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ALCOOL réel sujet de santé publique et de société

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Publié le 4 décembre 2018

L’alcool représente un risque dès 100 g par semaine.

Seul le "zéro alcool" minimalise le risque global de maladies : "Un ou deux verres par jour sont bons pour vous" n’est qu’un mythe

En France, il faut de l’audace pour s’attaquer au vin, surtout quand notre Président déclare en consommer régulièrement.

Un constat

En métropole, la consommation quotidienne est de l'ordre de 5 verres chez les hommes et de 3 chez les femmes. Chaque année un buveur d'alcool sur trois meurt de problèmes de santé liés à l'alcool, dont 6,8 % d'hommes et 2,2 % de femmes. Soit 10% de la mortalité globale.

L’abus d’alcool est un réel sujet de santé publique et de société.

Impliqué dans près de 50% des hospitalisations, il participe à l’engorgement des urgences Il est également au cœur de nombreuses interventions de police, notamment lors de violences au domicile faites aux femmes et aux enfants, et d’agressions de tous genres, en réunions ou sur la voie publique.

L’alcool chez les jeunes

Ces chiffres récemment présentés par l'Observatoire des drogues et des toxicomanies (OFDT) sont inquiétants. À partir de la 6e, 6 élèves sur 10 (59,3%) déclarent avoir bu au moins une fois. Arrivés en classe de 3e, ils sont plus de 8 sur 10 (83,2%) à avoir déjà consommé de l'alcool, et parmi ces collégiens, un sur trois avoue avoir été ivre au moins une fois.
https://www.topsante.com/medecine/addictions/alcoolisme/les-medecins-veulent-taxer-davantage-l-alcool-628625

Des parents s’inquiètent : "les producteurs de vin, toujours sous couvert d’éducation, s’investissent dans des programmes pédagogiques auprès des scolaires, qu’ils accueillent dans leurs exploitations pour les initier à la culture du vin". "Le but est de toucher 25.000 enfants et 12.000 familles. Si on arrivait à faire ça, ce serait génial car dans un avenir plus ou moins proche, ça les ferait venir consommer ; et puis dans un avenir plus lointain, ils vont s’intéresser à la vigne."

Légiférer contre l’alcool : le poids des lobbies

Audrey DUFEU SCHUBERT, Membre d’évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale députée de Loire-Atlantique a présenté ses propositions le jeudi 10 octobre 2018 au micro de l’Assemblée Nationale. Elle annonce d’emblée qu’elle retire d’elle-même deux amendements qui lui tenaient à cœur : la Taxe sur les "produits à référence alcoolique " et celle de "3 % sur les publicités sur l’alcool, quand leur chiffre d’affaires dépasse 20 millions d’euros"

" Vous mettez l’accent sur un problème de prévention majeur", approuve la ministre de la Santé, Agnès Buzyn. Ces deux projets faisaient pourtant partie d’un ensemble de propositions sur lesquelles l’équipe a beaucoup consulté et travaillé.

Le poids des lobbies

Un député évoque carrément les concertations en cours avec les viticulteurs :"Pour  cet amendement sur les publicités, il faut attendre, d’autant plus qu’il y a des doutes sur sa faisabilité technique"

La députée raconte qu’elle et ses collaborateurs ont reçu beaucoup d’appels d’autres parlementaires inquiets.  "Et l’emploi ? Et les petits viticulteurs ?" " Jamais cet amendement n’aurait pu être mis à l’ordre du jour auparavant" pense  son assistant, Christophe Calmann-Lévy, qui travaille à l’Assemblée depuis quinze ans.

Finalement, risquent d’être retenus : la création d’un rapport et l’alignement de la fiscalité d’Outre-Mer sur l’alcool.

Quelle chance pour le rapport ?

Les rapports se suivent… Un premier  "interministériel " sur les méfaits de l’alcool. Ce qui a pesé dans la balance ? Audrey Dufeu-Schubert positive : "On peut espérer mieux l’année prochaine en présentant une vraie proposition de loi. Certes, là, on aurait pu récupérer 20 millions d’euros, mais alors on figeait le dispositif ".

Le second serait "parlementaire". Audrey Dufeu-Schubert espère en être l’auteur. "Je vais devoir me battre pour que sa création soit confirmée. Mais ensuite, cela me donnerait une vraie légitimité pour une proposition de loi plus globale".

 

 

 

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