" Nicotine : " hautement toxique "? Que peut penser le fumeur qui n’a pu arrêter malgré des doses importantes de produits de substitution nicotinique, associant patchs et gommes, utilisées pendant des mois, et qu’on persuade qu’en inhalation, à des doses très inférieures, il s’intoxique ? Il devra de plus éviter tout contact cutané lors de toute manipulation d’e-liquide. Aucune référence scientifique chez l’homme pour rapporter un quelconque incident justifiant de telles précautions. Nicotine : "responsable de la dépendance au tabac" ? Certes, en partie ; mais ce n’est qu’un élément, parmi beaucoup d’autres, d’un phénomène complexe. Les produits de substitution nicotinique sont les médicaments les plus utilisés dans l’éventail pharmacologique destinés à arrêter le tabac, et en vente libre, dès l’âge de 15 ans…Par voie inhalée, le même produit, de qualité pharmacologique, rendrait dépendant? Un cahier des charges inquiétant "On notera toutes les dérives qui permettent de mettre les fabricants et les distributeurs en difficulté" On y notera toutes [&hellip


La France, mauvais élève de l’Europe ?

Le 23 août 2015

On le savait depuis l’enquête " Eurobaromètre sur l'attitude des Européens à l'égard du tabac" dont nous avons déjà rapporté les résultats sur ce site : la France occupe un rang médiocre, avec ses 24% de fumeurs de plus de 15 ans, bien loin de la Suède (11 %) et de la Finlande (19 %). Notre politique de lutte contre le tabac, si ambitieuse sur le papier, inscrite au sein d’un plan Cancer (Objectif 10), comporte des objectifs très ambitieux, publiquement annoncés et aussitôt dénoncés comme de la "politique fiction "; un programme déjà pointé du doigt par la Cour des Comptes en 2012, et qui traîne. Tout indique que nous sommes à la fin d’un cycle : On ne fera pas beaucoup plus, avec nos outils actuels, déjà bien rouillés ; la "dénormalisation " du tabac est acquise, l’interdiction de fumer dans les lieux ouverts au public est globalement à peu près respectée, bien que jamais contrôlée ; les fumeurs fument dehors : leurs mégots en font foi. Beaucoup, qui sont conscients des dangers du tabagisme passif, l’épargnent à leurs proches. Peut-on vraiment faire mieux ? Traversons le Channel et regardons ce que font nos voisins. Les Anglais, il y a une décennie, fumaient autant que nous. Avec leur pragmatisme réputé, leur Service de Santé Publique (Public Health England ) s’est attaché à voir la réalité en face. Il a noté qu’en dépit des controverses sur la e-cigarette, le taux d’arrêt des vapoteurs sans reprise du tabac était tout simplement, après celui de l’Irlande (24%), le plus élevé d’Europe (21%). Il vient donc de reconnaitre officiellement (le 19 août dernier) que les cigarettes électroniques sont sans discussion très nettement moins dangereuses que les cigarettes de tabac. En conséquence, une fois les produits nécessaires agréés et disponibles, il faut autoriser sans tarder leur prescription par tout médecin généraliste. Ce n’est donc plus qu’une question de temps, car le Service de Santé Publique coordonne tout. L’orchestre est en place ; il n’y a plus qu’à accorder les violons. Il est probable que ces informations vont être relayées dans le monde entier, et peut-être faire rebattre les cartes là où on commençait à désespérer... Rentrons en France dans notre diversité républicaine. Développée dans notre pays depuis 2008, la e-cigarette a bouleversé le paysage ; bien utilisée, avec un bon matériel, elle marche ; les vapoteurs le disent ; les professionnels le constatent, l’utilisent avec succès s’ils sont fumeurs et la conseillent de plus [&hellip


Que penser des interdictions ?

