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Avis de tempête…

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Publié le 8 février 2017

Dans un monde en pleine ébullition, habitué aux catastrophes, une de plus ? Ou une lueur d’espoir?

Quel avenir pour le tabac dans dix ou vingt ans ? Et si le vent tournait ?

Pendant le XXème siècle, le tabagisme aura tué 100 millions de personnes, plus que la somme des deux dernières guerres mondiales. Les victimes, pour la plupart, n’avaient aucune idée des risques qu’elles prenaient.

Au rythme actuel de la progression de la population, c’est un milliard d’humains qui périront du tabac durant le siècle prochain, si rien ne bouge.

Depuis plusieurs décades on fait la guerre au tabac, avec des résultats variables en fonction des pays. De 1980 à 2013, la proportion de fumeurs sur le continent américain a diminué de près des deux tiers. Mais sur le continent africain, moins de 50%, et un tiers au Moyen Orient. En Chine le tabagisme s’étend.

Combien de morts ?

L’OMS recense plus de sept milliards de terriens en 2016 ; 1,1 milliards sont fumeurs, surtout dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Ainsi “Le nombre de décès liés au tabac devrait passer d'ici 2030 à six à huit millions annuels, “.

Quelles conséquences économiques?

Le tabagisme coûte à l'économie mondiale plus de 1000 milliards de dollars par an, dépassant largement les revenus tirés des taxes sur le tabac, estimés à 269 milliards de dollars en 2013-2014

Que fait-t-on pour lutter contre ce fléau ?

"le moyen le plus efficace reste une taxe élevée sur les cigarettes"

Des moyens efficaces existent : la hausse des prix du tabac, l'interdiction de fumer dans les espaces publics, l'interdiction de toute publicité, à un moindre degré les paquets neutres. Le plus efficace reste une taxe élevée sur les cigarettes. Mais nombre de pays pauvres refusent d'augmenter les taxes de crainte de perdre une partie de leurs revenus et de voir exploser la contrebande.

Les fonds tirés des taxes sur le tabac permettraient de financer d’autres initiatives (campagnes de publicité anti-tabac, aides au sevrage...). En fait en 2013-2014, moins d'un milliard de dollars a été investi dans des politiques de limitation du tabagisme.

L’OMS et ses paradoxes

L’apparition de la cigarette électronique a été une révolution ; année après année, elle s’améliore. Ses risques sont sans commune mesure avec ceux du tabac fumé ; son efficacité est de plus en plus reconnue.

Et pourtant...l’OMS continue à ignorer cet outil pour s’attaquer au tabac ; elle encourage ses États membres à en interdire l’usage ou au moins à en rigoureusement encadrer l’usage. Il en est de même des déclarations récentes du Surgeon General, s’attirant ce commentaire : “En exagérant les dangers de la e-cigarette et en ignorant son potentiel d’outil de réduction du tabagisme, y compris chez les adolescents, ce rapport pourrait avoir des conséquences non souhaitées et conduire plus de jeunes vers des produits du tabac fumé“.

Alors que le dernier baromètre français de l’INPES annonçait de son côté que 400 000 personnes s’étaient sevrées au moins sur les six derniers mois, les données fournies par l’eurobaromètre 2014 montraient que 6 millions de personnes en Europe avaient arrêté de fumer.

 Les cigarettiers de plus en plus inquiets de leur avenir 

"Se contenter de fournir du tabac mène possiblement à une impasse"

Baisse continuelle des ventes du tabac, hausse des impositions, multiples interdictions limitant l’usage, stigmatisation du tabagisme, conséquences sanitaires étalées au grand jour... sont autant d’évènements qui n’engagent pas à l’optimisme. Se contenter de fournir du tabac mène possiblement à une impasse...

Une idée : développer de nouvelles technologies

Se lancer dans ce créneau avec la puissance que donnent des ressources illimitées ; racheter les concurrents, engager des scientifiques de très haut niveau, et proposer du matériel innovant n’utilisant plus de tabac consumé, donc à risques restreints, voire nuls...voilà l’avenir!

Ainsi voit-t-on s’unir Philip Morris et Japan Tobacco pour gagner cette bataille de l’e-cigarette : une réussite dans un pays où elle était peu connue. Une idée simple et un slogan sans appel : Fumer tue. Passer à notre e-cigarette est une bonne façon de vous arrêter. Le succès fut tel que la production n’a pu suivre. Les ventes atteignent 250.000 pièces mensuelles, 90% sont vendues au Japon, et cela pour le prix d’un paquet de Marlboro... Les modèles se multiplient : iQOS et Ploom.

De nouveaux sites sont en cours de développement en Italie et en Suisse ; mais la disposition des nouveaux produits en Europe n’est pas attendue avant plusieurs mois.

CONCLUSIONS: On ne fera jamais de Big Tobacco un allié. Mais lui faire développer des produits permettant de se passer du tabac n’est pas illusoire. Cela n’empêchera pas la poursuite de son lobbying intensif à Bruxelles, pour discuter de l’application des Directives Européennes, et d’autres manœuvres perverses dans des pays en développement, où il est plus facile de trouver du tabac que de se procurer de l‘eau...

Cet article a été rédigé par le RPT21.
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