Le 20 juillet 2015

Parmi les très nombreuses déclarations publiques de notre Ministre à propos du tabac, il est frappant de voir avec quelle fréquence on entend le mot " interdiction " ; dans le bouquet de toutes celles qui nous attendent on en choisira deux qui vraiment nous interrogent : l’interdiction de vapoter dans les espaces publics et l’interdiction de la cigarette électronique au travail. L’interdiction de vapoter dans les espaces publics D’où vient donc cette idée ? On parle depuis longtemps de la  "dé normalisation du tabac" ; à ce titre, tout ce qui le rappelle doit être interdit ; or la cigarette électronique fait penser au tabac ; elle doit donc être proscrite. Le sophisme est parfait : "raisonnement faux, malgré une apparence de vérité". Plusieurs questions à notre ministre : A-t-elle déjà vu, pris en mains, une cigarette électronique ? En dehors des tous premiers modèles, les "cigalikes", jetables, essentiellement vendus par les buralistes, les modèles actuels sont extrêmement différents, tant par leur design que par la façon dont on s’en sert; l’identification est immédiate ; la confusion avec une cigarette de tabac est aussi peu vraisemblable que le serait celle de confondre un vélo et un scooter! Autant on peut comprendre qu’un fumeur ait envie d’une vraie cigarette en présence d’un autre fumeur en train d’en griller une, autant on le voit mal s’approcher d’un vapoteur utilisant son matériel bizarre, pour quémander une cigarette de tabac…La question sera plutôt : "Qu’en pensez-vous ? Est-ce que ça marche ? " Les vapoteurs sont essentiellement des fumeurs ou des anciens fumeurs, y compris parmi les jeunes. Les vapoteurs sans passé de tabagisme sont l’exception. Notre Ministre le sait-t-elle ? Veut-t-elle les priver de ce qui leur a permis de se débarrasser du tabac ? N’y a-t-il pas une monstrueuse contradiction entre le fait de tolérer de fumer la cigarette de tabac et celui d’interdire de vapoter? On autorise la  "tueuse "; mais on interdit ce qui peut l’en protéger? Confondre une cigarette électronique et une vrai cigarette équivaut à confondre un vélo et un scooter... Interdiction de la cigarette électronique au travail La toute première raison qui motive le vapoteur est l’envie de diminuer ou d’arrêter sa consommation de tabac ; un fumeur d’un paquet ou plus est toute la journée sollicité de façon de plus en plus impérieuse par son besoin de fumer ; se concentrer devient impossible ; pouvoir vapoter à son rythme, en fonction de ses besoins, c’est reculer en toute sérénité le moment où on pourra, éventuellement, faire une "pause-café " : en [&hellip


La France livrée aux lobbies du tabac

Le 29 mai 2015

La France fut un des premiers pays à signer en 2004 une convention-cadre avec l'OMS interdisant de se laisser influencer par les ingérences de l'industrie du tabac; un des premiers Européens à mettre en œuvre un cadre législatif pour limiter le tabagisme, actif comme passif. Pourquoi dix ans après se trouve-t-elle dans une situation burlesque, distancée de dix points par le Royaume-Uni dans son pourcentage de fumeurs ? Marc LOMAZZI, journaliste et rédacteur en chef adjoint du Parisien-Aujourd'hui en France nous l’explique dans son enquête "Comment la mafia du tabac nous manipule". Il faut lire ce travail. On se contentera ici de piocher dans un document prolifique quelques points éclairant le jugement sévère de Catherine Hill. Le lobby du tabac Trois comparses se partagent des intérêts communs : le Cartel des cigarettiers (Philip Morris, British American Tobbacco, Imperial Tobbacco, Japan Tobbaco), les buralistes chargés par l'Etat de la vente du tabac, et enfin Bercy qui en retire chaque année 15 milliards d’euros. Tout ce qui risque de toucher à la consommation du tabac nuit donc aux différents partenaires ; chacun joue sa partition devant l’opinion publique et devant les élus, Européens ou nationaux, comme si on ne s’entendait pas. Une personne clé : l’assistant parlementaire. Attaché à son député, il est à la fois bureau de renseignements et passeur d’informations ; il est instruit, compétent, bien introduit par son élu dont il partage le sort ; un badge l’autorise à circuler librement dans l’Assemblée… et il est fort mal payé; il est donc la cible rêvée des lobbyistes du Cartel, qui savent lui proposer des informations susceptibles d’intéresser son député : synthèses de rapports, documentations diverses, fausses enquêtes et études d’opinion … bref un complet enfumage, incontrôlable, alimentant les inquiétudes de fin de mandat électoral. Devenir lobbyiste L’assistant parlementaire, instruit, compétent et fort mal payé, la cible rêvée des lobbyistes A l’échéance du mandat, l’assistant qui a pu apprécier l’intérêt que certains lui portent, clairement traduite par la rémunération qu’on lui propose, franchit le pas et accepte le poste ; toute une carrière est devant lui s’il a " l’esprit maison", doublé d’un équilibre psychologique à toute épreuve pour refouler toute pensée d’ordre éthique. Une autre condition absolue : respecter la loi du silence. Devenu lobbyiste, notre personnage possède l’arme de destruction massive : l’argent, capable d’acheter les plus hauts fonctionnaires, des chercheurs réputés, des membres de l’appareil judiciaire…et capable d’offrir au quotidien des prestations dites "d’hospitalité" : une place dans une [&hellip


Fin avril : déjà quelques fleurs fanées !

Le 30 avril 2015

L’OMS : un rapport sur la cigarette électronique affligeant, admettant du bout des lèvres que celle-ci pourrait aider quelques fumeurs à arrêter, après échecs répétés des traitements traditionnels; par contre, le vapotage passif devait être évité du fait de sa toxicité potentielle pour la femme enceinte, le fœtus et l’enfant, car possiblement responsable d’un retard mental ; tout cela au conditionnel… Madame Chang, présidente de l’OMS défendait elle-même devant la Presse, hors conférence mondiale, ses vues sur la cigarette électronique. On peut rappeler combien l’OMS se voit actuellement reprocher sa politique internationale à propos d’Ebola… Et l’Europe de la e-cigarette? Certains pays l’interdisent (Pologne, par exemple) ; d’autres la tolèrent, mais sans nicotine (Suisse) ; peu osent la conseiller, tel le Royaume-Uni, toujours efficace et pragmatique, " puisqu’elle est certainement moins dangereuse que le tabac ". La France " La France rejoint le peloton de tête des États développant une politique visionnaire en matière de lutte contre le tabac " " La France rejoint le peloton de tête des États développant une politique visionnaire en matière de lutte contre le tabac " a retenu notre Ministre, heureuse de ce compliment décerné par Madame Chang, elle aussi experte en matière lutte contre le tabac …. Marisol Touraine ne parait pas trop affectée par ce paradoxe gouvernemental majeur : l’État met en vente libre un produit sur lequel il est écrit qu'il tue ; par contre il freine l’utilisation de la cigarette électronique, ennemie du tabac, dont il interdit l’usage dans l’espace public, ce qui pourtant n’importune personne ; mais on peut y fumer sans y être inquiété... Autre paradoxe : le report de plusieurs hausses prévues du prix du tabac ; or c’est un des outils reconnus pour son efficacité ; ce report est salué par les buralistes, qui se consolent de l’aventure du paquet neutre, l’arme de destruction massive que brandit notre Ministre. Qui commande? Bercy ? La Santé Publique? Ou personne ? La liste, brouillonne, des interdictions s’allonge, tenant lieu de politique ; tout cela au bénéfice des cigarettiers, qui développent leurs nouveaux produits sans craindre la concurrence, puisque la cigarette électronique est interdite de publicité. Chaque jour apporte aux rédactions son lot d’histoires insolites concernant la cigarette électronique sans attendre le démenti des experts qui mettront quelques heures ou plusieurs jours pour contrôler soigneusement les rumeurs et se manifester ; mais le mal est fait : le fumeur retient le doute… On attend, sans hâte la validation sénatoriale d’une Assemblée qui compte dans [&hellip


Réactions après la conférence de Moscou

Le 31 octobre 2014

Le premier à se manifester, dès la fin de la conférence, fut le Professeur Gerry  Stimson, Professeur Honoraire de Sociologie, département de Santé Publique de Londres. Il fut l’un des signataires de la lettre de protestation adressée à Margaret Chang, directrice générale de l’OMS en mai 2014, la pressant de ne pas réglementer la cigarette électronique de la même façon que le tabac traditionnel. Voici une traduction (très libre) de son argumentation. Les directives données par la Conférence des Parties sont, sans aucune équivoque, mauvaises pour la Santé Publique ; elles sont déplorables aussi pour tous ceux qui auront à prendre des décisions et qui devront les justifier sur des arguments sérieux. La question qui se pose est bien la suivante : l’OMS est-il capable de faire ce travail ? Au cours d’une réunion déjà viciée par l’exclusion du public et en l’absence de tout représentant des médias, la conférence parait être restée très méprisante pour ce que représente à l’évidence la cigarette électronique, et fort peu soucieuse, voire inconsciente des conséquences désastreuses de ses conclusions. Car la conséquence la plus évidente est la protection dont bénéficie ainsi la cigarette conventionnelle, débarrassée de ses concurrents, en particulier de la cigarette électronique, pourtant infiniment moins dangereuse. Le rapport insiste essentiellement sur des risques mineurs, ou hypothétiques, voire imaginaires. Il ne met pas en lumière cette opportunité majeure pour toute une population de fumeurs : remplacer leur tabagisme par une méthode comportant un risque inférieur de 95 à 100% à celui de la cigarette conventionnelle. Il marginalise tous les efforts d’innovation de ces produits. Il encourage toutes sortes de règles incluant des interdictions d’utilisation et de promotion, avec leurs conséquences économiques. Si ces règles sont mises en œuvre, elles auront pour effet probable de réduire le nombre de fumeurs passant à la cigarette électronique. Ils conserveront ainsi les risques liés à leur tabagisme. L’espoir de voir diminuer la consommation de tabac de 30% en 2025 (souhait des Nations Unies concernant les maladies non transmissibles) n’est pas envisageable sans le développement rapide de la cigarette électronique. Elle ne représente donc pas, comme semble le penser l’OMS une partie du problème, mais bien au contraire une partie de la solution ! La question qui se pose est bien la suivante : l’OMS est-il capable de faire ce travail ? Après Gerry  Stimson, les vapoteurs désabusés se sont largement exprimés sur leurs forums : indignation, déception, inquiétude pour l’avenir, en particulier [&hellip



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